Analyse d’une séquence de « Dogville » de Lars Von Trier

Analyse d’une séquence de film dans le cadre du cours de J.-L. Jeannelle « Le huis clos au cinéma et en littérature : formes et figures de l’enfermement » (Paris IV).


Dogville (2003) – Lars Von Trier
Extrait : 17’47 – 27

Dogville est un film de Lars Von Trier réalisé en 2003. C’est le premier volet d’une trilogie intitulée USA – Land of opportunities, composée de Manderlay et Washington – ce dernier étant en cours de préparation. Leur originalité se situe d’un point de vue visuel, avec un décor minimal compensé par des bruitages, des mimes et un narrateur. Dogville est introduit par ce dernier comme une parabole en neuf chapitres et un prologue. L’intrigue est provoquée par l’arrivée d’une fugitive dans la petite ville qui a la propriété d’être très refermée sur elle. Encaissée dans la montagne, Dogville n’est accessible que par une seule route qui prend fin avec elle. La séquence en question se situe à la fin du chapitre Un, après le Prologue qui a présenté la situation de la ville et de ses habitants. Dans le premier chapitre, le personnage principal, Tom, entend des coups de feu et cache une jeune femme qui arrive de George Town, suivie de près par une voiture de gangster. Décidé à l’aider, il va s’en servir comme « illustration » afin de se voir contredit dans son idée que les habitants de Dogville ont de faibles capacités d’entraide et d’humanité.

La scène de la présentation de Grace aux habitants par Tom est capitale. Non seulement elle est riche en effets d’annonce, mais en plus elle questionne le huis clos de la ville et celui plus métaphysique de la communauté. Cet extrait peut servir d’exemple pour montrer en quoi la caméra vient combler les manques du décor pour souligner le huis clos et renforcer l’exclusion de Grace. Cette séquence peut être découpée en trois moments, marqués par le retour de la voix du narrateur : la réunion publique, l’introduction de Grace et son jugement par les habitants de Dogville, et la présentation de la ville et de ses habitants par Tom.

Juste avant la séquence, Tom a caché Grace dans la mine et a renvoyé les gangsters. Il l’a accueillie chez lui et a vanté les mérites des habitants de Dogville, persuadé qu’ils seront prêts à l’accueillir comme lui l’a fait. Tom lui assure qu’elle a « beaucoup à offrir à Dogville », entendant par là qu’il va se servir d’elle comme exemple, ou comme illustration de son propos moral.

La séquence commence avec un plan de grand ensemble, accompagné d’un travelling arrière qui donne un regard surplombant sur la mine où est cachée Grace. Le mouvement de recul s’accompagne de bruitages mimant la nature et des voix indistinctes de la communauté qui se révèle progressivement dans sa concentration dans la mission (l’édifice religieux). On assiste à un moment particulièrement important car l’ensemble des habitants sont concentrés en un même endroit supposé fermé : c’est une forme de huis clos dans le huis clos même de la ville. Le point de vue divin de la caméra est doublé par la voix du narrateur en over, ce qui donne l’impression que la caméra peut-être assimilée à l’œil du narrateur – même si on verra par la suite que la position du narrateur est parfois ambigüe. Sa voix a une importance toute particulière car elle vient tantôt doubler l’action, tantôt la commenter. Elle se situe en marge de l’image et crée un effet de distance propre à la littérature. Ici, le narrateur présente donc la « leçon de morale » de Tom. Un nouveau plan rapproché permet de se situer à l’intérieur de la mission où sont rassemblés tous les habitants. La voix indistincte de Tom accentue l’effet de recul par rapport à celle du narrateur. Les mouvements saccadés de la caméra semblent mimer une présence, probablement celle du narrateur, qui se déplace parmi les habitants et Tom, et saisit leurs expressions. Il faut avoir en tête le Dogme95 de Lars Von Trier : s’il ne l’a pas appliqué à Dogville, on retrouve le principe numéro trois de façon régulière, à savoir le porté main de la caméra. Par ailleurs, un plan de demi-ensemble plus large doublé d’un angle en plongée accentue les déplacements libres de l’intérieur à l’extérieur du narrateur, qui cherche à saisir la communauté aussi bien dans le détail que dans son ensemble. Ce cadre qui contient tous les habitants les enferme et semble compenser avec l’espace de l’action qui, lui, n’est pas clos par quatre murs.

