06 Avr

« La Condition humaine » de Malraux – humain, pas assez humain

t« Les mêmes chemins qui mènent l’individu au crime mènent la société à la révolution ». Telle était la thèse développée par Dostoïevski dans son roman les Démons selon le critique Berdaiev. Une telle formule resurgit à l’esprit quand on lit La Condition humaine d’André Malraux, La Condition humaine. Dans cette œuvre, qui lui vaut de recevoir le Prix Goncourt l’année même de sa publication, Malraux relate un épisode de la révolution chinoise, l’insurrection communiste de Shanghai, en 1927. Variant les points de vue, d’un personnage à l’autre, Malraux joue également avec les échelles. Dans cette œuvre, il fait coexister celle de l’individu, celle de la société, celle d’un pays ou encore celle du mouvement communiste de la Russie à la Chine – qui réduit l’homme à néant en le perdant de vue.

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13 Oct

« Passim » de François Tanguy au T2G – çà, là et en chacun

Trois ans après Onzième, François Tanguy et le Théâtre du Radeau reviennent au T2G dans le cadre du Festival d’Automne pour présenter leur nouvelle création, longuement conçue et mûrie dans cet intervalle. Dès l’entrée dans la salle, le spectateur qui a déjà rencontré ce théâtre a le sentiment de retrouver un univers familier sur la scène, le grenier de l’enfance, la maison natale ou les confins du rêve. Ces retrouvailles n’ôtent pourtant rien à l’étrangeté de cette esthétique, au déplacement auquel elle oblige dans l’ordre de la perception, et ce paradoxe de l’étrange familiarité, de l’unheimlich, comble les moindres recoins délaissés de l’âme avec des joyaux, de carton et de tissu – les plus précieux.

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17 Jan

« Einstein on the beach » de Bob Wilson et Philip Glass

Le célèbre opéra de Bob Wilson stt Philip Glass, Einstein on the beach, créé en 1976, a constitué une véritable rupture esthétique à l’époque de sa création. En 2014, peu après sa recréation en 2012, on peut se demander l’effet que produit ce spectacle alors que le choc est nécessairement moins grand que dans les années 1980. Si cet objet non identifiable a en effet ouvert une nouvelle ère théâtrale, il semble que ce soit dû à l’état extrêmement singulier dans lequel il plonge, à l’expérience sensorielle et perceptive qu’il propose. Mais alors que la production théâtrale en offre aujourd’hui de nombreuses, chaque fois uniques, le spectacle paraît bien être resté sans pareil, hors norme.

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