25 Avr

« Adiós, Hemingway » de Leonardo Padura – enquêtes à La Havane

Leonardo Padura est un auteur cubain contemporain, connu pour ses romans policiers. Ses œuvres mettent en scène des enquêtes criminelles, menées par le lieutenant Mario Conde dans les dédales de La Havane. A l’occasion d’une série sur le thème « Littérature et mort », il mobilise une nouvelle fois son héros retiré de la fonction policière pour reconstituer les derniers jours d’Hemingway à Cuba. Dans Adiós, Hemingway, il imagine en effet le scénario d’un meurtre dans la maison de villégiature de l’auteur américain, bâtissant une solide fiction à partir d’une réalité détaillée, qui met à l’honneur le genre littéraire qu’il a choisi.

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20 Mar

« Five Easy Pieces » de Milo Rau – le théâtre comme moyen d’apprivoiser l’horreur

Le dernier spectacle du metteur en scène, essayiste, journaliste et réalisateur suisse Milo Rau est une nouvelle fois accueilli au Théâtre des Amandiers de Nanterre ce printemps. Dans son théâtre, Milo Rau interroge le réel dans ses épisodes les plus violents, prenant souvent le risque de la censure. Dans Five Easy Pieces, il s’empare ainsi d’un matériau particulièrement dérangeant : l’affaire Marc Dutroux, violeur de petites filles et meurtrier dont les crimes ont ébranlé la Belgique et l’Europe en 1996. Pour travailler ce sujet délicat, Milo Rau a l’audace, voire l’insolence, de faire appel à des enfants, aidé par le Centre d’art Campo de Gand qui accompagne de nombreux enfants dans la voie théâtrale. Loin de n’être que pure provocation, ce spectacle nous amène à penser le théâtre comme un moyen d’apprivoiser l’horreur – pour le spectateur, mais peut-être plus encore pour les acteurs ici. 

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04 Nov

« Procès ivre » de Koltès : un cauchemar

Quelques temps avant l’écriture des pièces qui le rendront célèbres et qui resteront attachés à son nom, alors qu’il n’a que vingt-trois ans Koltès, marqué par ses récentes lectures de Dostoïevski, écrit Procès ivre. Reprenant les figures principales de Crime et Châtiment, il compose une variation à partir du roman et en saisit l’essence. Cauchemar du lecteur de Dostoïevski hanté par ses personnages et leurs dialogues ou cauchemar de Raskolnikov hanté par son geste meurtrier, le texte pourrait se lire comme un envers de l’œuvre qui a constitué son incitation première.

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26 Août

« Crime et châtiment » de Dostoïevski – abîmes

En 1866 est publiée la première grande œuvre de Dostoïevski, Crime et châtiment. Grande, au sens premier d’ample, de longue, par rapport aux nouvelles ou au romans plus cours qui précèdent, mais grande aussi dans la mesure où elle est aussitôt perçue comme le chef-d’œuvre de l’auteur – avant d’être mise en balance par les autres grandes œuvres qui suivent, L’Idiot, Les Démons ou plus encore Les Frères Karamazov.

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13 Avr

Thérèse Raquin :
de la nouvelle au film en passant par le roman et la pièce,
 du silence à la parole

En 1865, Zola publie une nouvelle dans le Figaro, intitulée « Un mariage d’amour ». Dans ce court récit se trouve en germe l’un de ses romans les plus connus, Thérèse Raquin. Avec l’histoire dramatique d’un couple d’amants hanté par le mari de la jeune femme qu’ils ont tué pour vivre leur amour, Zola crée un personnage féminin fascinant par son silence et le mystère qui en découle. Un an après la parution de son roman, qui déclenche une vive polémique, l’auteur adapte son histoire au théâtre,dans le but de renouveler cet art. Près d’un siècle plus tard, en 1953, Marcel Carné fait entrer le personnage dans un nouveau milieu, en adaptant librement le roman au cinéma. D’un genre à l’autre, c’est la parole de Thérèse qui est en jeu, et son importance plus ou moins grande permet de saisir la singularité du support qui l’accueille, plus encore que de révéler le personnage.

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10 Mar

« Place du marché 76  » de Jan Lauwers au T2G

Après Jan Fabre et son fameux spectacle Le Pouvoir des folies théâtrales, créé en 1984 et recréé en 2012, le T2G accueille un autre Flamand, Jan Lauwers, qui présente avec la Needcompany Place du marché 76, joué pour la première fois en France lors du Festival d’Avignon 2013. A travers le récit de la vie d’un village, de l’été au printemps, les artistes proposent une fable sur la douleur et explorent sans pathos tous les moyens possibles de son expression sur scène.

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20 Oct

« Lucrèce Borgia » de Victor Hugo à la MAC de Créteil

Après Shakespeare et Ovide, David Bobée s’attaque à Victor Hugo, avec une Lucrèce Borgia rock’n’roll et décapante, créée en juin 2014 et présentée cet automne à la Maison des Arts et de la culture de Créteil, avant une tournée en France. Entouré de comédiens, de danseurs, d’acrobates, de musiciens et d’artistes régisseurs, Bobée donne vie à ce texte et offre un spectacle à grande échelle d’une très grande qualité, capable de ravir le plus grand nombre et de toucher chacun différemment.

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10 Oct

« Les Nègres » de Jean Genet au Théâtre de l’Odéon –
« une architecture de vide et de mots »

Cinquante-cinq ans après la première des Nègres à Paris par Roger Blin, qui avait ravi Jean Genet, Robert Wilson propose sa propre représentation de la pièce au Théâtre de l’Odéon, dans le cadre du Festival d’Automne. L’œuvre de Genet étant entièrement composée de l’enchâssements et de la superposition des niveaux de fiction, qui complexifient sa compréhension, le matériau de départ est d’emblée délicat à manipuler. Néanmoins, la mise en scène de Bob Wilson, loin d’en simplifier la lecture, lui surimpose une esthétique singulière, tout en paillettes et en lumières fluos, qui transforme l’« architecture de vide et de mots » qu’est la pièce en une image plastique derrière laquelle le texte disparaît.

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04 Avr

« Les Frères Karamazov » de Fiodor Dostoïevski

Les Frères Karamazov est la dernière grande œuvre de Fiodor Dostoïevski. La vie toute entière de l’auteur vient nourrir ce roman, au travers de personnages incarnant des opinions politiques, philosophiques ou religieuses qu’il a défendues à différentes périodes de son existence, ou au travers de détails bien particuliers puisés dans son autobiographie intime. Dans un grand souci de réalisme, l’auteur y relate un parricide et le procès auquel cet acte conduit, posant ainsi la question du mal liée à l’éducation familiale.

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