31 Mai

« Liliom » de Ferenc Molnár aux Ateliers Berthier
– funambule –

Jean Bellorini reprend aux Ateliers Berthier le premier spectacle qu’il a présenté en tant que directeur du TGP de Saint-Denis, en 2013. Après Victor Hugo ou Rabelais, adaptés à la scène, il s’était cette fois-ci intéressé à la pièce du dramaturge hongrois Ferenc Molnár, Liliom. Bellorini crée pour elle un univers poétique inspiré du cirque, qui n’est pas sans évoquer le film de Wim Wenders, Les Ailes du désir, habité par des anges lui aussi. Affirmant une esthétique singulière, faite de ruptures et de contrastes, le metteur en scène aborde le texte avec une certaine candeur, une simplicité enfantine qui tend à atténuer le caractère social de la pièce sans pour autant la trahir.

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23 Mai

« Les Fausses Confidences » de Marivaux à l’Odéon

Comme à son habitude, Luc Bondy voit les choses en grand et réunit du beau monde pour sa dernière mise en scène. Après Pinter, Molière ou Tchekhov depuis son arrivée à la tête de l’Odéon, il s’intéresse cette fois à Marivaux et y applique sa recette habituelle : une scénographie imposante mais dont la pertinence est douteuse, des noms qui attirent – ici Isabelle Huppert, Louis Garrel, Bulle Ogier… –, et beaucoup de conformisme dans la mise en œuvre. Mais cette fois cela l’ensemble fonctionne mieux que d’habitude grâce à des effets de décalages comiques qui dérangent un peu le caractère lisse de la représentation.

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14 Mai

« Henry VI » de Shakespeare à l’Odéon, x3

La reprise à l’Odéon du spectacle-fleuve de Thomas Jolly, Henry VI, présenté à Avignon l’année dernière, constitue l’événement de cette fin de saison. Un avant-goût de la nouvelle édition du festival est offert à la communauté de spectateurs qui se rassemble sur deux jours aux Ateliers Berthier, vivant, mangeant et dormant au rythme du théâtre, partageant l’expérience aux côtés des mêmes personnes pendant treize heures de spectacle, ce qui nécessairement invite au dialogue. L’envergure de ce spectacle ne semble pas démesurée quand est envisagé le projet de la compagnie, monter les trois pièces historiques réunies par Shakespeare sous le même titre, Henry VI, soit un ensemble de 15 actes et de près de 80 scènes, comme le soulignera une comédienne, notre interlocutrice tout au long de cette aventure. La longueur du spectacle, loin de relever d’une quelconque affectation, apparaît comme le seul moyen de se confronter à cette épopée. Mais au-delà du format exigeant qui impose de consacrer un week-end ensoleillé de printemps au théâtre, Thomas Jolly ne s’adresse pas à un public élitiste. Bien au contraire, il entend substituer à l’effort qui peut enorgueillir les pédants, le plaisir qui l’annule. Le spectacle traversé sans peine, le défi est dès lors de rendre compte de cette expérience, de cette tranche de vie, après coup, sans qu’aucune note ne soit venue interrompre le flux de ces deux jours, et donc l’esprit chargé d’impressions et de mots.

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16 Mar

« Das Weisse vom Ei – Une île flottante »
d’après Labiche à l’Odéon : mécaniques du rire

En 1991, Christoph Marthaler monte L’Affaire de la rue Lourcine d’Eugène Labiche, et collabore pour la première fois avec Anna Viebrock, qui signe par la suite la scénographie de tous ses spectacles. Près de vingt-cinq ans plus tard, il revient à cet auteur avec un montage de textes à partir de courtes pièces, parmi lesquelles La Poudre aux yeux, qui donne leurs noms au personnage. Poussant à bout les procédés comiques du vaudeville à l’œuvre dans ces textes, il fait disparaître la fable derrière le spectacle de la folie dans Das Weisse vom Ei (Une île flottante), celle qui révèle les failles de l’être mais plus encore la folie douce qui suscite le rire.

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06 Fév

« Ivanov » de Tchekhov à l’Odéon – séjour au royaume des ombres

Alors qu’à la Colline se joue encore le Platonov des Possédés jusqu’au 11 février, Luc Bondy s’empare à l’Odéon de la deuxième pièce du dramaturge russe, Ivanov. De la première œuvre de Tchekhov qui n’a jamais été jouée de son vivant à la suivante, l’écart est considérablement creusé par la confrontation de ces deux spectacles. A la fraîcheur et à l’humour de la mise en scène de Rodolphe Dana s’oppose radicalement celle monumentale et sombre de Luc Bondy.

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10 Oct

« Les Nègres » de Jean Genet au Théâtre de l’Odéon –
« une architecture de vide et de mots »

Cinquante-cinq ans après la première des Nègres à Paris par Roger Blin, qui avait ravi Jean Genet, Robert Wilson propose sa propre représentation de la pièce au Théâtre de l’Odéon, dans le cadre du Festival d’Automne. L’œuvre de Genet étant entièrement composée de l’enchâssements et de la superposition des niveaux de fiction, qui complexifient sa compréhension, le matériau de départ est d’emblée délicat à manipuler. Néanmoins, la mise en scène de Bob Wilson, loin d’en simplifier la lecture, lui surimpose une esthétique singulière, tout en paillettes et en lumières fluos, qui transforme l’« architecture de vide et de mots » qu’est la pièce en une image plastique derrière laquelle le texte disparaît.

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09 Mar

Une étude de « Mass für Mass » de Thomas Ostermeier

Dossier d’analyse sur Mass für Mass de William Shakespeare par Thomas Ostermeier, rédigé dans le cadre du séminaire de Jean Delabroy, « Lecture de Shakespeare » (Paris-Diderot). Une étude de Mass für Mass de Thomas Ostermeier

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17 Fév

« La Réunification des deux Corées » de Joël Pommerat aux Ateliers Berthier

Artiste associé à l’Odéon, Joël Pommerat investit une nouvelle fois les Ateliers Berthier, optant cette fois-ci pour un dispositif bi-frontal. Alors que le public s’installe, un homme, accueilli par une hôtesse, tend le bras vers les rangées de public d’en face et s’écrie « C’est ma femme là-bas ! », avant de redescendre précipitamment la rejoindre. Sans même le savoir, ce spectateur s’est parfaitement fondu dans la dernière création du metteur en scène français, La Réunification des deux Corées.

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10 Nov

« Le Retour » d’Harold Pinter à l’Odéon

Pour sa première mise en scène en tant que directeur de l’Odéon, Luc Bondy a choisi la pièce d’Harold Pinter, Le Retour. Pour marquer le coup, il commande à Philippe Dijan une nouvelle traduction du texte, fait appel à des stars telles qu’Emmanuelle Seigner et Louis Garrel, et investit à proprement parler le plateau avec une scénographie qui voit grand. Ces éléments prometteurs n’assurent malheureusement pas le succès du spectacle, dont la faiblesse réside dans la lecture du texte lui-même.

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07 Oct

« La Barque le soir » d’après Tarjei Vesaas aux Ateliers Berthier

Dans le cadre du Festival d’Automne, Claude Régy présente aux Ateliers Berthier un nouveau spectacle inspiré d’un texte du Norvégien Tarjei Vesaas, intitulé La Barque le soir. Deux ans après Brume de dieu, il retrouve cet auteur dont l’écriture fait étonnamment écho à l’esthétique scénique qui lui est chère. Une nouvelle expérience sensitive particulièrement riche.

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