22 Juil

« Richard III » de Shakespeare
mis en scène par Thomas Ostermeier
Un spectacle dans un fauteuil (un canapé)

Dès l’ouverture de la billetterie Richard III était pris d’assaut. Le retour de Thomas Ostermeier au Festival d’Avignon un an après le Mariage de Maria Braun et trois ans après Un ennemi du peuple ne laisse visiblement pas le public indifférent. Et sa réputation n’a fait que grandir avec ce dernier spectacle, car dès les premières dates passées il fallait sacrifier une bonne partie de sa journée pour faire la queue devant l’Opéra – chaque jour plus longue et plus motivée pour arriver deux, trois, quatre heures à l’avance – dans l’espoir d’être premier sur la liste d’attente et d’obtenir une place de dernière minute.

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08 Avr

Notes et contre-notes sur « Jacques ou la Soumission » (3/3)

Vient alors la troisième révolte de Jacques, qui dit « Non ! non ! Elle n’en a pas assez ! Il m’en faut une avec trois nez. Je dis : trois nez, au moins ! ». Ce non rappelle celui de Dom Juan face à la figure du Commandeur, dans le dernier acte de la pièce de Molière. C’est là la parole du libertin, qui refuse de se repentir jusqu’au dernier moment, de se soumettre même sous la menace, celle qui contient toute sa révolte.

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19 Jan

« Platonov » de Tchekhov à la Colline, vivant et mélancolique

Le parcours du collectif Les Possédés avait commencé en 2004 avec Oncle Vania de Tchekhov. Après avoir monté des œuvres de Lagarce, Mauvignier, Céline ou John Cheever, chaque fois en quête de ce qu’elles disent sur l’humain, ils reviennent à ce premier auteur et s’attaquent à sa toute première pièce, Platonov. Longtemps resté sans titre, ce texte retrouvé après sa mort a récemment fait l’objet d’une nouvelle traduction signée par André Markowicz et Françoise Morvan, dans une langue moderne qui rend compte de la vitalité des paroles des personnages, paroles dont s’emparent sans peine les Possédés. Le spectacle présenté à la Colline est une lente traversée de l’œuvre, une immersion aussi insolente et drôle que tragique, qui se soumet à la langueur de la pièce tout en offrant une image vivifiante de la vie, aussi désespérée soit-elle.

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13 Sep

« Les Égarements du cœur et de l’esprit » de Crébillon fils

Dans Les Egarements du cœur et de l’esprit, le jeune Meilcour fait ses premiers pas dans l’univers très codifié de l’amour et du libertinage. Novice, il apprend au contact de Madame de Lursay et de Versac, maîtres en la matière. Habileté dans l’art de la parole et dans celui de la dissimulation doivent se substituer à la candeur et à la passion trop lisible.

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