14 Sep

« Les Frères Karamazov » d’après Dostoïevski à la Friche Babcock – dynamitage signé Castorf

Après Bellorini cet été à Avignon, c’est au tour de l’Allemand Frank Castorf de présenter son adaptation des Frères Karamazov, créée en 2015. Le metteur en scène, venu en France il y a quatre ans pour la dernière fois avec sa Dame aux camélias, a cette fois été invité dans le cadre du Festival d’Automne. A quelques mois de son départ de la Volksbhüne, grande scène du théâtre allemand, et après l’adaptation de tous les grands romans de Dostoïevski – Les Démons, Humiliés et offensés, L’Idiot et Crime et châtiment – ce spectacle apparaît comme la fin d’un cycle, sinon comme un testament théâtral et esthétique qui s’épanouit dans toute sa plénitude.

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13 Juil

« LENZ » de Cornelia Rainer dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – sans transcendance

Avignon 2016, beaucoup de pièces dites « d’après » entre Les Damnés d’après Visconti, Karamazov d’après Dostoïevski, 6 a.m.… d’après Hölderlin, 2066 d’après Bolaño, Les Âmes mortes d’après Gogol… Pour ce qui est de LENZ, mis en scène par Cornelia Rainer et présenté dans la Cour du Lycée Saint-Joseph, la mention est plurielle : d’après Lenz, Büchner et Oberlin. Trois sources – et en réalité plus – pour dresser le portrait de Jakob Lenz au moment de sa crise mystique. Un portrait en acte qui questionne la foi, mais sans transcendance.

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12 Déc

« Rouge décanté » d’après Jeroen Brouwers à la Bastille : nouveau choc esthétique et émotionnel signé Cassiers

Après plus de dix ans de tournée et de reprises régulières, Guy Cassiers présente enfin son Rouge décanté à Paris. Les retrouvailles avec le metteur en scène ont lieu au Théâtre de la Bastille, où le même acteur depuis la création du spectacle reprend le rôle qu’il est capable d’interpréter en plusieurs langues. Comme dans Cœur ténébreux – le point de départ d’une fidélité sans faille au travail de Cassiers –, l’adaptation du roman autobiographique de Jeroen Brouwers se bâtit autour d’un seul homme, mais le recours à la technique, et notamment à la vidéo, multiplie les effets de présence. La perception ainsi mise en jeu par la scène, la dramaturgie est une nouvelle fois offerte à la sensibilité de façon suraigüe.

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06 Nov

« Go down, Moses » de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville – Contemplations castelluciennes –

Le Festival d’Automne propose cette année un portrait de Romeo Castelluci, au travers de trois créations : Go down, Moses, présenté au Théâtre de la Ville ; Schwanengesang D744, au Théâtre des Bouffes du Nord fin novembre, et Le Sacre du Printemps, à la Grande halle de la Villette en décembre. Après Sur le concept du visage du fils de Dieu en 2011 et The Four Seasons Restaurant en 2013, l’artiste italien revient donc au Théâtre de la Ville et offre un nouveau spectacle, bien plus transparent que les précédents dans le propos et dans sa mise en œuvre, inspiré de l’histoire de Moïse, telle qu’elle est racontée dans la Bible mais aussi des œuvres de Faulkner, de Kafka et de Freud. Partant une nouvelle fois de sa réflexion sur la question de l’irreprésentabilité, de l’invisible, il s’intéresse ici moins à l’enfant abandonné qu’à sa mère, dans une série de tableaux qui placent dans un état contemplatif.

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10 Oct

« Les Nègres » de Jean Genet au Théâtre de l’Odéon –
« une architecture de vide et de mots »

Cinquante-cinq ans après la première des Nègres à Paris par Roger Blin, qui avait ravi Jean Genet, Robert Wilson propose sa propre représentation de la pièce au Théâtre de l’Odéon, dans le cadre du Festival d’Automne. L’œuvre de Genet étant entièrement composée de l’enchâssements et de la superposition des niveaux de fiction, qui complexifient sa compréhension, le matériau de départ est d’emblée délicat à manipuler. Néanmoins, la mise en scène de Bob Wilson, loin d’en simplifier la lecture, lui surimpose une esthétique singulière, tout en paillettes et en lumières fluos, qui transforme l’« architecture de vide et de mots » qu’est la pièce en une image plastique derrière laquelle le texte disparaît.

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07 Juil

« Orlando » d’après Virginia Woolf à l’Opéra-Théâtre d’Avignon

Cette année, le flamand Guy Cassiers est invité au Festival d’Avignon pour une unique représentation, celle d’Orlando qu’il a créé en janvier 2013 avec Katelijne Damen. Ce grand lecteur s’empare cette fois du roman de Virginia Woolf, à partir duquel il propose une de ces lectures théâtrales dont il a le secret. Une fois de plus, le maître des images ravit les spectateurs prêts à tenter l’expérience.

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15 Mai

« Quand je pense qu’on va vieillir ensemble » des Chiens de Navarre aux Bouffes du Nord

La dernière création des Chiens de Navarre, Quand je pense qu’on va vieillir ensemble, est un ensemble de saynètes composite à la Joël Pommerat, en moins écrit, moins réaliste et moins net du point de vue esthétique. Des situations types de la vie quotidienne sont explorées, entrecoupées par des passages au noir, dont le thème dominant est le déguisement du mal-être et des détresses individuelles par des codes sociaux qui conforment à la norme. Entre empathie et rire, le public est écartelé.

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19 Oct

« La Vie dans les plis » d’après Henri Michaux aux Amandiers

Blandine Savetier et Thierry Roisin proposent aux Amandiers de Nanterre une plongée dans l’œuvre poétique d’Henri Michaux. S’inspirant d’une longue liste de recueils, c’est de son imaginaire tout entier plus que de son écriture qu’ils prétendent rendre compte sur scène. Pour ce faire, tous les moyens du théâtre sont comme essayés les uns après les autres, ce qui rend la performance scénique très inégale.

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