30 Oct

« Peer Gynt » d’Ibsen [extrait]

Acte III, scène 4 Chez Âse. Le soir. Un feu de bûches illumine la cheminée. Le chat est sur une chaise au pied du lit. Âse est au lit et promène fébrilement ses mains sur sa couverture. Âse. – Seigneur mon Dieu, il ne vient pas ? Ce temps d’attente est si pesant. Je n’ai personne pour aller le chercher, et j’avais tant de choses à lui dire. Il n’y a pas de temps à perdre. Tout a été si vite ! Qui aurait cru ? Âse, si seulement tu avais su, tu n’aurais pas été si dure. Peer Gynt, il arrive. – Bonsoir !

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29 Oct

« Peer Gynt » d’Ibsen : féérie

« Ce que j’ai écrit de plus fou ». C’est en ces termes qu’Ibsen parle de sa pièce Peer Gynt, écrite lors d’un moment de crise, alors qu’il est en exil volontaire en Italie et qu’il se trouve donc loin de son pays et loin du théâtre. Replacée dans le contexte du drame européen du XIXe siècle, cette œuvre surprend en effet par sa liberté totale à l’égard des conventions théâtrales. Mais sans pour autant être condamnée au ban des pièces injouables, elle met la scène au défi de restituer la vie extraordinaire de son personnage éponyme et de restituer sa pleine densité.

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06 Nov

« Go down, Moses » de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville – Contemplations castelluciennes –

Le Festival d’Automne propose cette année un portrait de Romeo Castelluci, au travers de trois créations : Go down, Moses, présenté au Théâtre de la Ville ; Schwanengesang D744, au Théâtre des Bouffes du Nord fin novembre, et Le Sacre du Printemps, à la Grande halle de la Villette en décembre. Après Sur le concept du visage du fils de Dieu en 2011 et The Four Seasons Restaurant en 2013, l’artiste italien revient donc au Théâtre de la Ville et offre un nouveau spectacle, bien plus transparent que les précédents dans le propos et dans sa mise en œuvre, inspiré de l’histoire de Moïse, telle qu’elle est racontée dans la Bible mais aussi des œuvres de Faulkner, de Kafka et de Freud. Partant une nouvelle fois de sa réflexion sur la question de l’irreprésentabilité, de l’invisible, il s’intéresse ici moins à l’enfant abandonné qu’à sa mère, dans une série de tableaux qui placent dans un état contemplatif.

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02 Août

« Les Planches courbes » d’Yves Bonnefoy [extrait]

L’homme était grand, très grand, qui se tenait sur la rive, près de la barque. La clarté de la lune était derrière lui, posée sur l’eau du fleuve. A un léger bruit l’enfant qui s’approchait, lui tout à fait silencieusement, comprenait que la barque bougeait, contre son appontement ou une pierre. Il tenait serrée dans sa main la petite pièce de cuivre.

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17 Oct

« Autres rivages – Autobiographie » de Vladimir Nabokov [extrait]

Le berceau balance au-dessus d’un abîme, et le sens commun nous apprend que notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres. Bien que celles-ci soient absolument jumelles, l’homme, en règle générale, considère l’abîme prénatal avec plus de sérénité que celui vers lequel il s’avance (à raison d’environ quatre mille cinq cents battements de cœur par heure).

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10 Juil

« La Compagnie des spectres » d’après Lydie Salvayre par Zabou Breitman

Zabou Breitman est dans La Compagnie des spectres adaptatrice, metteur en scène et comédienne. Même plus, elle est seule en scène, et s’empare de l’œuvre de Lydie Salvayre avec beaucoup de talent et d’humour. Partant de ce texte, elle nous communique une émotion palpable.

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11 Juin

« Cendrillon » de Joël Pommerat aux Ateliers Berthier

Aux Ateliers Berthier est reprise la Cendrillon de Joël Pommerat, « spectacle pour tous, à partir de 8 ans ». Cette information apparemment mineure doit être constamment gardée à l’esprit pour prendre la pleine mesure de cette création. Avec elle, le metteur en scène nous offre une très belle réécriture du conte et une œuvre scénique d’une qualité rare pour un spectacle jeune public.

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