La question du cadrage est primordiale dans le traitement du huis clos. Dans cette première partie de séquence, il arrive qu’on ait affaire à des effets d’étrangeté quand les personnages sont filmés de profil sur un fond blanc, vide. Cette impression que toute la communauté se trouve réunie dans la mission est confirmée par un plan qui saisit Tom de côté et permet d’intégrer Jack Mc Cain. C’est le seul habitant de Dogville absent à la réunion publique (on apprendra par la suite pourquoi) et pourtant, il est intégré à la communauté grâce à l’absence des murs et la position de la caméra qui le saisit en arrière-plan. Cette idée que la communauté est ainsi refermée sur elle-même, au-delà même du rassemblement physique est renforcé par le fait qu’à aucun moment dans cette première partie de séquence, on ne voit Grace au loin dans la mine, alors même que l’on pourrait la voir dans la transparence du décor. La caméra enrobe les habitants et joue avec ce décor composite. Ses mouvements s’apparentent à des travellings subjectifs qu’on pourrait attribuer au narrateur même s’il n’est jamais incarné. Celui-ci remplit sa fonction si l’on s’en réfère à la littérature au moment de passer la parole au père de Tom. On peut malgré tout nuancer l’effet de communauté avec la série de champs et contre-champs entre Tom et son auditoire, qui contribue à l’isoler et à annoncer son rôle d’intermédiaire par rapport à Grace par la suite.

Après que Tom a pris la parole, le débat s’ouvre avec un travelling avant et un gros plan sur Lise. On voit donc les types sociaux se dessiner avec sa mère qui lui dit de se taire et Ma Ginger qui nourrit la critique à mi-voix. L’attaque de Lise permet à Tom de se situer en se disant « observateur », montrant par là sa position en retrait, confirmée par les mouvements de caméra. Ses propos trouvent un écho chez Ben comme le montre un mouvement panoramique horizontal qui rend flou le reste de l’assemblée et les isole tous deux. Ce mouvement est accompagné par celui-ci des personnages qui se tournent vers Ben. Pour autant, celui-ci est interrompu par Ma Ginger qui lui dit de se taire. La prise de parole semble donc compromise, au sein même de la communauté. Or, il est à noter que Ben est le seul à avoir un contact avec l’extérieur, car il travaille dans les transports. C’est le seul habitant de Dogville à en sortir. Cette situation lui donne donc une position particulière confirmée par la suite au cours du débat. Malgré ces divergences internes, les habitants de Dogville restent une communauté. C’est ce que dit la caméra qui se situe derrière Tom en plan rapproché. La caméra semble compenser les parois manquantes tout en montrant les failles du huis clos qui vont être exacerbées par l’arrivée de Grace. Cette partie s’achève avec les paroles de Tom qui annonce qu’il va illustrer son propos avec quelque chose « qui est sur le point de se produire », c’est-à-dire Grace. La musique extra diégétique de Pergolèse s’accompagne d’un travelling arrière accéléré qui ne respecte pas le tracé des murs au sol et se tourne vers Grace, cachée dans la mine. La voix en off de Tom continue de se faire entendre avant de passer le relais au narrateur.

Le vif mouvement de caméra et le retour de la voix du narrateur sont deux indices du changement imminent au sein de la communauté. Alors que l’on vient de la voir que l’harmonie n’est pas tout à fait de mise entre ses membres, son équilibre va être bouleversé dès les premiers instants de l’arrivée de Grace.

