01 Jan

Manger et boire pour s’approprier le monde selon Rabelais

Le manger et le boire sont une des manifestations les plus importante de la vie du corps grotesque. Les traits particuliers de ce corps sont qu’il est ouvert, inachevé, en interaction avec le monde. C’est dans le manger que ces particularités se manifestent de la manière la plus tangible et la plus concrète : le corps échappe à ses frontières, il avale, engloutit, déchire le monde, le fait entrer en lui, s’enrichit et croît à son détriment. La rencontre de l’homme avec le monde qui s’opère dans la bouche grande ouverte qui broie, déchire et mâche est un des sujets les plus anciens et les plus marquants de la pensée humaine.

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09 Juin

« Les Carnets du sous-sol » de Dostoïevski

Avant Crime et Châtiment, avant Le Joueur, L’Idiot, Les Démons ou encore Les Frères Karamazov, qui assureront un à un sa postérité, Dostoïevski a écrit une œuvre singulière, différente des grands romans qui lui succèdent par son format même, mais qui met déjà en place quelques-unes de leurs problématiques majeures. Les Carnets du sous-sol paraissent juste après Souvenirs de la maison des morts, et donc peu après le retour de l’auteur du bagne, qui l’a profondément marqué. L’œuvre, constituée de deux parties, livre une vision profondément pessimiste de la condition humaine, en donnant à entendre un être désespéré, vaincu par sa lucidité et sa conscience du mal.

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17 Juin

« Orlando » de Virginia Woolf

Virginia Woolf dit d’Orlando dans son Journal que ce roman n’est qu’une farce, « une récréation d’écrivain ». Le sujet, le ton employé et même le style de cette œuvre l’isolent en effet au sein de sa création. De façon tout à fait étonnante, c’est même un nouveau visage de l’écrivain anglais que l’on découvre à travers cette œuvre, bien différent de celui que peuvent laisser transparaître La Promenade au phare, Les Vagues ou même Mrs Dalloway.

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06 Mai

« Les Ruines circulaires » de Jorge Luis Borges [nouvelle]

Nul ne le vit débarquer dans la nuit unanime, nul ne vit le canot de bambou s’enfoncer dans la fange sacrée, mais, quelques jours plus tard, nul n’ignorait que l’homme taciturne venait du Sud et qu’il avait pour patrie un des villages infinis qui sont en amont, sur le flanc violent de la montagne, où la langue zende n’est pas contaminée par le grec et où la lèpre est rare.

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06 Jan

« Avignon, l’hiver », Roland Barthes

« Il y a peu de jours, j’étais en Avignon, où une section des « Amis du théâtre populaire » est en train de se fonder. En passant, j’ai jeté un coup d’œil à la cour du Palais des papes, qui est, on le sait, la cour des Festivals de Vilar. Il faisait mauvais temps, et, somme toute, elle était bien grise et froide cette cour, avec sa terre poussiéreuse, son arbre d’école, sa grosse porte de bois et ses quelques touristes de l’hiver finissant.

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