18 Nov

« Pour qui sonne le glas » d’Hemingway – « il sonne pour toi »

En 1936, Hemingway devient correspondant de guerre en Espagne, auprès de l’armée républicaine. L’auteur américain se veut engagé, aussi bien dans ses œuvres que dans la vie qu’il mène. C’est donc par conviction qu’il entreprend de combattre le franquisme, avant, quelques années plus tard, de se rendre en France pendant la Seconde Guerre mondiale pour participer à la libération du pays. Pour qui sonne le glas – titre qu’il emprunte au poète John Donne [1]– s’inspire de son expérience espagnole, autant des événements dont il a été témoin que des sentiments qui l’animent, et de la philosophie humaniste qu’il en tire.

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30 Sep

« La Douleur », Duras – écrire pour oublier

Milieu des années 1980, une revue sollicite Marguerite Duras pour qu’elle lui retrouve un texte de jeunesse à publier. Dans ses recherches, Duras tombe sur un journal qu’elle avait oublié, dans les placards de sa maison à Neauphle-le-Château. Ce journal, « La Douleur », elle l’a commencé en avril 1945, quand dans la France libérée, elle espérait le retour de son mari, Robert Antelme, résistant fait prisonnier politique et envoyé dans un camp un an plus tôt. L’écriture de ce journal apparaît comme un exutoire, elle a une fonction cathartique : il s’agit de dire l’indicible, de dire la douleur, l’attente, l’horreur. Ce texte devenu l’une des œuvres centrales de la littérature concentrationnaire démontre l’un des pouvoirs de l’écriture : celui d’aider à oublier.

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23 Sep

« Battlefield » de Peter Brook aux Bouffes du Nord : après la bataille

Trente ans après l’historique représentation du Mahabharata en 1985 au Festival d’Avignon, dans la mythique Carrière de Boulbon, Peter Brook revient avec Marie-Hélène Estienne sur ce spectacle issu de longues années de travail et en donne à voir un échantillon dans une salle elle aussi mythique, qui superpose les codes et les histoires et que Brook a faite sienne, celle des Bouffes du Nord. Au sein de la vaste épopée indienne que représente le Mahabharata, adaptée par Jean-Claude Carrière, un seul épisode est retenu pour cette reprise, intitulé Battlefield, « champ de bataille ».

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08 Mar

« Toujours la tempête » de Peter Handke aux Ateliers Berthier – Le souffle épique de la mémoire

Alain Françon réunit autour de lui les comédiens qui lui sont chers pour sa dernière création, présentée aux Ateliers Berthier de l’Odéon. Toujours la tempête, texte de Peter Handke publié en 2012, est un récit épique qui touche à la mémoire et à l’histoire, à la traversée de la Deuxième Guerre mondiale par une famille de Slovènes de Carinthie, reconstituée par leur descendant, Peter Handke lui-même devenu narrateur, qui rend vie aux morts. Les 3h30 de spectacle sont portées par les comédiens, dirigés avec une précision qui les tient à distance de toute emphase, et dans une simplicité scénique qui focalise l’attention sur leur jeu et sur le texte.

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03 Mar

« La Marche de Radetzky » de Joseph Roth

La Marche de Radetzky est le roman le plus célèbre de Joseph Roth, auteur autrichien du début du début du XXe siècle. Dans cette œuvre d’abord publiée en feuilletons, il rend compte du déclin de l’Empire austro-hongrois, de la bataille de Solferino à la mort de l’Empereur François-Joseph, deux ans après le début de la Première Guerre mondiale. Néanmoins ce n’est pas par l’Histoire avec un grand « H » que Roth illustre la fin de ce monde, de cette ère, mais au travers d’un prisme intime, en retraçant le parcours des hommes de trois générations d’une même famille, les Trotta. C’est par cette perspective qui s’attache aux détails les plus infimes qu’est donnée à percevoir avec humour et tendresse l’effondrement de l’Empire.

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23 Sep

« Mère Courage » de Bretolt Brecht au Théâtre de la Ville : de 1954… à 1954

Soixante ans après la première représentation de Mère Courage en France, le Berliner Ensemble revient cet automne au Théâtre Sarah Bernhardt, depuis rebaptisé Théâtre de la Ville. La compagnie, créée par Brecht et sa femme Helene Weigel, donne l’occasion de découvrir l’une des pièces les plus connues de Brecht, une pièce qui a véritablement révolutionné le théâtre européen et a ouvert la possibilité d’une alternative à ce que Roland Barthes appelait le théâtre populaire. La mise en scène de Claus Peymann est extrêmement fidèle au texte et elle laisse la part belle aux comédiens, mais le spectacle n’ébranle pas le spectateur d’aujourd’hui avec la même force que celui de 1954.

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09 Fév

« Tendre et cruel » de Martin Crimp au Théâtre des Abbesses

Brigitte Jaques-Wajeman propose au Théâtre des Abbesses une mise en scène de la tragédie ultramoderne de Martin Crimp, Tendre et cruel. Dans cette pièce de facture classique, l’auteur britannique nous parle de notre époque : de la guerre, du terrorisme, des enfants soldats d’Afrique et de crimes contre l’humanité. Partant de Sophocle, il interroge la frontière ténue qui sépare le héros du meurtrier. Un spectacle passionnant qui invite à la réflexion.

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09 Oct

« Le Temps retrouvé » de Marcel Proust

Aussi attendu soit-il, le dernier tome d’A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé, ne laisse encore rien présager de la révélation d’une vocation littéraire quand le narrateur reprend le cours de son récit.

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13 Sep

« Incendies » de Wajdi Mouawad à Chaillot

Dans sa Trilogie, « Littoral », « Incendies » et « Forêt », Wajdi Mouawad mêle au patrimoine commun sa propre histoire, son vécu. Chacune des trois pièces est l’accouchement d’une pensée en gestation, dont les grandes lignes sont la quête identitaire et le voyage initiatique.

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