Le huis clos de la mission est enfreint dès la sortie de Tom et son mime de la porte qui s’ouvre. Le même mouvement initial de travelling arrière avec une prise de vue surplombante ramène le récit au narrateur, qui précise qu’il y a ellipse sur le récit de l’arrivée de Grace la veille. De même qu’au début, les voix se font indistinctes. La musique accompagne l’entrée de Grace dans la mission, qui prend la forme d’une intrusion dans le huis clos et s’arrête une fois qu’elle est dedans. La caméra adopte alors une focalisation interne. Tous les habitants sont tournés vers Grace et la caméra se situe derrière eux, comme si le narrateur cherchait à capter leurs réactions. Tom reprend en charge le récit en introduisant Grace. Le père de Tom se lève, indiquant une certaine connaissance des codes sociaux et la caméra fait des rapides mouvements panoramiques horizontaux dans le dialogue entre Grace et lui. Ce mouvement qui tend à flouter ce qui se trouve entre les deux personnages semble mimer une perturbation dans l’espace clos de la mission et une distance de Grace aux habitants, comme si elle ne pouvait pas être englobée dans le même cadre. Comme avec Ben et Tom plus tôt, cela dit son isolement.

L’intervention de Chuck en contre-champ montre que la scène prend la tournure d’un tribunal. Les habitants jugent Grace et se demandent s’il faut la dénoncer, si elle dit vrai et l’attitude à adopter de leur côté. La mission devient le lieu d’une conscience populaire où se révèlent d’emblée des réactions négatives de la part des habitants de Dogville. Une fois de plus, Ben prend la parole en faveur de Grace et de Tom, et une fois de plus, la voix de Ma Ginger en off l’interrompt. Cette interruption dans l’ordre de la communication est renforcée par le mouvement interrompu de Ben qui commence à se lever puis se rassoit. Tom se fait le relais des habitants à Grace, comme le montrent les mouvements de caméra en trois temps. D’emblée, la réaction de Madame Henson, qui craint de « s’attirer des ennuis », montre que l’accueil des habitants de Dogville est beaucoup plus modéré que ce à quoi s’attendait Tom. L’intervention de son père, qui dit que Dogville est un bon endroit pour se cacher, rappelle la situation particulière de cette ville, desservie par une seule route cernée de montagnes comme l’indique Tom. Le huis clos communautaire se double du huis clos structurel. Tom met alors en place un système d’alarme par rapport à l’extérieur. A ce moment-là, sa voix en off se superpose au visage de Grace en gros plan. Elle est immédiatement associée à l’extérieur, au dehors de Dogville, ce qui renforce sa position d’étrangère.

Par la suite, le travelling avant qui conduit à un gros plan sur Martha met en valeur à l’arrière-plan la roue en métal qui servira de joug à Grace au chapitre Huit. On assiste à de multiples plans très courts qui saisissent les visages et expressions de Martha, le père de Tom, Grace, Tom, Chuck, indiquant comme un désordre. Chuck met une nouvelle fois en doute la parole de Grace et c’est Grace qui abonde dans son sens malgré ce qu’on pourrait attendre. Ben se lève et dit qu’il lui fait confiance mais la voix de Madame Henson vient une fois de plus couper court à ses élans. Elle s’adresse à Tom et dit « on ne demande rien à personne », montrant le repli de cette communauté sur elle-même. Il s’agit donc de trouver un moyen de la juger et Tom renvoie son père à lui-même en faisant référence à ses qualités pour juger les gens en vivant auprès d’eux – ce qui semble ironique car il ne semble pas porter de jugement sur les habitants de Dogville, alors que c’est là même le propos du film comme on l’apprend à la fin. Tom fait le tour de la salle pour venir jusqu’à son père, imitant les mouvements antérieurs de la caméra et donc probablement du narrateur. Il englobe ainsi l’assistance au moment de proposer qu’ils laissent à Grace quinze jours pour faire ses preuves. L’absence de Grace dans le cadre est renforcée par son absence dans le discours : on parle d’elle à la troisième personne. Les mouvements de caméra indiquent les jeux de regards, de Grace à l’assistance et de Ma Ginger au père de Tom. Olivia rompt le mouvement en se levant à son tour et prend la parole, déclarant sa foi en Tom. Cette parole semble mettre fin au débat comme l’indique le retour de la musique extra diégétique. La caméra isole les deux personnages principaux, devenus complices comme le montrent un sourire et un clin d’œil.

