12 Nov

Une promenade au Père Lachaise

Le Père Lachaise, c’est d’abord une rencontre. Une rencontre non seulement avec les défunts qui y reposent, mais aussi avec la culture des autres. Entre ceux avec qui on est, qui s’exclament devant des noms qui nous sont inconnus, et vice versa, et les adeptes qui guident les pauvres touristes perdus entre les dédales de tombes, on est dans le partage de richesses communes.

Après-midi d’automne, le cimetière ferme à 17h15, il s’agit d’être efficace et d’aller droit au but, pour ne surtout pas rater les incontournables. Pour les autres, on verra si on a du temps…

On commence donc, avec Chopin, puis Pleyel, puis Ingres, Sarah Bernhardt, La Fontaine, Molière, Apollinaire, Proust. On continue encore plus loin avec Wilde et on se retrouve déjà sur le chemin du retour avec Delacroix, Nerval et Balzac. Enfin, on n’oublie pas de saluer Colette, Rossini, Musset et Haussmann avant de partir…

Et c’est une fois dans le métro avec le plan sur les genoux qu’on déplore tout ceux qu’on n’a pas pu aller voir, soit parce qu’ils étaient trop loin soit parce qu’on ne les avait pas vus !

Malgré cela, c’est mission accomplie. Les plus grands ont été visités, photographiés et commentés. Car, en effet, on s’attend toujours à voir une tombe à la mesure de celui qui y repose. Et souvent c’est ou contradictoire, ou décevant. Après tout, peu sont ceux qui ont prévu à l’avance la forme de leur séjour final… Et plus on recule dans la chronologie, plus les tombes sont simples et sans faste.

Avec La Fontaine et Molière, qui se côtoient de près, c’est surélevé, un peu inaccessible, mais sobre. Une plaque, en latin, confirme bien que c’est là que gît l’un ou l’autre.
Avec Delacroix, on gagne en originalité : le tombeau est noir et majestueux. Idem pour Sarah Bernhardt qui repose sous une ogive.
Chopin, Balzac, Musset et Ingres ont droit un portrait qui rappelle à la postérité le visage mémorable de l’artiste.
Contrairement à celle de Proust, décevante quand on connaît le personnage, celle d’Apollinaire est à la hauteur du ecrivain. Une pierre mal découpée qui s’élève au-dessus des vers de Guillaume, avec une jolie croix gravée. Chez Nerval on retrouve aussi un peu du personnage dans cette colonne érigée avec simplicité et discrétion.
Le clou c’est évidemment celle de Wilde, aussi bien par l’architecture que l’hommage que lui ont rendu ses fans. Des centaines de bouches en rouge à lèvres viennent soutenir le personnage ailé.

Il en reste beaucoup à voir, entre Jim Morrison bien sûr, mais aussi Georges Perec, la Callas, Isadora Duncan, Marie d’Agoult dite Daniel Stern, Alain, Beaumarchais, Bernardin Saint-Pierre, Georges Bizet, Champollion, Daudet, Eluard, Pissarro et bien d’autres…

D’autres bonnes balades en perspectives donc ! Mais attention aux confusions, telles que Saint-Exupéry ou Visconti, qui ne sont pas ceux auxquels on pense. Heureusement, un invétéré nous a guidés et nous a remis dans le droit chemin !

Le bon plan : avant d’arriver, regardez rapidement dans les poubelles alentours s’il n’y a pas le plan du cimetière, ça fait économiser 2 euros !

Dernière curiosité : le Père Lachaise était le confesseur de Louis XIV pour ceux qui se posent la question !

F.

6 commentaires

  1. A - 12 novembre 2009 at 11:23

    J’ignorais que tant de figures du patrimoine français reposaient au père Lachaise…
    Il manque juste Rousseau pour compléter cette liste de Grands…

  2. Chérubin - 12 novembre 2009 at 11:46

    Effectivement un incontournable du patrimoine français. Le tout est d’avoir un bon sens de l’orientation et d’être efficace « carte en main »!!

  3. AD - 12 novembre 2009 at 12:22

    Que de richesses dans cet endroit …. ! un rapprochement entres les tombes et les maisons d’auteurs serait-il intéressant ??
    @ suivre ….

  4. PGE - 12 novembre 2009 at 17:54

    Tu as eu tout à fait raison de faire cette visite.Si par hasard tu y retournes, je te signale que les deux fils de Lazare Carnot y sont enterrés:
    Hippolyte, ton aîeul, le Père de Sadi Carnot (le président de la République)et Léonard Sadi le savant promoteur de la thermodynamique moderne et auteur du principe de Carnot.
    Lazare Carnot, l’organisateur de la victoire et Sadi Carnot sont enterrés au Panthéon.
    Je précise aussi à l’intension d’un de tes correspondants que Rousseau est également enterré au Panthéun et pas au Père Lachaise

  5. Gélou - 13 novembre 2009 at 17:56

    Il faut y retourner !!! Cela m’intéresse beaucoup, les tombes de la Callas, Bizet , Morrison et autres musiciens dans l’âme… Et les tombes des « petits  » cela doit être bien aussi… En échange je te propose de venir découvrir la tombe d’Hergé tant que je n’en suis pas loin….

  6. Pat - 8 octobre 2011 at 10:11

    Merci, Mademoiselle La Parafe ! J’ai vraiment beaucoup apprécié cet article.

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