29 Août

« Paradiso » de José Lezama Lima – initiation au déchiffrement du monde

José Lezama Lima, poète, critique et romancier, est souvent désigné comme le « Proust cubain ». Un tel rapprochement se fait à la faveur de son premier roman Paradiso, incontournable de la littérature de son pays quoique censuré dès sa publication. En réalité, premier et dernier, de son vivant du moins, car ne paraîtra qu’après sa mort la suite de Paradiso, Oppiano Licario, œuvre inachevée. Auteur à œuvre unique, mis à part ses poèmes et ses articles dans les revues culturelles cubaines, qui brassent les littératures étrangères, il déploie dans ce roman innervé d’autobiographie, dans lequel le « je » surgit parfois à la place du « il », toute une perception du monde, profondément poétique.

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08 Juil

« Les Faux-Monnayeurs » de Gide – la médaille et son revers

Gide dit des Faux-Monnayeurs qu’ils sont son premier roman. Ce faisant il distingue nettement cette œuvre de ses précédentes, qualifiées de soties ou de récits. La différence majeure avec ces derniers est qu’il ne s’inspire pas cette fois de son expérience autobiographique, mais qu’il assume que son œuvre relève de la fiction. Une fiction d’autant plus sensible qu’elle joue avec les codes du romanesque pour mieux les désamorcer, qu’elle se met elle-même en scène par de multiples mises en abyme, au point que le roman en vient à tisser une réflexion sur lui-même, à une période cruciale de son évolution à l’époque moderne.

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15 Mai

Polyphonie, dialogisme, monologue et dialogue en jeu dans « Crime et châtiment » de Dostoïevski et « Procès ivre » de Koltès

Article à paraître dans les actes du colloque international « Entre monologue et dialogue » qui s’est tenu à Paris du 2 au 4 mai 2016 à la Sorbonne (Paris III)

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20 Avr

« Bovary » d’après Flaubert à la Bastille : quand la littérature devient théâtre

D’avril à juin, l’artiste portugais Tiago Rodrigues, grande figure du théâtre dans son pays et à l’échelle internationale, a entrepris d’occuper le Théâtre de la Bastille. Occupation Bastille entend en effet repenser les relations entre les artistes et un théâtre, entre un théâtre et son public, et entre des spectateurs et des artistes, et ceci à travers un long temps de création qui donnera lieu à plusieurs soirées, Ce soir ne se répétera jamais, et une œuvre, Je t’ai vu pour la première fois au Théâtre de la Bastille. En attendant la réalisation de ce projet dont tout reste encore à déterminer, l’impulsion de cette occupation est donnée par un spectacle Bovary, une adaptation du roman de Flaubert prometteuse pour la suite de l’Occupation.

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28 Fév

Présences de Dostoïevski dans Onzième de François Tanguy : de l’adaptation romanesque à l’écriture de plateau, le resurgissement du théâtre sur la scène du Radeau par le biais du roman

Article à paraître dans les actes du colloque international « Parcours de génétique théâtral : brouillon(s), (ré)écriture(s) et transmodalisation(s) dramatique(s) » qui s’est déroulé les 17 et 18 septembre 2015 à l’Université de Lisbonne.

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21 Fév

« Le Vieil Homme et la mer » d’Ernest Hemingway – une odyssée

Le Vieil Homme et la mer est probablement l’œuvre la plus connue de l’auteur américain Ernest Hemingway. Inspiré par les longues années qu’il a passées à Cuba, son roman est aujourd’hui devenu un symbole du pays, proposé par tous les bouquinistes de la Plaza de Armas et évoqué partout dans La Havane par des plaques, des statues ou de simples noms de cafés.

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19 Déc

Projet de thèse : « Du roman adapté au roman inadaptable : l’adaptation théâtrale des romans de Dostoïevski de Jacques Copeau à Vincent Macaigne (1911-2014) »

Projet de thèse, menée sous la codirection d’Anne-Françoise Benhamou (ENS) et Sophie Lucet (Paris-Diderot) Du roman adapté au roman inadaptable : l’adaptation théâtrale des romans de Dostoïevski de Jacques Copeau à Vincent Macaigne (1911-2014)

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12 Déc

« Rouge décanté » d’après Jeroen Brouwers à la Bastille : nouveau choc esthétique et émotionnel signé Cassiers

Après plus de dix ans de tournée et de reprises régulières, Guy Cassiers présente enfin son Rouge décanté à Paris. Les retrouvailles avec le metteur en scène ont lieu au Théâtre de la Bastille, où le même acteur depuis la création du spectacle reprend le rôle qu’il est capable d’interpréter en plusieurs langues. Comme dans Cœur ténébreux – le point de départ d’une fidélité sans faille au travail de Cassiers –, l’adaptation du roman autobiographique de Jeroen Brouwers se bâtit autour d’un seul homme, mais le recours à la technique, et notamment à la vidéo, multiplie les effets de présence. La perception ainsi mise en jeu par la scène, la dramaturgie est une nouvelle fois offerte à la sensibilité de façon suraigüe.

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29 Sep

« Eugène Onéguine » de Pouchkine

L’œuvre de Pouchkine, Eugène Onéguine, constitue le tournant vers la modernité de la littérature russe, encore toute imprégnée par le romantisme qu’elle dépasse. Ce roman en vers, composé de huit chapitres de près de 400 strophes, retrace le parcours du personnage éponyme dans la Russie du XIXe siècle. Désigné par un critique contemporain de l’auteur comme une « encyclopédie de la vie russe », ce classique connu de tous les enfants du pays a profondément marqué les auteurs qui ont succédé à Pouchkine et ont tenté à leur tour de saisir ce que l’Occident appelle « l’âme russe ».

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25 Sep

« Les Frères Karamazov, par MM. Jacques Copeau et Jean Croué (d’après Dostoïevski) au Théâtre des Arts », Jacques Rivière

Des mille raisons qui semblaient rendre impossible la transcription dramatique des Frères Karamazov, voici, je pense, la plus grave : l’abondance extraordinaire du roman est un des éléments essentiels de sa beauté ; il ne serait pas ce qu’il est, un des plus accablants chefs-d’œuvre de la littérature, s’il avait cent pages de moins.

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