Spectacles

19 Mai

« Baquestribois » par la compagnie Osikán – Cuba underground

Baquestribois est le troisième volet d’un triptyque, la Trilogia de la Ausencia (de l’absence). L’œuvre est signée par José Ramón Hernandez, avec la compagnie Osikán, « plateforme scénique expérimentale », dont le travail se distingue par les thèmes polémiques qu’elle aborde, au regard de la société cubaine actuelle. Avec cette création, la compagnie met une nouvelle fois en jeu le rôle du théâtre et son pouvoir d’intervention dans les processus sociaux avec une performance sur la prostitution masculine gay à Cuba, conçue à partir d’une enquête anthropologique, sociale, artistique et sur le genre. Par les questions qu’elle soulève autant que par sa forme, l’œuvre se démarque du reste du paysage théâtral cubain et laisse entrevoir un renouveau artistique.

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15 Mai

« Vagos rumores » par le Teatro D’Dos au Centre culturel Raquel Revuelta – Spleen d’un poète cubain

Le Teatro D’Dos, dirigé par Julio César Ramirez, présente sa dernière création au Théâtre Raquel Revuelta, dans le Vedado. Le travail de la compagnie, créée en 1990, se distingue par la place centrale qu’elle accorde aux œuvres du théâtre cubain. Julio César Ramirez a ainsi déjà monté plusieurs œuvres d’Abelardo Estorino, dramaturge contemporain décédé en 2013. Cette année, il se penche sur une œuvre un peu particulière dans la production de l’auteur, Vagos rumores – vagues rumeurs –, qui dramatise la vie du poète cubain José Jacinto Milanés, au début du XIXe siècle. Tout en proposant une lecture mentale de ce drame, il met l’accent sur le rôle de l’artiste dans la société.

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02 Avr

« Les Bas-fonds » mis en scène par Eric Lacascade aux Gémeaux de Sceaux – théâtre de sur-vie

Début mars, Eric Lacascade a créé au TNB de Rennes le spectacle Les Bas-Fonds, à partir de la traduction d’André Markowicz de la pièce de Maxime Gorki. Le spectacle en tournée est présenté deux semaines au Gémeaux de Sceaux, en partenariat avec le Théâtre de la Ville. L’affinité de Lacascade avec le théâtre de Gorki s’est construite sur la durée, initiée en 2006 avec Les Barbares, et poursuivie en 2010 avec Les Estivants. Après avoir éprouvé l’intrusion d’étrangers dans un village dans la première, puis pointé le repli de l’intelligentsia russe dans la deuxième, Lacascade se tourne avec les Bas-fonds du côté des laissés-pour-compte. Le portrait théâtral qu’il livre d’un groupe de marginaux résonne tout particulièrement dans le contexte européen actuel.

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27 Mar

« Acceso » de Pablo Larraín et Roberto Farías au Théâtre de la Vignette – Sandokan, le suicidé de la société

Le Théâtre de la Vignette, situé dans l’enceinte de l’Université de Montpellier 3, a accueilli pour deux dates le spectacle de Pablo Larraín et Roberto Farías, Acceso. Promu par le Festival Sens Interdits et présenté en octobre 2015 au Théâtre des Célestins, à Lyon, ce spectacle venu du Chili tourne depuis, et rencontre le succès. L’œuvre est pourtant loin d’être consensuelle, elle qui met en scène une de ces figures qui abolissent les distances, qui abattent les frontières – et qui sont pourtant les moins glorieuses de nos sociétés.

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20 Mar

« Five Easy Pieces » de Milo Rau – le théâtre comme moyen d’apprivoiser l’horreur

Le dernier spectacle du metteur en scène, essayiste, journaliste et réalisateur suisse Milo Rau est une nouvelle fois accueilli au Théâtre des Amandiers de Nanterre ce printemps. Dans son théâtre, Milo Rau interroge le réel dans ses épisodes les plus violents, prenant souvent le risque de la censure. Dans Five Easy Pieces, il s’empare ainsi d’un matériau particulièrement dérangeant : l’affaire Marc Dutroux, violeur de petites filles et meurtrier dont les crimes ont ébranlé la Belgique et l’Europe en 1996. Pour travailler ce sujet délicat, Milo Rau a l’audace, voire l’insolence, de faire appel à des enfants, aidé par le Centre d’art Campo de Gand qui accompagne de nombreux enfants dans la voie théâtrale. Loin de n’être que pure provocation, ce spectacle nous amène à penser le théâtre comme un moyen d’apprivoiser l’horreur – pour le spectateur, mais peut-être plus encore pour les acteurs ici. 

