Étiquette : histoire

« Le Casque et l’enclume » au Théâtre des Carmes – rêves pour le théâtre à venir

Alors qu’une majeure partie des spectacles proposés dans le Off d’Avignon s’évertuent à raconter des histoires, comme voulant répondre à un besoin inconscient du publicou plus largement de notre époque, d’autres, comme Le Casque et l’Enclume, entreprennentplutôt de mener une réflexion surle théâtre. Pour mettre l’époque contemporaine en perspective, les deux metteurs en scène Cyril Cotinaut et Sébastien Davis convoquent l’histoire théâtrale se proposent de répondre à la question : quel théâtre rêvait-on pour 2018 en 1968, quand s’esquissaient les contours d’une révolutions culturelle au retentissement mondial ?
Lire la suite

« Nous, l’Europe, Banquet des peuples » de Laurent Gaudé et Roland Auzet – construire un récit européen, avec les Beatles

L’une des créations les plus attendues de ce Festival d’Avignon 2019 est Nous, l’Europe, Banquet des Nations, spectacle présenté dans la Cour du Lycée Saint-Joseph. Alors que dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes Rambert, ses acteurs et Jacques Weber soulevaient la question du nationalisme à travers le portrait d’une famille d’artistes de la veille de la Première Guerre mondiale à celle de la Seconde, Laurent Gaudé et Roland Auzet choisissent de traiter la même problématique à l’échelle européenne et non intime, avec des comédiens de toute nationalités. Ces spectacles sont comme l’envers l’un de l’autre, leurs défauts et leurs qualités paraissant symétriquement opposés si l’on en croit les retours qui ont entouré l’accueil d’Architecture. Alors que la dernière œuvre de Rambert est taxée d’être bavarde mais que le jeu de ses acteurs est chaque fois loué, la langue de Gaudé se distingue à nouveau par sa beauté et sa justesse, au point presque de menacer toute possibilité de jeu pour les acteurs.
Lire la suite

« Le Narrateur » de Walter Benjamin [extrait] – information VS narration

Le premier signe avant-coureur d’un processus, qui devait aboutir au déclin de la narration, fut l’apparition du roman au début des Temps modernes. Ce qui distingue le roman du récit (et de l’épopée au sens étroit), c’est qu’il est inséparable du livre. Le roman n’a pu se développer qu’avec l’invention de l’imprimerie. La tradition orale – domaine de l’épopée – est d’une tout autre nature que ce qui fait l’étoffe même du roman.
Lire la suite

« Re-Paradise » de Gwenaël Morin aux Amandiers – re-living the theatre

Pour fêter les 50 ans des événements de mai 1968, Philippe Quesne a invité plusieurs artistes au Théâtre Nanterre-Amandiers pour « défricher des territoires utopiques », au cours d’un Festival éloquemment appelé « Mondes possibles ». Sa proposition vise moins à commémorer le passé – comme l’affirme Sanja Mitrovic dans son spectacle, My Revolution is better than yours, faisant écrire en grosses lettres par un acteur « We don’t commemorate, we keep on fighting » – qu’à penser le présent, à partir de cet héritage bien particulier. De nombreuses formes artistiques sont ainsi accueillies, pour un temps de réflexion collectif. C’est dans ce contexte que Gwenaël Morin recrée Paradise Now, spectacle emblématique du Living Theatre présenté en juillet de cette fameuse année à Avignon.
Lire la suite

« Le Kung-fu » de Dieudonné Niangouna [extrait] – « Il faut la scène au-delà des mots »

Comment je suis devenu comédien ?
Ah ! Ça. Même les oiseaux n’oseront vous en dire la meilleure.
Les gens regardent et comprennent ce qu’ils veulent.
Mais moi je peux dire que cela n’a pas été fait comme on rentre à l’académie ou qu’on passe un brevet pour satisfaire ses études.…

Lire la suite

« Flechas del Angel del Olvido » par le Gaia Teatro au Brecht – l’étoffe dont nous sommes faits

La compagnie Gaia Teatro, dirigée par Esther Cardoso Villanueva, présente une mise en scène de Flechas del Angel del Olvido – « Flèches de l’ange de l’oubli » – au Centre culturel Bertolt Brecht de La Havane. Les spectateurs se pressent pour découvrir ce spectacle présenté comme futuriste, adapté de l’œuvre de l’auteur espagnol José Sanchis Sinisterra, dans laquelle il propose une réflexion sur la jeunesse et son rapport au passé dans notre société.…

Lire la suite

« Vagos rumores » par le Teatro D’Dos au Centre culturel Raquel Revuelta – Spleen d’un poète cubain

Le Teatro D’Dos, dirigé par Julio César Ramirez, présente sa dernière création au Théâtre Raquel Revuelta, dans le Vedado. Le travail de la compagnie, créée en 1990, se distingue par la place centrale qu’elle accorde aux œuvres du théâtre cubain. Julio César Ramirez a ainsi déjà monté plusieurs œuvres d’Abelardo Estorino, dramaturge contemporain décédé en 2013.…

Lire la suite

« Rouge décanté » d’après Jeroen Brouwers à la Bastille : nouveau choc esthétique et émotionnel signé Cassiers

Après plus de dix ans de tournée et de reprises régulières, Guy Cassiers présente enfin son Rouge décanté à Paris. Les retrouvailles avec le metteur en scène ont lieu au Théâtre de la Bastille, où le même acteur depuis la création du spectacle reprend le rôle qu’il est capable d’interpréter en plusieurs langues.…

Lire la suite

« Ça ira (1) Fin de Louis » de Pommerat aux Amandiers : ça ira, oui, il faut bien que ça aille, alors ça ira

Après Au monde l’an dernier, Joël Pommerat propose une nouvelle création au Théâtre Nanterre-Amandiers, Ça ira (1) Fin de Louis. Le chiffre entre parenthèses du titre suggère qu’il s’agit là du premier volet d’une suite, d’une première partie, consacrée à la Révolution Française, de son avant, depuis 1787, à son après, jusqu’en 1791.…

Lire la suite