18 Avr

Hemingway à La Havane : entre mise en scène de l’émotion et évocation d’une présence

Article à paraître dans les actes du colloque international « Émotions littéraires, émotions patrimoniales : maisons d’écrivain, musées, expositions et lieux de mémoire littéraires » qui s’est déroulé les 1er et 2 décembre 2016 au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis.

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21 Déc

« Place des Héros » mis en scène par Krystian Lupa – espaces entre

Le Polonais Krystian Lupa, déjà présent aux deux dernières éditions du Festival d’Avignon, est un des invités d’honneur de ce Festival d’Automne. Un portrait lui est consacré au travers de plusieurs rencontres et trois spectacles, Des arbres à abattre, Place des héros et Déjeuner chez Wittgenstein. La cohérence du portrait est autant assurée par le metteur en scène que par l’auteur qu’il a choisi pour ces trois œuvres, Thomas Bernhard. Depuis La Platrière, qu’il a adapté en 1992, l’auteur autrichien n’a cessé de nourrir son travail, et notamment ses recherches avec les comédiens. Alors que l’adaptation implique une démarche de réécriture, assortie dans sa pratique d’une série d’improvisations avec les acteurs, la mise en scène d’une pièce telle que Place des héros donne à comprendre ce qui a pu être aussi déterminant dans sa rencontre avec cet Bernhard. Ce que recherche Lupa dans d’autres textes est déjà ici présent, et la familiarité du metteur en scène avec l’auteur, l’intimité qu’il a construite avec lui, s’impose comme une évidence par sa direction d’acteurs.

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03 Déc

« Paris est une fête » d’Hemingway – hymne à la ville

Près de quarante ans plus tard, Hemingway prend la plume et revient sur ses années de jeunesse à Paris, vers 1920, lorsqu’il y séjournait avec sa première femme, Hadley Richardson. De ses souvenirs, il compose des vignettes de la vie parisienne qui saisissent toute une époque, tout un univers de stimulation artistique, et tout un décor qui lui est resté cher : Paris. Quoiqu’inachevée, l’œuvre apparaît comme un hymne à la ville et à la vie qu’il menait alors.

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18 Mai

« Mémoire de fille » d’Annie Ernaux – l’écriture faite œuvre

L’écrivain Annie Ernaux consacre sa dernière œuvre, Mémoire de fille, au récit d’un épisode précis de sa vie, sa première fois avec un homme. Sur le mode de l’enquête, elle revient sur cet événement qui a continué à l’obséder longtemps après – au point d’y revenir près de soixante ans plus tard – et tente de réinscrire le mystère encore difficile à percer qu’il représente dans une continuité.

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28 Fév

« Ostia » de Sergio Blanco au Centre culturel Raquel Revuelta : écritures du moi et présences

Invité dans le cadre de la Feria Internacional del Libro à Cuba, l’auteur franco-uruguayen Sergio Blanco a pu présenter son œuvre sous plusieurs formes : au cours d’une conférence sur la publication des œuvres théâtrales à la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña, au travers des représentations de Kassandra au Café-Théâtre Bertolt Brecht, ou avec Ostia. Dans cette dernière pièce, proposée au public au centre culturel Raquel Revuelta, dont il signe le texte et la mise en scène, il se met lui-même en scène avec sa sœur Roxana Blanco, et l’invite à interpréter leur propre rôle. Jouant ainsi avec les pouvoirs de l’écriture, il interroge la mémoire.

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06 Juil

« Notes et contre-notes » de Ionesco [extrait] :
sur la critique théâtrale

L’auteur et ses problèmes : Une critique est valable dans la mesure où elle ne reflète pas les lieux communs de la critique et des systèmes de pensée en cours. Une critique, une exégèse sont bonnes dans la mesure où l’exégète aborde l’œuvre d’un œil neuf, sincère, objectif, dans la mesure où sans pour autant abandonner ses critères, il est prêt à les remettre, chaque fois, en question.

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22 Juin

« Contre Sainte-Beuve » de Proust [extrait]

Préface Chaque jour j’attache moins de prix à l’intelligence. Chaque jour je me rends mieux compte que ce n’est qu’en dehors d’elle que l’écrivain peut ressaisir quelque chose de nos impressions, c’est-à-dire atteindre quelque chose de lui-même et la seule matière de l’art.

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27 Mai

Extraits en miettes du « Journal » de Ionesco

Récits de rêves, opinions, souvenirs, réflexions morales, notes sur la littérature : ce Journal en miettes n’est pas un journal habituel, où seraient consignés, au jour le jour, les événements d’une vie. C’est, en quelque sorte, à une entreprise contraire que se livre ici Eugène Ionesco : raconter, non pas chaque jour ce qui arrive, mais chaque jour ce qui n’arrive pas. Un homme cherche à surmonter la crise permanente qu’est la pensée de la vie et de la mort, à résoudre les interrogations, à triompher de l’angoisse, à y voir clair, et note ses obsessions, ses doutes, ses refus. L’enfance resurgit dans le présent, les images oniriques recouvrent soudain le réel, le passé se confond avec l’avenir : peu à peu, miette par miette, se reconstitue une chronologie intérieure au-delà de la chronologie, au-delà du portrait les silences, les mystères, comme le négatif d’un homme et d’une œuvre.

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08 Mar

« Toujours la tempête » de Peter Handke aux Ateliers Berthier – Le souffle épique de la mémoire

Alain Françon réunit autour de lui les comédiens qui lui sont chers pour sa dernière création, présentée aux Ateliers Berthier de l’Odéon. Toujours la tempête, texte de Peter Handke publié en 2012, est un récit épique qui touche à la mémoire et à l’histoire, à la traversée de la Deuxième Guerre mondiale par une famille de Slovènes de Carinthie, reconstituée par leur descendant, Peter Handke lui-même devenu narrateur, qui rend vie aux morts. Les 3h30 de spectacle sont portées par les comédiens, dirigés avec une précision qui les tient à distance de toute emphase, et dans une simplicité scénique qui focalise l’attention sur leur jeu et sur le texte.

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