26 Fév

« Humiliés et offensés » de Dostoïevski – raconter, ou revivre

Parmi les œuvres dites de jeunesse de Dostoïevski, s’en trouve une aussi ample que celles de la maturité. Il s’agit d’Humiliés et offensés, roman écrit avant la double rupture que constituent le séjour de Dostoïevski au bagne, raconté dans ses Carnets de la maison morte, et l’écriture des Carnets du sous-sol, son œuvre la plus sombre et la plus pessimiste quant à la nature humaine. Mais si la portée philosophique d’Humiliés et offensés est plus courte, par rapport à Crime et châtiment par exemple, on trouve déjà dans ce roman quelques intuitions profondes qui laissent entrevoir l’abîme qui s’entrouvre au-delà de la veine sociale dans laquelle Dostoïevski s’est engagé depuis Les Pauvres gens. Au cours de longs chapitres, l’œuvre relate un drame amoureux, entremêlé à une tragédie familiale.

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14 Sep

« Les Frères Karamazov » d’après Dostoïevski à la Friche Babcock – dynamitage signé Castorf

Après Bellorini cet été à Avignon, c’est au tour de l’Allemand Frank Castorf de présenter son adaptation des Frères Karamazov, créée en 2015. Le metteur en scène, venu en France il y a quatre ans pour la dernière fois avec sa Dame aux camélias, a cette fois été invité dans le cadre du Festival d’Automne. A quelques mois de son départ de la Volksbhüne, grande scène du théâtre allemand, et après l’adaptation de tous les grands romans de Dostoïevski – Les Démons, Humiliés et offensés, L’Idiot et Crime et châtiment – ce spectacle apparaît comme la fin d’un cycle, sinon comme un testament théâtral et esthétique qui s’épanouit dans toute sa plénitude.

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18 Avr

« Au pied du mur sans porte » de Lazare aux Abbesses : le chaos de la vie en jeu

Près de trois ans après avoir été révélé au grand public par ce spectacle au Festival d’Avignon, Lazare reprend Au pied du mur sans porte au Théâtre des Abbesses ce printemps-ci. L’œuvre a été conçue au sein d’un triptyque, mais elle est assez autonome pour être représentée pour elle-même. Avec elle, on touche à la complexité de l’art de Lazare, qui ne fait que refléter les vies dont il le nourrit.

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22 Sep

« Gala » de Jérôme Bel aux Amandiers : spectacle de début d’année

L’été terminé, la saison théâtrale reprend et l’on passe du Festival d’Avignon au Festival d’Automne, d’une saison à l’autre et d’une programmation à l’autre, de la frénésie des trois semaines à la dilution des trois mois, qui brassent nécessairement plus d’artistes, plus de spectacles, plus de variété dans les formes et plus de spectateurs. A l’échelle d’un créateur aussi la transition est sensible, en l’occurrence ici Jérôme Bel, qui présentait Cour d’honneur dans la Cour d’honneur du Palais des Papes en 2013, et qui inaugure le Festival d’Automne avec Gala aux Amandiers de Nanterre avant d’aller avec ce spectacle à la Commune, au Théâtre de la Ville, puis à Pontoise et Trembley-en-France.

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03 Avr

« This Is How You Will Disappear » de Gisèle Vienne aux Amandiers

Gisèle Vienne reprend aux Amandiers de Nanterre This Is How You Will Disappear, créé en 2010 à Avignon. Dans ce spectacle, elle joue avec les codes du film d’horreur et ceux de la représentation, donnant à voir une œuvre déroutante. La fable semble à première vue disparaître derrière la composition de tableaux oniriques, ou cauchemardesques, mobilisant musique, lumière, espace et corps au service d’une expérience perceptive singulière, multipliant les rapports à la scène entre proximité et distance.

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20 Jan

« Mort à Venise » d’après Thomas Mann au Théâtre de la Ville

Thomas Ostermeier nous fait découvrir au Théâtre de la Ville un spectacle fulgurant, « d’après » la célèbre nouvelle de Thomas Mann, Mort à Venise. Plus qu’une adaptation, il s’agit là une libre variation scénique, au sens musical du terme, qui laisse de fait une large place à la musique et à la danse, à partir d’un matériau considéré comme connu de tous. L’expérience est extraordinairement belle et singulière.

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09 Juil

« Le Manteau » d’après Nicolas Gogol par la Compagnie Théâtre Onyx

Pour porter à la scène la nouvelle de Nicolas Gogol, « Le Manteau », la Compagnie Théâtre Onyx démultiplie les ressorts scéniques : vidéo, marionnettes et jeux d’ombres accompagnent quatre comédiens dans le récit de l’aventure d’Akaky Akakievitch, fonctionnaire d’Etat à Saint-Pétersbourg. Bien que maladroit à plusieurs points de vue, le spectacle offre un bon moment aux amateurs de Gogol.

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13 Déc

« Le Naufragé » de Thomas Bernhard

Un an avant Des arbres à abattre, Thomas Bernhard publie Le Naufragé, en 1983. Ce roman remarquable par son style extrêmement singulier, fondé sur le motif du ressassement, place en son cœur le pianiste Glenn Gould. Cet artiste canadien exactement contemporain de l’auteur autrichien, célèbre pour ses interprétations des Variations Goldberg de Bach, lui sert de point de départ à une réflexion sur la quête destructrice de l’absolu en art.

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02 Déc

« Je disparais » d’Arne Lygre à la Colline

Le Grand Théâtre de la Colline est investi par le scénographe Stéphane Braunschweig, qui donne vie à l’univers si particulier de l’écrivain norvégien Arne Lygre. Cette fable, dont les personnages sont « Moi », « Mon amie », « La fille de mon amie », « Mon mari » et « Une étrangère », aborde tout en allusions les thèmes de l’attente, de l’émigration et de la solitude.

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01 Sep

« Sodome et Gomorrhe » de Marcel Proust

Le quatrième tome d’A la recherche du temps perdu est connu pour être le plus sombre. Dès le titre, Sodome et Gomorrhe, le lecteur est renvoyé à la Bible et par là mis en garde. Le temps des jeunes filles en fleurs est déjà loin derrière lui et le héros découvre des vices qui décuplent sa possessivité d’origine.

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