Un point de vue divin, en plongée totale redonne voix au narrateur. On voit les habitants de Dogville sortir de la mission, comme si la communauté se délitait déjà. Le plan montre, comme au tout début du film la ville et ses composantes. Dès lors, Tom entreprend de présenter la ville à Grace en fonction de ses habitants.

A ce moment là, Tom double le rôle du narrateur qui a présenté Dogville dans le prologue. Cet effet est renforcé par le fait que sa voix est en off au début de cette dernière partie de séquence. Il les désigne un à un par leur activité, leur caractère et parfois leurs vices. Ces présentations vont à l’encontre du système de décor mis en place : ils sont dans la rue principale et peuvent voir les habitants à travers les murs, symbolisés par les traits dessinés au sol. C’est donc une effraction au décor en place : cela semble propre à l’intrusion de Grace dans cette ville. La caméra suit les mouvements de regards des deux personnages et balaie ainsi le décor. Seulement, on se rend vite compte que la caméra n’entoure que Tom et exclut par là Grace. Le fonctionnement de la ville est autonome et elle est une étrangère, comme le souligne son absence dans le cadre. Des travellings avant illustrent ce que Tom dit, ce qui est le propre de sa communication dans le film. La caméra tourne autour de Tom au moment de présenter Jack Mc Cain et retarde le moment de le montrer. C’était le seul habitant hors de la mission pendant la réunion publique, mais il est montré de dos, ce qui rappelle sa présence dans la même position quand il était en arrière plan pendant le discours de Tom. Les descriptions et présentations de ce dernier contribuent aussi à construire l’espace, comme la grange de Ben, par exemple. La mention de sa faiblesse – il va au bordel –, comme celle des rapports conflictuels entre Chuck et Véra, annonce la dégradation des relations qui va suivre. La caméra suit le mouvement de doigt de Tom vers Martha et la mission : c’est un autre moyen de dire l’illustration. La précision que le pasteur « n’arrivera jamais » contribue à nourrir l’enfermement de Dogville sur elle-même, d’un point de vue géographique et temporel. La présentation s’achève avec le magasin de Ma Ginger et Gloria, où tout est hors de prix, ce qui semble souligner leur avarice. C’est à nouveau l’occasion de dire que personne ne sort de la ville, à part Ben, et que les habitants de Dogville ont même renoncé à leur droit de vote à cause de la taxe. L’ouverture sur l’extérieur est donc proche du néant. Au moment de dire ça, les plans entre Tom et Grace ne sont pas raccordés, montrant que Grace ne trouve pas sa place.

Un point de vue surplombant au moment où Tom se penche sur la vitrine du magasin semble souligner ce qui va suivre. Le gros plan sur les figurines met en effet bien l’accent sur ce qui semble être un détail. Tom dit qu’elles « en disent plus long sur les habitants de cette ville que bien des mots ». On verra par la suite que Grace achètera une à une les sept figurines avec l’argent gagné grâce à ses travaux. Ce chiffre hautement symbolique correspond aussi aux sept foyers que Tom vient de présenter. Leur acquisition par Grace montrera la progression de ses relations avec les habitants de Dogville, et leur destruction signifiera le paroxysme de la crise : c’est son appartenance à la ville-même qui sera remise en cause. Les figurines prennent aussi un sen particulier à la lumière de la fin du film. Le père de Grace la dit arrogante car son idéal moral et éthique la conduit à trouver des excuses à ceux qui ne le méritent pas. Elle déresponsabilise ceux en qui elle croit et les transforme donc en figurines. Une fois présentée la ville jusqu’aux petites figurines la parole est donnée à Grace. Elle montre d’emblée une différence de point de vue : « si c’est ça la ville que vous chérissez vous avez une drôle de façon de le montrer ». C’est la communication et les sentiments qui se trouvent alors sur un plan différent : ce désaccord sera aussi consommé d’ici la fin du film. Un gros plan sur le visage de Grace accompagne sa profession de foi en la communauté de Dogville, alors même que son regard ne semble pas réussir à se projeter vers la ville et ses habitants. C’est comme si elle n’appuyait pas ce qu’elle disait sur la réalité, et c’est cette illusion même qui sera mise à plat à la fin du film. On assiste à un nouveau travelling avant vers les figurines, comme si elle proposait sa propre lecture après celle de Tom, avec une même progression de gauche à droite.

