Étiquette : André Antoine

« Prendre soin » d’Alexander Zeldin aux Abbesses – innocuité de l’hyperréalisme

En octobre 2025, le premier spectacle d’Alexander Zeldin a été recréé dans une version française. Beyond Caring est ainsi devenu Prendre soin – traduction qui mériterait d’emblée un commentaire. La démarche de l’artiste britannique dans ce spectacle, accueilli en cette fin de saison aux Abbesses, paraît proche de LOVE, sa deuxième création. Pourtant, elle ne fonctionne pas ce coup-ci et se révèle même problématique à plusieurs égards. Est-ce parce que le geste artistique de Zeldin – que l’on découvre dans le désordre en France – a mûri avec Une mort dans la famille et qu’il a tenté de se déplacer avec The Confessions ? Ou est-ce la transposition spatio-temporelle et culturelle, du Royaume-Uni de 2014 à la France de 2026 qui échoue – et démontre une nouvelle fois que les spectacles ne sont pas des objets qu’il est possible de conserver en bocal, que leur succès est étroitement lié au contexte dans lequel ils émergent, à leur capacité à mettre en résonance le moment présent ? Dans tous les cas, Prendre soin, aujourd’hui, sonne faux.
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« LOVE » d’Alexander Zeldin à la Commune d’Aubervilliers – informer la sensibilité grâce à une représentation naturaliste du réel

Alexandre Zeldin, jeune artiste britannique, est accueilli en France depuis 2018. Le succès que rencontrent ses spectacles amène à reprendre, déjà, le premier avec lequel il a été accueilli en France il y a quatre ans, LOVE, spectacle alors présenté au sein de la trilogie The Inequalities dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, et cette fois présenté à la Commune d’Aubervilliers. Alors qu’il nous avait transporté au cœur d’un Ehpad l’an dernier, avec Une mort dans la famille, Zeldin nous immerge cette fois dans un hébergement d’urgence pour familles et individus expulsés de chez eux, en attente d’une solution de relogement pour éviter la rue. Dans cet espace à la fois intime et collectif se croisent plusieurs personnages. Près de 150 ans après Zola qui appelait de ses vœux un théâtre naturaliste afin que le drame agonisant de son époque devienne « moderne et réel », Zeldin paraît réaliser l’ambition que formule le maître du naturalisme au moment où il adapte Thérèse Raquin : « j’ai tenté de ramener continuellement la mise en scène aux occupations ordinaires de mes personnages, de façon à ce qu’ils ne jouent pas, mais à ce qu’ils vivent devant le public ».
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