« Les Femmes savantes » mis en scène par Arnaud Denis

Le metteur en scène Arnaud Denis a fait le pari de revisiter la célèbre pièce de Molière, et le résultat est mitigé. Le décor, pour le moins décevant, laisse la part belle aux acteurs, qui ne désemplissent pas dans leurs beaux costumes.

Les Femmes savantes, c’est un débat sur la culture, au sens d’éducation. Les pédants y sont mis à mal, ainsi que les cuistres et autres littérateurs maquillant leur ignorance par de belles paroles creuses. En plus de cela, il y a l’intrigue amoureuse et les questions de pouvoirs au sein du foyer qui divisent les personnages : le tout est assez explosif.

Ainsi, les livres volent à tous vents à travers la scène, le ton monte rapidement et on n’en finit pas d’entendre des arguments soutenant telle ou telle opinion. La faute à Molière ou à la mise en scène ? Un peu des deux sans doute. Mais puisqu’il est de coutume de laisser les morts en paix, on accusera les comédiens, trop passionnés et trop jeunes peut-être.

A leur décharge, il faut bien trouver le moyen de rendre les vers de Molière aussi fluides que possible, face à cette assistance de lycéens assez hermétique à ce qui prend trop de détours. Le parti pris est donc probablement de rejouer un classique pour ceux qui peinent à l’étudier.

On appréciera malgré tout la figure matriarcale, Jean-Laurent Cochet, qui n’a de femme que les atours et qui incarne parfaitement le « véritable dragon » qu’est Philaminte. La terreur qu’elle provoque autour d’elle fait rire, ainsi que ses faiblesses pour de pauvres vers.

Enfin, la surprise finale de voir deux ou trois beaux tableaux silencieux avant que le rideau ne se ferme nous rappelle qu’il est tout de même bon de pouvoir apprécier cette pièce sur les planches.

F.