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« À notre place » d’Arne Lygre, mis en scène par Stéphane Braunschweig au Théâtre de la Colline – musique de chambre pour sonder les abîmes des relations humaines

Stéphane Braunschweig revient au Théâtre de la Colline avec une mise en scène d’un texte d’Arne Lygre traduit avec Astrid Schenka, À notre place. La situation procure un sentiment de déjà-vu. Quoique le metteur en scène ait plusieurs fois créé des textes de cet auteur ces dernières années, c’est le souvenir de Je disparais, en 2011, qui refait surface. Entre temps, on est passé de la grande salle à la petite et le programme a perdu en épaisseur, mais le rapprochement s’impose par la distribution entièrement féminine de ces deux spectacles, ainsi que par leurs scénographies – même si ce n’est au départ qu’une intuition, qui ne sera confirmée que plus tard. Après la fugue qu'était Nous pour un moment en 2019, l’oratorio qu’était Jours de joie en 2022, À notre place compose une musique de chambre qui dissèque nos relations, amicales et familiales.
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« Catarina ou la beauté de tuer des fascistes » de Tiago Rodrigues aux Bouffes du Nord – confronter les extrêmes, au péril du théâtre et de la pensée

Plusieurs spectacles de Tiago Rodrigues animent cette rentrée théâtrale : Dans la mesure de l’impossible aux Ateliers Berthier, Chœur des amants et Catarina ou la beauté de tuer des fascistes aux Bouffes du Nord. Les deux plus récents signalent un tournant politique dans la trajectoire du metteur en scène, jusque-là plutôt préoccupé de littérature (Bovary, The Way She Dies), d’offrir au théâtre son propre reflet (Sopro) ou d’explorer les fragilités du couple (The Way She Dies à nouveau et Chœur des amants). Tiago Rodrigues, nouveau directeur du Festival d'Avignon, semble désormais mettre son écriture et sa science du théâtre au service de sujets d’actualité plus ou moins sensibles : l’action humanitaire et le fascisme. Dans Catarina il aspire certainement à atteindre la complexité et la nuance que ses mises en abyme permettent d’ordinaire, et il donne l’impression d’y parvenir au début de Catarina. Mais il a beau multiplier les renversements, les infinies teintes de gris qui séparent le noir du blanc sont délaissées. Son art théâtral, pourtant brillamment mis en œuvre au début du spectacle, se trouve englouti par des discours extrêmes qui congédient la réflexion.
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« Le Relèvement de l’Occident : Blancrougenoir » de la Compagnie De KOE – pied de nez à trois mains

Il y a deux ans, la compagnie flamande De KOE s’était unie avec les tg STAN pour proposer My Dinner with André, d’après le scénario de Louis Malle. Ce travail commun était motivé par le partage de mêmes principes de création, tels que l’adresse au public ou la remise en jeu constante d’un semblant d’illusion.…

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