Boltanski au Grand Palais pour Monumenta : « Personnes »

C’est Christian Boltanski qui est l’artiste de Monumenta au Grand Palais cette année. Avec son exposition « Personnes », il investit l’espace et offre une expérience qui fait appel à tous les sens.

Nous sommes en février, il fait froid, et la nef du grand palais n’est pas chauffée. Première impression. Devant l’entrée, un mur nous obstrue la vue : ce sont de petites boîtes en fer rouillé, portant des numéros, mais disposées sans ordre logique.

Lorsqu’on les contourne, on découvre une immense grue qui manipule un tas de vêtements tout aussi grand. En longueur, ce sont des manteaux qui sont installés par terre, dans des espaces délimités. Ceux-ci sont surmontés de néons, et quand on circule entre eux, des battements de cœur résonnent fortement.

Entre le bruit de la grue, très mécanique, le battement des cœurs, absents et vivants, l’ouïe est sollicitée de toute part, comme le regard. Il fait froid, on voit tout ce qui nous entoure, cela résonne à l’intérieur, et il n’y a ni parcours ni cartel pour nous orienter. Les connexions se font d’elles-mêmes, avec notre histoire et ses cauchemars : on pénètre dans l’œuvre.

Il n’y a qu’à déambuler, observer, ressentir. Pas tout à fait à l’aise, oppressé, cherchant une issue, c’est un soulagement d’en sortir. L’important est d’avoir été imprégné selon l’artiste. Et pour les plus volontaires, on peut offrir son pouls aux archives du cœur, un projet en cours de l’artiste.

 

F.