« Dialogue avec mon jardinier » d’après Henri Cueco par la Choum Compagnie

Jean-Paul Audrain adapte le roman du peintre Henri Cueco, Dialogue avec mon jardinier, et en fait un spectacle tendre et plein de bon sens.

Ils sont deux sur scène, l’homme de la ville en vacances à la campagne, qui tue le temps en peignant, et le jardinier, qui vit là à l’année, amoureux de ses plantations et de la nature. Chaque jour, ils discutent, de la famille, de la santé, des travaux du jardin… Mais pas seulement ! Ceux que tout distingue en apparence philosophent sur les choses de la vie et sur le beau.

Le premier met autant de soin à représenter le pré, que l’autre à soigner ses salades. Quand le patron demande au jardinier pourquoi il trouve ça beau, ce qu’il peint, celui-ci répond comme il peut, avec ses mots à lui. Les théories de Platon, de Kant et de Hegel sont loin : le beau, c’est ce qui fait plaisir à regarder, que ce soit en art ou dans la nature.

Les jours s’égrainent et la complicité naît entre les deux hommes. Entre la capitale et la campagne, les savoirs se partagent, de l’art moderne et contemporain à la technique ancestrale de fauchage. Jusqu’au bout, malgré la maladie, leurs échanges sont délicats, plein de sagesse.

La mise en scène est simple, et l’histoire se déroule en plusieurs saynètes, distinguées par un passage au noir. Mozart plane de temps à autres, et finit de rendre le tout familier. Les deux comédiens attendrissent, et tout particulièrement Emmanuel Borne, dont certains gestes nous font douter de son véritable métier.

Une parenthèse sans cris, sans crise, qui nous ramène à l’essentiel et dégourdit joyeusement l’esprit.

F. pour Le Bruit du Off

Pour en savoir plus sur « Dialogue avec mon jardinier », rendez-vous sur le site du Off d’Avignon.