22 Mai

« Confesiones » par le Grupo Yuyachkani – « My Life in Art »

Parmi tous les événements qui animent La Havane en ce mois de mai – le Festival du film français, le mois de la culture française, la biennale du design… – figure aussi le Mayo Teatral. Pour sa huitième édition depuis 2001, ce festival de théâtres d’Amérique latine et des Caraïbes met à l’honneur le « Grupo », la compagnie, le collectif, mode de création et de production majeur de cette région du monde. Parmi les spectacles accueillis, le Grupo Yuyachkani – « je pense, je me souviens » en quechua –, l’un des plus importants du Pérou, qui fête cette année ses 45 ans, reprend Confesiones, créé en 2013 et mis en scène par Miguel Rubio Zapata. 

Lire la suite »
05 Déc

« The Ventriloquists Convention » de Gisèle Vienne aux Amandiers : l’étrangeté de l’étranger en soi

Quelques mois après This Is How You Will Disappear, Gisèle Vienne, artiste associée au Théâtre Nanterre-Amandiers depuis presque un an, y présente cette fois The Ventriloquists Convention dans le cadre du Festival d’Automne. Point de forêt ni de brume inquiétante dans ce spectacle, dont le texte est signé par Dennis Cooper, son acolyte depuis onze ans, mais tout de même de multiples formes d’étrangetés et de troubles produites par la présence sur scène de marionnettes – qui inscrit le spectacle dans la lignée de Jerk – mais aussi de ventriloques. Suivant un parcours du rire aux larmes, le spectacle propose une enquête sur l’intime et sur notre rapport à la mort.

Lire la suite »
18 Nov

« Ça ira (1) Fin de Louis » de Pommerat aux Amandiers : ça ira, oui, il faut bien que ça aille, alors ça ira

Après Au monde l’an dernier, Joël Pommerat propose une nouvelle création au Théâtre Nanterre-Amandiers, Ça ira (1) Fin de Louis. Le chiffre entre parenthèses du titre suggère qu’il s’agit là du premier volet d’une suite, d’une première partie, consacrée à la Révolution Française, de son avant, depuis 1787, à son après, jusqu’en 1791. Abordant pour la première fois le territoire de l’Histoire, Pommerat n’en renonce pas moins à la singularité de sa démarche, bien au contraire. Plutôt que de se contenter de reconstituer les faits et d’en donner la représentation, il met en récit les événements et propose à partir d’eux un déplacement du regard, un nouveau rapport au passé, extrêmement contemporain.

Lire la suite »
09 Nov

« Fin de l’histoire » d’après Witold Gombrowicz à la Colline : monceaux d’histoires et d’Histoire

Trois ans après Nouveau Roman, Christophe Honoré revient à la Colline pour présenter Fin de l’histoire. Des écritures de Duras, Simon, Sarraute, Mauriac, Butor ou Robbe-Grillet, il passe à la pensée de Gombrowicz, sans autre transition que celle du temps et de tout ce qui le transforme en durée. De l’un à l’autre spectacle pourtant, des constantes : un décor imposant et stylisé, qui évoque une époque passée, un espace jonché de micros qui multiplient les strates sonores, et une composition dramaturgique qui mêle les sources et les irrigue d’un travail au plateau.

Lire la suite »
04 Nov

« Procès ivre » de Koltès : un cauchemar

Quelques temps avant l’écriture des pièces qui le rendront célèbres et qui resteront attachés à son nom, alors qu’il n’a que vingt-trois ans Koltès, marqué par ses récentes lectures de Dostoïevski, écrit Procès ivre. Reprenant les figures principales de Crime et Châtiment, il compose une variation à partir du roman et en saisit l’essence. Cauchemar du lecteur de Dostoïevski hanté par ses personnages et leurs dialogues ou cauchemar de Raskolnikov hanté par son geste meurtrier, le texte pourrait se lire comme un envers de l’œuvre qui a constitué son incitation première.

Lire la suite »
27 Mai

Extraits en miettes du « Journal » de Ionesco

Récits de rêves, opinions, souvenirs, réflexions morales, notes sur la littérature : ce Journal en miettes n’est pas un journal habituel, où seraient consignés, au jour le jour, les événements d’une vie. C’est, en quelque sorte, à une entreprise contraire que se livre ici Eugène Ionesco : raconter, non pas chaque jour ce qui arrive, mais chaque jour ce qui n’arrive pas. Un homme cherche à surmonter la crise permanente qu’est la pensée de la vie et de la mort, à résoudre les interrogations, à triompher de l’angoisse, à y voir clair, et note ses obsessions, ses doutes, ses refus. L’enfance resurgit dans le présent, les images oniriques recouvrent soudain le réel, le passé se confond avec l’avenir : peu à peu, miette par miette, se reconstitue une chronologie intérieure au-delà de la chronologie, au-delà du portrait les silences, les mystères, comme le négatif d’un homme et d’une œuvre.

Lire la suite »
28 Mar

« Mary Stuart » de Schiller à la MAC de Créteil :
battle sur la scène d’Ivo van Hove

Ivo van Hove est un metteur en scène belge, directeur du Toneelgroep d’Amsterdam, proche du flamand Guy Cassiers. Il revient cette année à la Mac de Créteil, dans le cadre du Festival EXIT, avec dix comédiens avec lesquels il présente sa dernière création, Mary Stuart. A travers le jeu des acteurs et l’emploi des micros HF et de la vidéo, on retrouve dans ce spectacle un peu de la pâte flamande rendue familière par les spectacles de Guy Cassiers, en particulier Bloed en Rozen et Orlando, proches de cette pièce par leurs sujets. Dans Mary Stuart, ces éléments scéniques entrent tous au service d’une lecture sensible du drame de Schiller.

Lire la suite »
27 Oct

« Notre-Dame-des-Fleurs » de Jean Genet

Notre-Dame-des-Fleurs est le premier roman de Jean Genet, écrit dans la prison de Fresnes, en 1942, pour en sortir, pour s’extraire de sa cellule en attendant son audience et son jugement. L’œuvre – comme ailleurs chez Genet, par exemple dans Les Bonnes ou Les Nègres – superpose les niveaux de fiction et d’énonciation différents, qui en font la complexité et la richesse. Quand Genet ne parle pas explicitement de lui-même, en son nom, il raconte les relations de Divine avec Mignon-les-Petits-Pieds ou Notre-Dame-des-Fleurs, et découvre le monde de ces « tantes », de ces hommes-femmes de Montmartre.

Lire la suite »
02 Août

« De Profundis » d’Oscar Wilde au Lucernaire

De manière générale, les pièces jouées au Lucernaire sont intimes. Mais fin juillet et pour un texte qui n’a pas forcément énormément de retentissement auprès du grand public, autant dire que c’est une représentation en petit comité. Ainsi, Jean-Paul Audrain, seul sur scène, a le temps de laisser peser son regard sur chacun d’entre nous.

Lire la suite »