02 Avr

« Les Bas-fonds » mis en scène par Eric Lacascade aux Gémeaux de Sceaux – théâtre de sur-vie

Début mars, Eric Lacascade a créé au TNB de Rennes le spectacle Les Bas-Fonds, à partir de la traduction d’André Markowicz de la pièce de Maxime Gorki. Le spectacle en tournée est présenté deux semaines au Gémeaux de Sceaux, en partenariat avec le Théâtre de la Ville. L’affinité de Lacascade avec le théâtre de Gorki s’est construite sur la durée, initiée en 2006 avec Les Barbares, et poursuivie en 2010 avec Les Estivants. Après avoir éprouvé l’intrusion d’étrangers dans un village dans la première, puis pointé le repli de l’intelligentsia russe dans la deuxième, Lacascade se tourne avec les Bas-fonds du côté des laissés-pour-compte. Le portrait théâtral qu’il livre d’un groupe de marginaux résonne tout particulièrement dans le contexte européen actuel.

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22 Déc

« Déjeuner chez Wittgenstein » mis en scène par Krystian Lupa aux Abbesses – un pavé dans la mare

En plus de ses deux dernières créations, Des arbres à abattre et Place des héros, Krystian Lupa présente en cette fin d’année un spectacle qui date d’il y a près de vingt ans, Déjeuner chez Wittgenstein, dans le cadre du portrait que dresse de lui le Festival d’Automne. Un tel choix s’explique autant par le fait que le spectacle n’a cessé de tourner et d’être repris depuis 1996, mais aussi parce que l’auteur qu’invoque Lupa avec cette œuvre est encore Thomas Bernhard. Au Théâtre des Abbesses, le metteur en scène rassemble donc une nouvelle fois les comédiens avec qui il a créé le spectacle au départ – qui n’ont cessé de vieillir avec leurs personnages pendant toutes ces années –, et démontre la continuité de son travail à la scène.

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18 Avr

« Au pied du mur sans porte » de Lazare aux Abbesses : le chaos de la vie en jeu

Près de trois ans après avoir été révélé au grand public par ce spectacle au Festival d’Avignon, Lazare reprend Au pied du mur sans porte au Théâtre des Abbesses ce printemps-ci. L’œuvre a été conçue au sein d’un triptyque, mais elle est assez autonome pour être représentée pour elle-même. Avec elle, on touche à la complexité de l’art de Lazare, qui ne fait que refléter les vies dont il le nourrit.

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05 Mar

« Un ennemi du peuple » de Thomas Ostermeier : Au Théâtre de la Ville, de l’engouement à la résignation

Article à paraître dans le cadre du projet « Autour de Ein Volksfeind (Un ennemi du peuple) de Thomas Ostermeier » proposé par l’Université de Montréal, ayant pour but de collecter les réaction suscitées par le spectacle à travers le monde et de penser son caractère politique.

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29 Juin

« Le Mariage de Maria Braun » d’après Fassbinder au Théâtre de la Ville

En 2007, Thomas Ostermeier adapte le film de Rainer Werner Fassbinder Le Mariage  de Maria Braun à la scène. L’an dernier, il reprend cette création et la présente notamment dans le cadre du Festival d’Avignon, et ce même spectacle continue sa tournée jusqu’au Théâtre de la Ville où il est présenté en cette fin de saison. Après des créations telles que Mesure pour mesure, Les Revenants, Un ennemi du peuple ou Mort à Venise, remarquables par leur puissance dramatique et visuelle, cette adaptation donne davantage l’impression d’un jeu, aussi sérieux soit-il.

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09 Fév

« Petit Eyolf » d’Ibsen au Théâtre des Abbesses – l’envers du drame

Pour la première fois au cours de sa carrière, Julie Berès se confronte à un texte classique, indique le programme du Théâtre de la Ville. Dans son dernier spectacle présenté aux Abbesses, elle s’empare en effet d’une pièce d’Ibsen, Petit Eyolf, l’avant-dernière de l’auteur norvégien, qui n’est pas la plus connue et qui relativise cet adjectif, « classique ». Loin de s’y soumettre, elle lui impose sa marque et reconstitue à partir de lui un univers qui lui est propre et qui met en lumière – et en sons – le caractère presque psychanalytique de ce drame.

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10 Déc

« Corbeaux ! » de Kunio Shimizu au Théâtre de la Ville :
les fusils sont toujours chargés

« Corbeaux ! Nos fusils sont chargés ! » est un spectacle qui a fait date au Japon, en 1971, quand il a été créé pour la première fois à Tokyo. Devenu mythique, il a marqué l’histoire du nouveau théâtre japonais, opposé aux formes traditionnelles telles que le Nô et la Kabuki. Kunio Shimizu, l’auteur, et Yukio Ninagawa, le metteur en scène, ont recréé ce spectacle, présenté pour la première fois en France l’année dernière à la Maison de la Culture du Japon, et en cette fin d’année au Théâtre de la Ville. Même près de quarante ans plus tard, le spectacle a conservé toute sa puissance, toute sa force subversive, et il offre l’exemple rare d’un spectacle historique dont on revit le caractère révolutionnaire des années plus tard.

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06 Nov

« Go down, Moses » de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville – Contemplations castelluciennes –

Le Festival d’Automne propose cette année un portrait de Romeo Castelluci, au travers de trois créations : Go down, Moses, présenté au Théâtre de la Ville ; Schwanengesang D744, au Théâtre des Bouffes du Nord fin novembre, et Le Sacre du Printemps, à la Grande halle de la Villette en décembre. Après Sur le concept du visage du fils de Dieu en 2011 et The Four Seasons Restaurant en 2013, l’artiste italien revient donc au Théâtre de la Ville et offre un nouveau spectacle, bien plus transparent que les précédents dans le propos et dans sa mise en œuvre, inspiré de l’histoire de Moïse, telle qu’elle est racontée dans la Bible mais aussi des œuvres de Faulkner, de Kafka et de Freud. Partant une nouvelle fois de sa réflexion sur la question de l’irreprésentabilité, de l’invisible, il s’intéresse ici moins à l’enfant abandonné qu’à sa mère, dans une série de tableaux qui placent dans un état contemplatif.

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23 Sep

« Mère Courage » de Bretolt Brecht au Théâtre de la Ville : de 1954… à 1954

Soixante ans après la première représentation de Mère Courage en France, le Berliner Ensemble revient cet automne au Théâtre Sarah Bernhardt, depuis rebaptisé Théâtre de la Ville. La compagnie, créée par Brecht et sa femme Helene Weigel, donne l’occasion de découvrir l’une des pièces les plus connues de Brecht, une pièce qui a véritablement révolutionné le théâtre européen et a ouvert la possibilité d’une alternative à ce que Roland Barthes appelait le théâtre populaire. La mise en scène de Claus Peymann est extrêmement fidèle au texte et elle laisse la part belle aux comédiens, mais le spectacle n’ébranle pas le spectateur d’aujourd’hui avec la même force que celui de 1954.

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20 Jan

« Mort à Venise » d’après Thomas Mann au Théâtre de la Ville

Thomas Ostermeier nous fait découvrir au Théâtre de la Ville un spectacle fulgurant, « d’après » la célèbre nouvelle de Thomas Mann, Mort à Venise. Plus qu’une adaptation, il s’agit là une libre variation scénique, au sens musical du terme, qui laisse de fait une large place à la musique et à la danse, à partir d’un matériau considéré comme connu de tous. L’expérience est extraordinairement belle et singulière.

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