24 Nov

« Trissotin ou Les Femmes savantes » de Molière au TGP : le rire comme moyen de résistance

Le soir-même d’un réveil douloureux à Saint-Denis, qui a donné le sentiment qu’il s’agissait bien d’une guerre alors que cinq milles balles ont été tirées lors des perquisitions qui ont eu lieu suite aux attentats du 13 novembre, Jean Bellorini avait décidé de maintenir les représentations des deux spectacles à l’affiche du TGP, M’appelle Mohamed Ali, de Dieudonné Niangouna, et Trissotin ou Les Femmes savantes, mis en scène par Macha Makeïeff. Le lendemain, malgré le contexte, la tension encore présente – palpable au moment d’entrer dans le théâtre, alors qu’il faut montrer l’intérieur de son sac mais aussi « ouvrir sa veste » –, le public n’est pas si essaimé pour aller voir du Molière. Au contraire, il est étonnamment présent sur les rangs des bancs rouges, solidaire et fier de contrer le terrorisme par la culture, de faire acte de résistance par là.

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08 Avr

Notes et contre-notes sur « Jacques ou la Soumission » (3/3)

Vient alors la troisième révolte de Jacques, qui dit « Non ! non ! Elle n’en a pas assez ! Il m’en faut une avec trois nez. Je dis : trois nez, au moins ! ». Ce non rappelle celui de Dom Juan face à la figure du Commandeur, dans le dernier acte de la pièce de Molière. C’est là la parole du libertin, qui refuse de se repentir jusqu’au dernier moment, de se soumettre même sous la menace, celle qui contient toute sa révolte.

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30 Oct

Tartuffe, de Molière à Murnau

Tartuffe est l’un des personnages de Molière les plus connus, au point que le nom propre est devenu nom commun par antonomase : on dit d’un homme hypocrite qu’il est un Tartuffe, comme on dit d’un libertin que c’est un Don Juan. Caché derrière son masque de faux dévot, Tartuffe est un être déroutant, insaisissable, qui en plus de servir à dénoncer les vices qui sont les siens par le détour de la fiction, permet de mener une réflexion sur l’art, que ce soit le théâtre avec Molière, ou le cinéma avec Friedrich Whilelm Murnau, qui s’inspire de la pièce pour un court film muet de 1925.

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13 Oct

« Passim » de François Tanguy au T2G – çà, là et en chacun

Trois ans après Onzième, François Tanguy et le Théâtre du Radeau reviennent au T2G dans le cadre du Festival d’Automne pour présenter leur nouvelle création, longuement conçue et mûrie dans cet intervalle. Dès l’entrée dans la salle, le spectateur qui a déjà rencontré ce théâtre a le sentiment de retrouver un univers familier sur la scène, le grenier de l’enfance, la maison natale ou les confins du rêve. Ces retrouvailles n’ôtent pourtant rien à l’étrangeté de cette esthétique, au déplacement auquel elle oblige dans l’ordre de la perception, et ce paradoxe de l’étrange familiarité, de l’unheimlich, comble les moindres recoins délaissés de l’âme avec des joyaux, de carton et de tissu – les plus précieux.

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01 Sep

« Le Bourgeois gentilhomme » de Molière [extrait]

Acte II, scène 4 MONSIEUR JOURDAIN : […] Au reste, il faut que je vous fasse une confidence. Je suis amoureux d’une personne de grande qualité, et je souhaiterais que vous m’aidassiez à lui écrire quelque chose dans un petit billet que je veux laisser tomber à ses pieds. MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : Fort bien. MONSIEUR JOURDAIN : Cela sera galant, oui. MAÎTRE DE PHILOSOPHIE : Sans doute. Sont-ce des vers que vous lui voulez écrire ?

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22 Sep

« L’Ecole des femmes » de Molière au Théâtre de la Tempête

Au Théâtre de la Tempête, Philippe Adrien propose une mise en scène très précise et très léchée de la pièce de Molière, L’Ecole des femmes. Grâce à une scénographie à la fois nette et foisonnante de signes à démêler, il révèle les enjeux profonds du texte avec une grande subtilité. Le décryptage de la scène tout au long du spectacle est un véritable plaisir pour les sens et pour l’intellect.

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