22 Juil

« Richard III » de Shakespeare
mis en scène par Thomas Ostermeier
Un spectacle dans un fauteuil (un canapé)

Dès l’ouverture de la billetterie Richard III était pris d’assaut. Le retour de Thomas Ostermeier au Festival d’Avignon un an après le Mariage de Maria Braun et trois ans après Un ennemi du peuple ne laisse visiblement pas le public indifférent. Et sa réputation n’a fait que grandir avec ce dernier spectacle, car dès les premières dates passées il fallait sacrifier une bonne partie de sa journée pour faire la queue devant l’Opéra – chaque jour plus longue et plus motivée pour arriver deux, trois, quatre heures à l’avance – dans l’espoir d’être premier sur la liste d’attente et d’obtenir une place de dernière minute.

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14 Mai

« Henry VI » de Shakespeare à l’Odéon, x3

La reprise à l’Odéon du spectacle-fleuve de Thomas Jolly, Henry VI, présenté à Avignon l’année dernière, constitue l’événement de cette fin de saison. Un avant-goût de la nouvelle édition du festival est offert à la communauté de spectateurs qui se rassemble sur deux jours aux Ateliers Berthier, vivant, mangeant et dormant au rythme du théâtre, partageant l’expérience aux côtés des mêmes personnes pendant treize heures de spectacle, ce qui nécessairement invite au dialogue. L’envergure de ce spectacle ne semble pas démesurée quand est envisagé le projet de la compagnie, monter les trois pièces historiques réunies par Shakespeare sous le même titre, Henry VI, soit un ensemble de 15 actes et de près de 80 scènes, comme le soulignera une comédienne, notre interlocutrice tout au long de cette aventure. La longueur du spectacle, loin de relever d’une quelconque affectation, apparaît comme le seul moyen de se confronter à cette épopée. Mais au-delà du format exigeant qui impose de consacrer un week-end ensoleillé de printemps au théâtre, Thomas Jolly ne s’adresse pas à un public élitiste. Bien au contraire, il entend substituer à l’effort qui peut enorgueillir les pédants, le plaisir qui l’annule. Le spectacle traversé sans peine, le défi est dès lors de rendre compte de cette expérience, de cette tranche de vie, après coup, sans qu’aucune note ne soit venue interrompre le flux de ces deux jours, et donc l’esprit chargé d’impressions et de mots.

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16 Jan

« Roses » : variations scéniques d’après Shakespeare à la Bastille

Au Théâtre de la Bastille, la nouvelle année commence avec un spectacle de Nathalie Béasse, qui offre une très libre adaptation d’une des pièces les plus célèbres de Shakespeare, Richard III. Sans l’aborder comme un monument mais en faisant plutôt le choix de la manipuler comme un matériau, comme un objet à retourner dans tous les sens, la compagnie assume une posture humble et décomplexée face au texte, donnant à voir à partir de lui des propositions scéniques fulgurantes plutôt que le drame du tyran.

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06 Déc

« Macbeth » de Shakespeare au Théâtre du Soleil

A l’occasion des cinquante ans de la troupe qu’elle a fondée en 1964, Ariane Mnouchkine propose après plusieurs années de création une mise en scène de Macbeth. Ce choix d’une pièce de Shakespeare permet de ressaisir l’histoire du Théâtre du Soleil, ponctuée par plusieurs des œuvres de cet auteur, Le Songe d’une nuit d’été en 1968, puis Richard II, La Nuit des rois et Henry IV entre 1981 et 1984. Néanmoins, ce nouveau spectacle ne s’inscrit pas uniquement dans la continuité de tant d’années, mais aussi en rupture, en laissant de côté l’esthétique qui a fait la renommée de cette troupe universellement connue, inspirée par les sources du théâtre oriental, notamment le Nô et le Kabuki japonais ou le Kathakali indien. Nourrie au contraire de références contemporaines, cette mise en scène s’efforce à tous prix de représenter la pièce de Shakespeare, au sens propre, de donner un équivalent visuel à ce drame monumental.

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13 Oct

« Passim » de François Tanguy au T2G – çà, là et en chacun

Trois ans après Onzième, François Tanguy et le Théâtre du Radeau reviennent au T2G dans le cadre du Festival d’Automne pour présenter leur nouvelle création, longuement conçue et mûrie dans cet intervalle. Dès l’entrée dans la salle, le spectateur qui a déjà rencontré ce théâtre a le sentiment de retrouver un univers familier sur la scène, le grenier de l’enfance, la maison natale ou les confins du rêve. Ces retrouvailles n’ôtent pourtant rien à l’étrangeté de cette esthétique, au déplacement auquel elle oblige dans l’ordre de la perception, et ce paradoxe de l’étrange familiarité, de l’unheimlich, comble les moindres recoins délaissés de l’âme avec des joyaux, de carton et de tissu – les plus précieux.

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12 Juil

« King Lear fragments » d’après William Shakespeare par le Collectif Mains d’Œuvre

Le Collectif Mains d’Œuvre propose au Théâtre des Halles une délicieuse appropriation de la pièce de William Shakespeare. Dans l’intimité de la Chapelle Sainte-Claire, ils sont deux comédiens, drôles, touchants et vraiment doués, qui nous racontent cette histoire, cherchent à nous la faire comprendre, mais aussi la jouent, en dosant parfaitement le tragique et le comique.

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29 Nov

« Testament » d’après Shakespeare au Théâtre des Abbesses

Dans sa version complète, le spectacle est ainsi désigné : « Testament – préparatifs tardifs pour un renouvellement des générations, d’après Le Roi Lear de Shakespeare, concept réalisé par les She She Pop et leurs pères ». Autant d’indices qui, plutôt que de mettre sur la voie de ce qui nous attend, nous tiennent à distance d’une représentation traditionnelle de la pièce de Shakespeare. Avec ce théâtre de performance qui se questionne au moment même où il se fait, les She She Pop nous amènent à réfléchir sur les questions de l’héritage, de la transmission du pouvoir et de la vieillesse.

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22 Nov

« Roméo et Juliette » de Shakespeare à Chaillot

David Bobee et sa troupe d’artistes nous offrent, au Théâtre National de Chaillot, une magnifique mise en scène de la plus célèbre des tragédies shakespearienne, Roméo et Juliette. Son éblouissante scénographie, tout en fluidité et en continuité, s’appuie sur une traduction nouvelle du texte par Pascal et Antoine Collin, remarquable par sa lisibilité. Ajouté à cela un jeune couple de comédiens parfaitement harmonieux, le spectacle rend neuves les émotions, comme si le mythe nous était resté inconnu.

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