Étiquette : art

« It don’t worry me » du collectif Atresbandes, Bertrand Lesca et Nasi Voutsas au WET°6 – l’activité spectatrice en spectacle

It don’t worry me est un spectacle né de la rencontre d’une compagnie catalane, le collectif Atresbandes, et d’un duo franco-britannique formé par Bertrand Lesca et Nasi Voutsas. Il a été présenté dans le cadre du WET°6, festival consacré à la jeune création dont la programmation est prise en charge par un ensemble de jeunes artistes et de techniciens associés au CDN de Tours. Le choix de présenter ce spectacle démontre la maturité des organisateurs du festival, qui invitent avec lui à prendre du recul sur la création contemporaine et son rapport au public. En déconstruisant le geste artistique aussi bien que l’activité spectatrice, It don’t worry me prend la forme d’un long commentaire métathéâtral aussi humoristique que fin.
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« Guermantes » de Christophe Honoré – se consoler du présent en rêvant la vie d’artiste

En avril 2020, Christophe Honoré devait présenter sa dernière création avec la troupe de la Comédie-Française : Le Côté de Guermantes, d’après Marcel Proust. Reportée, la pièce est finalement créée en septembre, et elle reste à l’affiche pendant plusieurs semaines, ne cessant de s’adapter aux nouvelles mesures sanitaires : la distanciation, les jauges réduites, le couvre-feu, etc. Les multiples rebondissements qui ont marqué la création de ce spectacle ont inspiré un film au metteur en scène, qui est aussi réalisateur. De l’abattement que provoquent les reports et annulations successives, émerge une idée, un projet, qui permet de parler de la situation présente et d’échapper à sa pesanteur : un film sur la troupe de la Comédie-Française pendant les répétitions d’un spectacle d’après Proust, quand les acteurs et le metteur en scène apprennent que la première n’aura pas lieu. Alors qu’une impression d’anachronisme se dégageait du spectacle en réalité créé, le film ramène à notre époque et nous console avec des fantasmes.
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L’artiste, un être à la sensibilité exacerbée selon Bergson

Quel est l’objet de l’art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature.…

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Dostoïevski, entre l’art et la science – Dmitri Merejkowski

Pour certains lecteurs, Dostoiewsky sera toujours un talent cruel, et rien autre que cruel.

C’est qu’en effet il place ses héros dans des situations sans issue et se plaît à les soumettre à toutes sortes d’épreuves. C’est à travers des abîmes de déchéance morale, et toutes les tortures de l’esprit, qu’il les mène au crime, au suicide, à l’idiotie, à la fièvre chaude et à la démence.…

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« Contre Sainte-Beuve » de Proust

1908, Proust a renoncé à écrire La Recherche. Malgré la fièvre et la fatigue, il rédige pour Le Figaro un article, « Contre Sainte-Beuve », qui prend la forme d’une « conversation avec maman », et devient finalement un essai conséquent sur la littérature, et plus encore, un embryon du livre qu’il décide de reprendre après cette expérience.…

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« Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar doit sa réputation mondiale à ses Mémoires d’Hadrien, roman biographique consacré à la vie de l’empereur romain qui a régné au IIe siècle après JC. En érudite, elle collecte toutes les sources qu’elle peut pour reconstituer cette vie – textes, sculptures, lieux… – et y ajoute sa propre sensibilité dans une écriture qui la rapproche de son personnage.…

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« Mon nom est Rouge » d’après Orhan Pamuk par la Compagnie Papierthéâtre

Comme l’indique le nom de la compagnie, Mon nom est Rouge relève du théâtre de papier. Ce genre hybride, proche des marionnettes, convient particulièrement à l’adaptation d’un roman aussi foisonnant que celui d’Orhan Pamuk. On a là un spectacle très fin, qui conduit dans les méandres de l’Istanbul du XVIe siècle.…

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« Le Naufragé » de Thomas Bernhard

Un an avant Des arbres à abattre, Thomas Bernhard publie Le Naufragé, en 1983. Ce roman remarquable par son style extrêmement singulier, fondé sur le motif du ressassement, place en son cœur le pianiste Glenn Gould. Cet artiste canadien exactement contemporain de l’auteur autrichien, célèbre pour ses interprétations des Variations Goldberg de Bach, lui sert de point de départ à une réflexion sur la quête destructrice de l’absolu en art.…

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