Expo « Stanley Kubrick » à la Cinémathèque

Si l’expo Kubrick tourne dans le monde entier, c’est déjà un gage de qualité. En mettant de côté son agoraphobie et en rassemblant ses forces on peut faire l’expérience d’une riche aventure dans un univers aux facettes multiples. Les films de Kubrick ont d’emblée cette qualité : ils explorent des genres et des esthétiques très différentes qui font varier les plaisirs.

Dans un parcours chronologique, on retrace donc la carrière du réalisateur Stanley Kubrick, depuis ses premiers courts-métrages à ses plus grands succès, en passant par ses projets avortés. Le concept est simple mais efficace : à chaque film, une salle.

On passe donc d’une ambiance à l’autre, parfois sans autre transition que les années qui séparent les deux films. Ainsi, il arrive qu’on se retrouve face aux superbes costumes de Barry Lyndon tout en entendant la musique d’Orange mécanique et en apercevant un peu plus loin les petites filles de l’hôtel Overlook de Shining.

Ces effets contribuent à nous rappeler que c’est bien le même personnage atypique et minutieux qui est à l’origine de tous ces films. Si on ne les connaît pas forcément tous, on est sûr de se réjouir dans au moins une des salles. Et pour les autres, c’est soit l’envie de les découvrir, soit la curiosité guidée par le regard qui nous les font côtoyer.

Quelle joie de se replonger dans l’ambiance pop de Lolita ! Les images du film sont redoublées par les affiches et des photos du tournage, le tout rythmé par les coupures de presse virulentes et outrées. On découvre les différentes tenues de Charlotte Haze et de sa fille, et l’on s’émerveille de clins d’œil aussi simples qu’une bouteille de Coca-cola ou une affiche de Quilty.

De même, la salle de Shining nous immerge dans son univers : la machine à écrire de Jack Torrance, le costume des fillettes, la maquette du labyrinthe, la moquette aux motifs géométriques de l’hôtel… Tout est là. On peut même pousser plus loin l’entrée dans le film en s’engouffrant dans un micro labyrinthe, accueillis par la hache et le couteau de cuisine, pour redécouvrir les images les plus percutantes.

Vous l’aurez compris, les séquences de films et les photos de montage sont agrémentées de costumes, d’objets, parfois même des caméras aux effets révolutionnaires qui ont été employées. Le perfectionnisme de Kubrick nous est souvent rappelé par l’exposition de documents tels que des scripts ou des plans de séquence, mais c’est à travers les citations choisies pour chaque salle que l’on perçoit le génie.

La multiplicité des supports entretient l’intérêt et ce n’est qu’une fois rentrés que la fatigue se fait sentir. Le jeu de la mise en condition fait de la visite une expérience personnelle et insolite. Il est d’ailleurs poussé à l’extrême, jusque dans les tapis des couloirs des cinémathèques et les portes de l’ascenseur !

F.

Pour les amoureux de Lolita comme moi, c’est l’occasion de relire ceci !