30 Oct

« Peer Gynt » d’Ibsen [extrait]

Acte III, scène 4 Chez Âse. Le soir. Un feu de bûches illumine la cheminée. Le chat est sur une chaise au pied du lit. Âse est au lit et promène fébrilement ses mains sur sa couverture. Âse. – Seigneur mon Dieu, il ne vient pas ? Ce temps d’attente est si pesant. Je n’ai personne pour aller le chercher, et j’avais tant de choses à lui dire. Il n’y a pas de temps à perdre. Tout a été si vite ! Qui aurait cru ? Âse, si seulement tu avais su, tu n’aurais pas été si dure. Peer Gynt, il arrive. – Bonsoir !

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29 Oct

« Peer Gynt » d’Ibsen : féérie

« Ce que j’ai écrit de plus fou ». C’est en ces termes qu’Ibsen parle de sa pièce Peer Gynt, écrite lors d’un moment de crise, alors qu’il est en exil volontaire en Italie et qu’il se trouve donc loin de son pays et loin du théâtre. Replacée dans le contexte du drame européen du XIXe siècle, cette œuvre surprend en effet par sa liberté totale à l’égard des conventions théâtrales. Mais sans pour autant être condamnée au ban des pièces injouables, elle met la scène au défi de restituer la vie extraordinaire de son personnage éponyme et de restituer sa pleine densité.

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04 Oct

« Andreas » d’après Strindberg à la Commune d’Aubervilliers : à mi-chemin

Artiste associé à la Commune d’Aubervilliers, Jonathan Châtel ouvre la nouvelle saison là-bas avec Andreas, spectacle qui était programmé au Festival d’Avignon cet été. En plus d’en signer la mise en scène, le Franco-Norvégien est également traducteur et adaptateur de la pièce-fleuve d’August Strindberg, Le Chemin de Damas, qu’il condense autour de sa figure centrale, l’Inconnu. Mais bien que sa démarche veuille rapprocher ce texte mystique de la scène, celui-ci semble encore garder de sa résistance et de son caractère injouable.

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09 Fév

« Petit Eyolf » d’Ibsen au Théâtre des Abbesses – l’envers du drame

Pour la première fois au cours de sa carrière, Julie Berès se confronte à un texte classique, indique le programme du Théâtre de la Ville. Dans son dernier spectacle présenté aux Abbesses, elle s’empare en effet d’une pièce d’Ibsen, Petit Eyolf, l’avant-dernière de l’auteur norvégien, qui n’est pas la plus connue et qui relativise cet adjectif, « classique ». Loin de s’y soumettre, elle lui impose sa marque et reconstitue à partir de lui un univers qui lui est propre et qui met en lumière – et en sons – le caractère presque psychanalytique de ce drame.

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27 Juin

« Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard

Le roman de Thomas Bernhard, Des arbres à abattre, a fait polémique à sa publication. La critique sans appel qu’il dresse de la société viennoise ajoutée à la dimension autobiographique de l’œuvre l’ont fait passer pour une déclaration de haine à peine déguisée. Semblable au narrateur proustien à de nombreux égards, celui de Bernhard, lui aussi anonyme, est un écrivain et féroce observateur de l’élite artistique à laquelle il appartient malgré lui.

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