Étiquette : Han Kang

« Che dolore terribile è l’amore » de Daria Deflorian au Cloître des Carmes – délicate opération de resensibilisation

La langue invitée de cette 80e édition du Festival d’Avignon est le coréen. Parmi les artistes programmés, plusieurs qui viennent de Corée, et d’autres qui s’intéressent à des œuvres coréennes. C’est le cas de Daria Deflorian, qui adapte le dernier roman du Prix Nobel de littérature 2024, Han Kang, Impossibles adieux. Très bizarrement, le directeur du Festival, Tiago Rodrigues, a par ailleurs proposé à Julie Deliquet d’orchestrer une lecture de ce même roman avec Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Cette redondance qui n’est commentée nulle part donne l’impression qu’il n’y a qu’une autrice en Corée, et même qu’une œuvre d’elle. De nombreuses différences distinguent les deux projets, à commencer par le fait que Daria Deflorian est familière de l’autrice, et qu’elle a en quelques sortes devancé cette édition du Festival lorsqu’en 2024, avant même la consécration du Nobel, elle a adapté un autre roman d’Han Kang, La Végétarienne, avec une infinie délicatesse. La metteuse en scène italienne revient donc avec légitimité à cette écriture et en confirme sa compréhension profondément sensible dans Che dolore terribile è l’amore.
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« La Vegetariana » de Daria Deflorian aux Ateliers Berthier – récit décentré d’une métamorphose sismique

Depuis des années, Daria Deflorian songe à adapter La Végétarienne, roman de l’autrice coréenne Han Kang. Ce projet, accueilli aux Ateliers Berthier du Théâtre de l’Odéon dans le cadre du Festival d’Automne, a trouvé une forme de validation quelques jours avant la création du spectacle à Bologne avec la remise du Prix Nobel de littérature à Han Kang. Le prestigieux prix entend récompenser « sa prose poétique intense qui affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine ». Cette courte caractérisation, qui se veut une synthèse de l’œuvre autant qu’une justification de la récompense même si elle paraît pouvoir s'appliquer à beaucoup d'écrivains, ne laisse pas présager grand-chose avant le spectacle mais trouve un peu de sens à la sortie : la délicatesse de l’art de Deflorian rencontre dans La Vegetariana une écriture qui se dérobe, qui ne semble pas dire l’essentiel, mais qui travaille la sensibilité et y dépose des impressions durables.
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