13 Juil

« LENZ » de Cornelia Rainer dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – sans transcendance

Avignon 2016, beaucoup de pièces dites « d’après » entre Les Damnés d’après Visconti, Karamazov d’après Dostoïevski, 6 a.m.… d’après Hölderlin, 2066 d’après Bolaño, Les Âmes mortes d’après Gogol… Pour ce qui est de LENZ, mis en scène par Cornelia Rainer et présenté dans la Cour du Lycée Saint-Joseph, la mention est plurielle : d’après Lenz, Büchner et Oberlin. Trois sources – et en réalité plus – pour dresser le portrait de Jakob Lenz au moment de sa crise mystique. Un portrait en acte qui questionne la foi, mais sans transcendance.

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24 Juin

« L’Immoraliste » d’André Gide – conversion ou déchirement

Après avoir rencontré un certain succès avec les Nourritures terrestres en 1897, Gide reprend quelques années plus tard la même période de sa vie pour s’inspirer de son nouveau roman, L’Immoraliste. Les événements à peine perceptibles en filigrane dans son œuvre-poème sont ici ramenés au premier plan, et l’éthique louée sur le mode de l’incantation persuasive est désormais présentée au travers d’une découverte par l’expérience. Les deux œuvres, dont la continuité est signalée par le personnage de Ménalque, apparaissent ainsi comme le pendant l’une de l’autre. Par inversion, après le discours théorique vient donc le récit de la douloureuse conversion de Michel.

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02 Mai

« Le Dounier Rousseau, l’innocence archaïque » à Orsay : jusqu’au coeur de la jungle

Avec Le Douanier Rousseau, l’innocence archaïque, Orsay ne faillit pas à sa réputation et offre un nouveau voyage dans l’histoire de la peinture. L’espace dédié aux expositions temporaires dans le musée s’est encore métamorphosé, pour assurer cette fois une immersion physique dans l’univers du peintre, enrichie de textes qui libèrent l’imagination et l’interprétation personnelle. 

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27 Jan

« Une vie » de Maupassant

Outre les nouvelles qui l’ont fait connaître dans le monde littéraire et qui l’ont rendu célèbre auprès du grand public, Guy de Maupassant a écrit quelques romans dont les plus connus sont Une vie, Bel-Ami et Pierre et Jean. Une vie, le premier auquel il se consacre, l’occupe pendant près de six ans au cours desquels le projet a été abandonné à plusieurs reprises avant d’être mené à bout, au point que l’auteur lui-même a fini par être exaspéré par son héroïne, Jeanne. Exemplaire du réalisme tel qu’il est conçu en tant que mouvement littéraire au XIXe siècle, cette œuvre fait concurrence à celle de Flaubert, maître de Maupassant, qui voulait avec Madame Bovary écrire « un livre sur rien ». Le disciple surpasse le maître dans ce projet, car la vie misérable d’une jeune fille dans la campagne normande n’est pas élevée au rang de symbole comme l’est celle d’Emma. Cette réduction du sujet au minimum par Flaubert avait pour but de focaliser entièrement l’attention sur le style, capable de transcender n’importe quelle matière, ce que démontre bien cette œuvre de Maupassant.

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08 Juil

« Re : Walden » d’après Henry David Thoreau à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon

Toute la démarche de Jean-François Peyret semble être contenue dans le titre de sa dernière création, à la fois familier et énigmatique : l’œuvre la plus célèbre d’Henry David Thoreau, précédée du « Re : » de nos e-mails. Le spectacle est donc annoncé comme une réponse à Thoreau, et à ce récit en particulier, par le biais de la technologie du XXe siècle. Le résultat produit est audacieux, inattendu et extrêmement esthétique.

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21 Mai

« Palais de glace » de Tarjei Vesaas

Palais de glace est considéré comme l’autre chef-d’œuvre de l’écrivain norvégien Tarjei Vesaas avec Les Oiseaux. Dans ce roman, c’est la sensibilité de deux petites filles de onze ans qu’il met en scène, dans un univers à la fois réaliste et mythique. Derrière le récit de leur relation si singulière, se déploie une subtile réflexion sur l’amitié, l’enfance et le deuil.

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