Le narrateur reprend en charge le récit et se fait le porte-parole des sensations de Grace. Un gros plan sur le visage de Grace indique à nouveau des mouvements d’yeux. Le narrateur dit qu’elle perçoit une « infime modification de la lumière », annonçant la fin une fois encore. La caméra parcourt l’ensemble de la ville, redoublée par la musique et la lumière bleue qui matérialise cette modification. Tous les habitants apparaissent à la frontière de leurs maisons et transpercent le mur de leur regard, tourné vers Grace. La caméra entoure Grace d’un gros plan sur son visage, montrant par là qu’elle est cernée. La voix en off de Tom vient confirmer le sentiment de Grace, contribuant à nourrir la confusion entre Tom et le narrateur. Cette idée de modification de la lumière est à mettre en regard avec la fin du film (2’34), au moment où les gangsters resurgissent et où son père demande à Grace de prendre une décision quant au sort de Dogville. On assiste à un « changement d’éclairage » selon l’expression du narrateur, dû cette fois-ci à la lune. La « lumière clémente » du début a fait place à une lumière qui révèle les moindres imperfections. Elle indique à Grace que son devoir est de se servir du pouvoir que lui confie son père pour contribuer au bien de l’humanité et à son propre bien. Elle souhaite qu’une arrivée telle que la sienne ne soit plus l’occasion de « révéler les fragilités » des habitants de Dogville. Elle procède donc à une leçon, semblable à celles que Tom faisait, et corrige les habitants de Dogville en les massacrant tous. Pour Véra, qui a cassé ses figurines, elle procède de la même façon : si elle pleure, il faut continuer de tuer ses enfants. Les figurines sont alors assimilées à des enfants dans la perception de Grace, d’où leur importance. Enfin, le chapitre s’achève avec la thématique du « jeu », introduite par Grace et reprise par Tom. La série de champs et contre-champs de l’un à l’autre, de façon très rapprochée semble indiquer que Tom va se faire le médiateur entre Grace et le reste des habitants jusqu’à la fin. Le chapitre se referme avec un point de vue en plongée qui annonce le retour de la voix du narrateur après un fondu noir et l’apparition du titre du chapitre deux.

Cet extrait est particulièrement riche en effets d’annonce et en clés de compréhension pour l’ensemble du film. La question du huis clos est centrale du fait du rassemblement de l’ensemble de la communauté dans la mission dans les deux premières parties de la séquence. La caméra redouble l’enfermement physique et contribue à tenir à l’écart Grace et à montrer son impossible insertion. La suite du film est en effet une illustration selon l’expression de Tom, illustration de la faiblesse des liens communautaires à Dogville, et non pas de leur bonté, comme on le croit de prime abord. Alors qu’il se sent menacé avec le retour des gangsters à la fin, Tom admet qu’il s’est servi d’elle mais cherche à lui faire dire que sa démonstration a dépassé toutes les attentes. Celle du spectateur réside donc moins dans le traitement de l’autre dans une communauté que la réaction de cet autre en question. Grace a une attitude inattendue et qui ne semble pas naturelle, jusqu’au dialogue final avec son père, dans lequel on comprend qu’elle animée d’un « idéal moral et éthique ». On peut regarder cette scène comme faisant partie d’un diptyque par rapport à la fin du film, formant un tout et donnant le sens de la parabole.


Prologue du film Dogville