Étiquette : drame

« SAIGON » de Caroline Guiela Nguyen aux Ateliers Berthier – histoires de larmes et non de langues

Aux Ateliers Berthier est en ce moment repris SAIGON, spectacle créé il y a maintenant deux ans à Valence, programmé à Avignon l’été dernier, et depuis en tournée dans tout le pays et même au-delà des frontières françaises. Le voyage sied à ce spectacle hybride, qui unit la France et le Vietnam, dans sa conception comme dans sa réalisation. Il est l’œuvre de Caroline Guiela Nguyen, metteure en scène et auteure, et avant cela, fille de Vietkieu, ou Vietnamien de l’étranger, qui a rassemblé autour d’elle des acteurs des deux nationalités après des résidences à Hô-Chi-Minh Ville – des Français, des Vietnamiens, et d’autres Français d’origine vietnamiennes. Tous sont réunis pour sonder l’histoire, intime et modeste, d’émigrés vietnamiens, entre 1956 et 1996.
Lire la suite

« Desagüe » de Laura Liz Gil – vivre, envers et contre tout

Après la trêve estivale, le Théâtre Argos rouvre ses portes au public avec la reprise de Desagüe, pièce mise en scène par l’une des actrices de la compagnie, Yailin Coppola, qui monte une œuvre de la jeune Laura Liz Gil, récompensée par le Prix National de Dramaturgie de jeunes auteurs en 2016. Dans ce texte, dont le titre désigne un tuyau d’écoulement, qui annonce par métaphore que le plateau sera le lieu d’un déversoir, les tragédies qui font le quotidien de chaque famille cubaine s’accumulent. Alors que le miroir tendu au public pourrait servir à désigner en grand la société, le reflet est ici littéral, la scène devient l’exacte reproduction de la réalité, sans autre ambition qu’en désigner les travers plus ou moins grands avec amertume et humour, dérision et tendresse.
Lire la suite

« Ibsen huis » de Simon Stone dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – pris au piège

Artiste associé au Théâtre de l’Odéon pour la saison à venir, Simon Stone, récemment découvert en France, présente à la 71ème édition du Festival d’Avignon une vaste œuvre, Ibsen huis. Ce titre étrange, qui unit l’auteur norvégien à Sartre signifie en réalité « La maison d’Ibsen » en néerlandais.…

Lire la suite

« Humiliés et offensés » de Dostoïevski – raconter, ou revivre

Parmi les œuvres dites de jeunesse de Dostoïevski, s’en trouve une aussi ample que celles de la maturité. Il s’agit d’Humiliés et offensés, roman écrit avant la double rupture que constituent le séjour de Dostoïevski au bagne, raconté dans ses Carnets de la maison morte, et l’écriture des Carnets du sous-sol, son œuvre la plus sombre et la plus pessimiste quant à la nature humaine.…

Lire la suite

« Les Frères Karamazov, par MM. Jacques Copeau et Jean Croué (d’après Dostoïevski) au Théâtre des Arts », Jacques Rivière

Des mille raisons qui semblaient rendre impossible la transcription dramatique des Frères Karamazov, voici, je pense, la plus grave : l’abondance extraordinaire du roman est un des éléments essentiels de sa beauté ; il ne serait pas ce qu’il est, un des plus accablants chefs-d’œuvre de la littérature, s’il avait cent pages de moins.…

Lire la suite

« L’Eternel Mari » de Dostoïevski

Peu après avoir écrit L’Idiot, Dostoïevski s’attaque à un projet qui détonne au sein de la production de ses dernières années. Avec L’Eternel Mari, il ne s’agit pas d’une œuvre-fleuve qui multiplie les personnages et superpose les intrigues. Ce roman reprend le schéma traditionnel du théâtre de vaudeville, formé par le triangle amoureux du mari, de la femme et de l’amant, et en propose une version originale.…

Lire la suite

« Ivanov » de Tchekhov à l’Odéon – séjour au royaume des ombres

Alors qu’à la Colline se joue encore le Platonov des Possédés jusqu’au 11 février, Luc Bondy s’empare à l’Odéon de la deuxième pièce du dramaturge russe, Ivanov. De la première œuvre de Tchekhov qui n’a jamais été jouée de son vivant à la suivante, l’écart est considérablement creusé par la confrontation de ces deux spectacles.…

Lire la suite

« IDIOT ! Parce que nous aurions dû nous aimer » d’après Dostoïevski aux Amandiers

Dans le cadre du Festival d’Automne, Vincent Macaigne reprend au Théâtre de la Ville puis aux Amandiers de Nanterre Idiot !, spectacle créé en 2009. Avec une énergie aussi folle que pour son adaptation d’Hamlet, Au moins j’aurais laissé un beau cadavre, présenté en 2011 à Chaillot, le jeune metteur en scène reprend son appropriation d’une autre œuvre immense, cette fois romanesque, L’Idiot de Dostoïevski, avec un spectacle crié, hurlé, qui a autant vocation de faire réagir le spectateur que d’être fidèle à l’esprit du texte.…

Lire la suite