« A Brûle-pourpoint » par la Compagnie Terminus

C’est l’envers du décor qui nous est dévoilé avec À brûle-pourpoint. En ce temps de Festival où les spectateurs se laissent prendre au jeu du théâtre, Sabine Larivière fait part de ce qu’il se passe dans la tête d’un comédien avant, pendant et après la représentation.

Bérénice s’apprête à entrer en scène. Elle est dans les coulisses, derrière le rideau et peut entendre les voix du public qui s’installe. La peur la gagne jusqu’au moment de se jeter sur scène. Ceci n’est que le début d’un monologue intérieur extériorisé.

La comédienne nous invite dans l’intimité de son esprit affolé et enthousiaste. Les tirades de Bérénice se confondent avec ses pensées : a-t-elle bien accompli tous les gestes du rituel de sa loge ? Quelle envie soudaine s’empare d’elle au moment de répondre à Titus et Antiochus ?

L’escabeau qui occupe la scène avec l’artiste, qui est son « pendant masculin », contribue à structurer l’espace malgré ses grincements : sur la scène, derrière le rideau, aux confins des doutes de la comédienne. La fiction de la pièce se mêle à la réalité de celle qui est d’abord un être humain avec ses faibles et ses faiblesses.

Ce méta-théâtre offre un recul pertinent au moment de se laisser séduire par l’illusion dramatique.

 

F. pour Le Bruit du Off

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