13 Avr

Thérèse Raquin :
de la nouvelle au film en passant par le roman et la pièce,
 du silence à la parole

En 1865, Zola publie une nouvelle dans le Figaro, intitulée « Un mariage d’amour ». Dans ce court récit se trouve en germe l’un de ses romans les plus connus, Thérèse Raquin. Avec l’histoire dramatique d’un couple d’amants hanté par le mari de la jeune femme qu’ils ont tué pour vivre leur amour, Zola crée un personnage féminin fascinant par son silence et le mystère qui en découle. Un an après la parution de son roman, qui déclenche une vive polémique, l’auteur adapte son histoire au théâtre,dans le but de renouveler cet art. Près d’un siècle plus tard, en 1953, Marcel Carné fait entrer le personnage dans un nouveau milieu, en adaptant librement le roman au cinéma. D’un genre à l’autre, c’est la parole de Thérèse qui est en jeu, et son importance plus ou moins grande permet de saisir la singularité du support qui l’accueille, plus encore que de révéler le personnage.

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25 Nov

« Yvonne, princesse de Bourgogne » de Witold Gombrowicz au Théâtre 71

Après Les Bonnes en 2012 à l’Athénée et La Vie est un rêve en 2013 au Théâtre 71, Jacques Vincey revient dans ce dernier lieu pour présenter une nouvelle création, à partir d’un texte du Polonais Witold Gombrowicz, Yvonne, princesse de Bourgogne. Alors même que l’auteur, plus connu pour ses œuvres romanesques que dramatiques, estime que la forme théâtrale est « perfide, répugnante, incommode, rigide et désuète », cette pièce, qui est la première qu’il a écrite, rencontre un succès populaire, très jouée dans le monde, et notamment en France. Gombrowicz la considère comme une comédie, comme une parodie shakespearienne – ce que suggèrent d’emblée les sonorités du titre – alors même qu’elle s’achève dans la mort. Cette progression vers le drame, cette tension entre le rire et le sérieux, sont particulièrement sensibles dans la mise en scène de Jacques Vincey, extrêmement précise et brillante.

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10 Nov

« Le Retour » d’Harold Pinter à l’Odéon

Pour sa première mise en scène en tant que directeur de l’Odéon, Luc Bondy a choisi la pièce d’Harold Pinter, Le Retour. Pour marquer le coup, il commande à Philippe Dijan une nouvelle traduction du texte, fait appel à des stars telles qu’Emmanuelle Seigner et Louis Garrel, et investit à proprement parler le plateau avec une scénographie qui voit grand. Ces éléments prometteurs n’assurent malheureusement pas le succès du spectacle, dont la faiblesse réside dans la lecture du texte lui-même.

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