12 Déc

« Le Relèvement de l’Occident : Blancrougenoir » de la Compagnie De KOE – pied de nez à trois mains

Il y a deux ans, la compagnie flamande De KOE s’était unie avec les tg STAN pour proposer My Dinner with André, d’après le scénario de Louis Malle. Ce travail commun était motivé par le partage de mêmes principes de création, tels que l’adresse au public ou la remise en jeu constante d’un semblant d’illusion. Cet hiver, les membres de De KOE reviennent seuls à la Bastille pour présenter Le Relèvement de l’Occident. Avec ce long spectacle en trois parties, les comédiens prétendent mettre fin au sentiment morose suscité par les désillusions de l’époque, et rendre l’être humain sa raison d’être. Ce projet ambitieux est le premier pied de nez d’une longue série, grâce à laquelle est moins décrypté notre monde contemporain que célébré le théâtre lui-même.

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19 Sep

« Rêve et folie » de Georg Trakl aux Amandiers – résistance

Dans le cadre du Festival d’Automne, Claude Régy présente sa dernière création Rêve et folie au Théâtre des Amandiers de Nanterre. A plus de quatre-vingt dix ans, le metteur en scène français poursuit la quête sur le langage et sa capacité à cerner l’indicible qu’il a entreprise il y a près d’un demi-siècle. Après les écritures de Fosse, Pessoa ou Vesaas, c’est cette fois-ci un poème en prose du poète allemand Georg Trakl qu’il nous fait découvrir. Depuis tant de temps, ses principes et sa méthode sont les mêmes, mais s’ils perdent un peu de leur puissance à mesure qu’on le côtoie, il affirme par eux une résistance dont il importe de continuer à faire l’expérience.

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21 Déc

« Rester vivant » d’Yves-Noël Genod au Théâtre du Rond-Point – Spectacle sans images

Comme l’année, l’édition 2014 du Festival d’Automne touche à sa fin, et s’achève au théâtre avec une œuvre marquante d’Yves-Noël Genod, un spectacle singulier repris au Théâtre du Rond-Point après avoir été présenté sous une première forme au Off d’Avignon, à la Condition des Soies. Ce « distributeur » de poésie et de lumières comme il se désigne, disciple d’Antoine Vitez, Claude Régy et François Tanguy, propose avec Rester vivant un dispositif de mise en écoute de Baudelaire, de poèmes extraits des Fleurs du mal et du Spleen de Paris, comme découverts pour la première fois grâce à un travail sur la perception envoûtant.

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23 Nov

« Une année sans été » de Catherine Anne
au Théâtre Paris-Villette

Pour la première fois avec Une année sans été, Joël Pommerat ne signe pas le texte du spectacle, en plus de sa mise en scène. Pour la première fois également, il ne mobilise pas sa troupe, la compagnie Louis Brouillard, mais collabore avec un groupe de jeunes comédiens et de jeunes artistes de la scène, ainsi qu’avec l’équipe technique qui l’entoure d’ordinaire, notamment les Lemayrie pour le son et Eric Soyer pour les lumières. Afin, dit-il, de mieux se consacrer à ce geste de transmission, de mieux se focaliser sur le travail avec les comédiens, il se place donc en retrait par rapport au texte et monte la première pièce de Catherine Anne. Dans ce spectacle tout fait de premières, présenté au Théâtre Paris-Villette, l’esthétique qui lui est propre place le texte et les comédiens sous une lumière crue qui ne laisse rien de côté.

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11 Sep

« Cet enfant » de Joël Pommerat aux Bouffes du Nord

Après l’amour sous toutes ses formes dans la Réunification des deux Corées, Joël Pommerat explore avec six comédiens le thème de la parentalité et de ses difficultés dans Cet enfant. Le spectacle est composé de microdrames qui esquissent des situations douloureuses et sondent des blessures profondes, touchantes par leur universalité autant que par leur mise en scène.

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26 Mai

« L’Ange du bizarre – le Romantisme noir de Goya à Max Ernst » au Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay propose une nouvelle exposition passionnante avec L’Ange du bizarre – le Romantisme noir de Goya à Max Ernst. Véritable plongée dans un monde animé par des puissances maléfiques, la visite dévoile tout un pan obscur de la création artistique allant du XVIIIe au XXe siècle et invite à redécouvrir sous cet angle des œuvres familières qui se teintent alors d’étrangeté. Une sorte de cauchemar terrifiant et réjouissant.

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25 Avr

« La Mouette » d’Anton Tchekhov à la MAC de Créteil

A la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, Arthur Nauzyciel reprend la Mouette qu’il a créée à l’occasion du Festival d’Avignon 2012. Dans ce spectacle en noir et blanc, il accorde une place prééminente à l’oiseau éponyme de la pièce de Tchekhov. Proposant moins une représentation mimétique du texte qu’une traversée de l’œuvre, le metteur en scène en offre une lecture magnifique, tant du point de vue dramaturgique que scénique.

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29 Mar

« Memento Mori » de Pascal Rambert et Yves Godin au T2G

AVERTISSEMENT : IL EST RECOMMANDE DE NE PAS LIRE CET ARTICLE AVANT DE VOIR LE SPECTACLE. AVERTISSEMENT 2 : CETTE APPRECIATION EST LE RESULTAT D’UNE EXPERIENCE TOTALEMENT SUBJECTIVE. Memento Mori, « souviens-toi que tu vas mourir ». Le titre du dernier spectacle de Pascal Rambert, cosigné par Yves Godin serait plus exact s’il était « Memento natus fuisse », « souviens-toi que tu es né ». Au travers d’une expérience aux croisements de la danse et de la performance, les deux artistes amènent à vivre un éveil aux sens des plus déroutants.

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29 Août

« Visions » de Francisco de Quevedo à Arques-la-Bataille

Hier soir, les fidèles se sont rassemblés en l’église d’Arques-la-Bataille en Haute-Normandie pour écouter la messe du Père Lazar, accompagné à l’orgue par Benjamin Alard. Nous étions près de deux cents à nous retrouver à la nuit tombée dans le chœur, derrière l’autel. Le texte mis à l’honneur était les Visions de Francisco de Quevedo, auteur du XVIIème siècle traduit par le Sieur de la Geneste. Il était assorti de la musique de compositeurs espagnols de la même époque ainsi que de celle de Couperin.

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22 Jan

« Le Vrai Sang » de Novarina à l’Odéon

« Quand on aime on ne compte ». Le guichetier de l’Odéon a bien raison, quand on aime Novarina, on peut bien endurer deux heures et demie de spectacle. Après sa découverte il y a trois ans à la Colline, ce sont de vraies retrouvailles, de celles qui nous montrent que l’on ne change pas tant que ça.

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