26 Jan

« Les Carnets de la maison morte » de Dostoïevski – récits du bagne

Dans les Carnets de la maison morte, Dostoïevski rend compte de son séjour au bagne, alors qu’il a été déporté pendant quatre ans dans le camp d’Omsk, en Sibérie, pour des raisons politiques. De son expérience, il fait un récit qui oscille entre la fiction, le témoignage et le reportage journalistique, et qui rend finalement moins compte de son vécu que de ses découvertes en détention – découvertes essentiellement humaines qui vont irriguer toutes ses œuvres par la suite.

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29 Sep

« Eugène Onéguine » de Pouchkine

L’œuvre de Pouchkine, Eugène Onéguine, constitue le tournant vers la modernité de la littérature russe, encore toute imprégnée par le romantisme qu’elle dépasse. Ce roman en vers, composé de huit chapitres de près de 400 strophes, retrace le parcours du personnage éponyme dans la Russie du XIXe siècle. Désigné par un critique contemporain de l’auteur comme une « encyclopédie de la vie russe », ce classique connu de tous les enfants du pays a profondément marqué les auteurs qui ont succédé à Pouchkine et ont tenté à leur tour de saisir ce que l’Occident appelle « l’âme russe ».

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04 Août

« Les Nuits blanches » de Dostoïevski – Fulgurance

Au début de sa carrière, une fois sa réputation acquise mais peu avant l’expérience radicale qu’a constitué le bagne, Dostoïevski écrit des nouvelles, des courts récits qui contiennent en quelques pages de la densité de ses romans composés de plusieurs livres et publiés en plusieurs tomes. Les Nuits blanches, c’est une histoire d’amour fulgurante, qui se déroule sur cinq jours et donne autant à vivre et à penser qu’une histoire de dix ans – d’autant plus qu’elle a duré quatre nuits justement.

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09 Juil

« Wycinka Holzfällen » (Des arbres à abattre) d’après Thomas Bernhard à la FabricA : mise en scène et en colère

En 2013, Lupa reprenait à la Colline Perturbation, d’après Thomas Bernhard. Pour quelques dates seulement, il présente en ce début de Festival d’Avignon une nouvelle adaptation de l’auteur autrichien dont il dit qu’il l’habite, d’après Des arbres à abattre cette fois. Ou peut-être faudrait-il dire d’avant. Suivant la méthode de travail qui est la sienne, il dialogue avec l’œuvre et l’amplifie considérablement, jusqu’à faire concevoir son amont. La colère qui anime le narrateur bernhardien n’est plus alors seulement exprimée, mais bien suscitée, donnée à vivre.

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09 Juin

« Les Carnets du sous-sol » de Dostoïevski

Avant Crime et Châtiment, avant Le Joueur, L’Idiot, Les Démons ou encore Les Frères Karamazov, qui assureront un à un sa postérité, Dostoïevski a écrit une œuvre singulière, différente des grands romans qui lui succèdent par son format même, mais qui met déjà en place quelques-unes de leurs problématiques majeures. Les Carnets du sous-sol paraissent juste après Souvenirs de la maison des morts, et donc peu après le retour de l’auteur du bagne, qui l’a profondément marqué. L’œuvre, constituée de deux parties, livre une vision profondément pessimiste de la condition humaine, en donnant à entendre un être désespéré, vaincu par sa lucidité et sa conscience du mal.

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17 Juin

« Orlando » de Virginia Woolf

Virginia Woolf dit d’Orlando dans son Journal que ce roman n’est qu’une farce, « une récréation d’écrivain ». Le sujet, le ton employé et même le style de cette œuvre l’isolent en effet au sein de sa création. De façon tout à fait étonnante, c’est même un nouveau visage de l’écrivain anglais que l’on découvre à travers cette œuvre, bien différent de celui que peuvent laisser transparaître La Promenade au phare, Les Vagues ou même Mrs Dalloway.

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22 Fév

« Les Démons » de Fiodor Dostoïevski

Quand le lecteur referme le troisième tome des Démons de Dostoïevski, il se sent essoufflé, comme vidé, mais également ébloui par l’épopée qu’il vient de traverser. Encore sous le choc, il lui faut revenir au point de départ de l’œuvre, à ses premières pages, qui semblent déjà un lointain souvenir, pour se ressaisir de sa lecture, reconsidérer le parcours effectué. C’est seulement de cette façon qu’il peut véritablement mesurer la violence du tourbillon dans lequel Dostoïevski l’a entraîné ainsi que l’immensité du talent de l’auteur.

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13 Déc

« Le Naufragé » de Thomas Bernhard

Un an avant Des arbres à abattre, Thomas Bernhard publie Le Naufragé, en 1983. Ce roman remarquable par son style extrêmement singulier, fondé sur le motif du ressassement, place en son cœur le pianiste Glenn Gould. Cet artiste canadien exactement contemporain de l’auteur autrichien, célèbre pour ses interprétations des Variations Goldberg de Bach, lui sert de point de départ à une réflexion sur la quête destructrice de l’absolu en art.

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27 Juin

« Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard

Le roman de Thomas Bernhard, Des arbres à abattre, a fait polémique à sa publication. La critique sans appel qu’il dresse de la société viennoise ajoutée à la dimension autobiographique de l’œuvre l’ont fait passer pour une déclaration de haine à peine déguisée. Semblable au narrateur proustien à de nombreux égards, celui de Bernhard, lui aussi anonyme, est un écrivain et féroce observateur de l’élite artistique à laquelle il appartient malgré lui.

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03 Juin

« Des arbres à abattre » d’après Thomas Bernhard à la Colline

Claude Duparfait et Célie Pauthe nous présentent à la Colline un « projet », d’après le roman de Thomas Bernhard, Des arbres à abattre, sous-titré « Une irritation ». Ce texte dresse une critique acerbe de la société viennoise d’après-guerre, à travers le discours intérieur d’un narrateur-personnage profondément amer. L’écriture en spirale de Bernhard est un défi posé à la scène, relevé avec audace et élégance.

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