Étiquette : rituel

« Rituel 4 : Le Grand Débat » d’Emilie Rousset et Louise Hémon au T2G – duel à blanc

Rituel 4 : Le Grand Débat, spectacle créé l’an dernier à la Cité internationale, était programmé ces jours-ci au T2G dans le cadre du Festival d’Automne. Malgré l’interdiction des théâtres d’ouvrir au public, les répétitions se sont déroulées comme prévu ces dernières semaines. Pour clore ce temps de répétition et faire vivre un peu le spectacle, dans la perspective de la tournée française qui l’attend, une générale a été organisée pour les programmateurs et critiques. A ce public d’avertis, il n’est pas donné de ticket au moment de son arrivée au théâtre. L’information de cette représentation, à 17h un jour de semaine, vaut comme sésame. Deux heures avant les annonces du Premier Ministre devant faire état de l’évolution de la situation sanitaire actuelle – prise de parole qui a pris la forme d’un rituel depuis un an – les spectateurs sont confrontés à un autre rituel caractéristique de notre vie citoyenne : celui du débat présidentiel d’entre-deux tours. La metteure en scène Emilie Rousset et la cinéaste Louise Hémon invitent en effet à porter un regard distancé sur cette pratique instaurée en 1974. Tout en suscitant le rire du public, elles révèlent la vanité de cette cérémonie, et amènent à l’envisager comme un symptôme de la crise dont souffre la démocratie à notre époque, alors que la veille, était improvisée au Capitole de Washington une fête déguisée avec de vraies armes à feu…
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« Le Théâtre et son double » de Gwenaël Morin aux Amandiers – Artaud est mort, vive Artaud !

Avec Le Théâtre et son double, présenté aux Amandiers de Nanterre, Gwenaël Morin paraît poursuivre son travail de recherche sur l’histoire du théâtre. Depuis plusieurs années, il s’attache en effet à recréer des œuvres marquantes de la deuxième moitié du XXe siècle, tels que les Molière de Vitez, ou la performance du Living Theatre Paradise. Cette fois, il se tourne vers Antonin Artaud, penseur révolutionnaire du théâtre des années 1930, qui a eu et a encore une influence considérable sur l’art théâtral. Les créations précédentes de Gwenaël Morin construisent l’attente d’une expérience aussi sensible qu’intellectuelle, qui noue enquête sur le passé et recherches pour la scène actuelle. La nuance est néanmoins que le metteur en scène ne cherche cette fois pas à rendre vie à un spectacle déjà créé. C’est à un texte qu’il se confronte, texte qui clame à chaque page avec ardeur la nécessité d’une refonte totale du théâtre, mais dont les propositions ne permettent pas d’en laisser entrevoir la réalisation. De la théorie à la pratique, le spectacle de Morin creuse un fossé latent. La puissance du texte d’Artaud est affaiblie et l’expérience proposée ramène finalement à la convention théâtrale qu’Artaud exécrait.
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