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24 Jan

« 10 Millones » de Carlos Celdrán – décharge collective

Vingt ans après la création de sa compagnie, Argos Teatro, le metteur en scène Carlos Celdrán a créé l’année dernière 10 Millones. Un de ces spectacles rapidement pris d’assaut par le public cubain, une fois encensé par le bouche à oreille qui fait ici office de réclame. Après plusieurs mois à attendre que la compagnie revienne de tournée, l’œuvre finalement découverte s’est révélée à la hauteur de l’engouement qu’elle a suscité, tant du point de vue théâtral que des problématiques aigües qu’elle charrie.

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22 Déc

« Déjeuner chez Wittgenstein » mis en scène par Krystian Lupa aux Abbesses – un pavé dans la mare

En plus de ses deux dernières créations, Des arbres à abattre et Place des héros, Krystian Lupa présente en cette fin d’année un spectacle qui date d’il y a près de vingt ans, Déjeuner chez Wittgenstein, dans le cadre du portrait que dresse de lui le Festival d’Automne. Un tel choix s’explique autant par le fait que le spectacle n’a cessé de tourner et d’être repris depuis 1996, mais aussi parce que l’auteur qu’invoque Lupa avec cette œuvre est encore Thomas Bernhard. Au Théâtre des Abbesses, le metteur en scène rassemble donc une nouvelle fois les comédiens avec qui il a créé le spectacle au départ – qui n’ont cessé de vieillir avec leurs personnages pendant toutes ces années –, et démontre la continuité de son travail à la scène.

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21 Déc

« Place des Héros » mis en scène par Krystian Lupa – espaces entre

Le Polonais Krystian Lupa, déjà présent aux deux dernières éditions du Festival d’Avignon, est un des invités d’honneur de ce Festival d’Automne. Un portrait lui est consacré au travers de plusieurs rencontres et trois spectacles, Des arbres à abattre, Place des héros et Déjeuner chez Wittgenstein. La cohérence du portrait est autant assurée par le metteur en scène que par l’auteur qu’il a choisi pour ces trois œuvres, Thomas Bernhard. Depuis La Platrière, qu’il a adapté en 1992, l’auteur autrichien n’a cessé de nourrir son travail, et notamment ses recherches avec les comédiens. Alors que l’adaptation implique une démarche de réécriture, assortie dans sa pratique d’une série d’improvisations avec les acteurs, la mise en scène d’une pièce telle que Place des héros donne à comprendre ce qui a pu être aussi déterminant dans sa rencontre avec cet Bernhard. Ce que recherche Lupa dans d’autres textes est déjà ici présent, et la familiarité du metteur en scène avec l’auteur, l’intimité qu’il a construite avec lui, s’impose comme une évidence par sa direction d’acteurs.

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13 Déc

« Ludwig, un roi sur la lune » par l’Atelier Catalyse au TGP – théâtre fragile

Ludwig, un roi sur la lune, programmé l’été dernier au Festival d’Avignon, est repris cet hiver au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Ce spectacle est la dernière création de Madeleine Louarn avec les comédiens handicapés mentaux de l’Altelier Catalyse. Celle qui était au départ éducatrice spécialisée a mené un long travail avec ces acteurs, et a monté déjà plusieurs spectacles avec eux, désormais formée pour la mise en scène. Pour cette nouvelle pièce, elle a fait appel à Frédéric Vossier, qui avait déjà adapté pour eux Les Oiseaux d’Aristophane. Inspiré par un premier travail avec ces artistes hors du commun, l’auteur a cherché un personnage et un univers qui leur ressemblent. Malheureusement, le choix sur lequel il s’est finalement arrêté ne sert pas la singularité de leur talent.

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12 Déc

« Le Relèvement de l’Occident : Blancrougenoir » de la Compagnie De KOE – pied de nez à trois mains

Il y a deux ans, la compagnie flamande De KOE s’était unie avec les tg STAN pour proposer My Dinner with André, d’après le scénario de Louis Malle. Ce travail commun était motivé par le partage de mêmes principes de création, tels que l’adresse au public ou la remise en jeu constante d’un semblant d’illusion. Cet hiver, les membres de De KOE reviennent seuls à la Bastille pour présenter Le Relèvement de l’Occident. Avec ce long spectacle en trois parties, les comédiens prétendent mettre fin au sentiment morose suscité par les désillusions de l’époque, et rendre l’être humain sa raison d’être. Ce projet ambitieux est le premier pied de nez d’une longue série, grâce à laquelle est moins décrypté notre monde contemporain que célébré le théâtre lui-même.

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