06 Déc

« Macbeth » de Shakespeare au Théâtre du Soleil

A l’occasion des cinquante ans de la troupe qu’elle a fondée en 1964, Ariane Mnouchkine propose après plusieurs années de création une mise en scène de Macbeth. Ce choix d’une pièce de Shakespeare permet de ressaisir l’histoire du Théâtre du Soleil, ponctuée par plusieurs des œuvres de cet auteur, Le Songe d’une nuit d’été en 1968, puis Richard II, La Nuit des rois et Henry IV entre 1981 et 1984. Néanmoins, ce nouveau spectacle ne s’inscrit pas uniquement dans la continuité de tant d’années, mais aussi en rupture, en laissant de côté l’esthétique qui a fait la renommée de cette troupe universellement connue, inspirée par les sources du théâtre oriental, notamment le Nô et le Kabuki japonais ou le Kathakali indien. Nourrie au contraire de références contemporaines, cette mise en scène s’efforce à tous prix de représenter la pièce de Shakespeare, au sens propre, de donner un équivalent visuel à ce drame monumental.

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25 Nov

« Yvonne, princesse de Bourgogne » de Witold Gombrowicz au Théâtre 71

Après Les Bonnes en 2012 à l’Athénée et La Vie est un rêve en 2013 au Théâtre 71, Jacques Vincey revient dans ce dernier lieu pour présenter une nouvelle création, à partir d’un texte du Polonais Witold Gombrowicz, Yvonne, princesse de Bourgogne. Alors même que l’auteur, plus connu pour ses œuvres romanesques que dramatiques, estime que la forme théâtrale est « perfide, répugnante, incommode, rigide et désuète », cette pièce, qui est la première qu’il a écrite, rencontre un succès populaire, très jouée dans le monde, et notamment en France. Gombrowicz la considère comme une comédie, comme une parodie shakespearienne – ce que suggèrent d’emblée les sonorités du titre – alors même qu’elle s’achève dans la mort. Cette progression vers le drame, cette tension entre le rire et le sérieux, sont particulièrement sensibles dans la mise en scène de Jacques Vincey, extrêmement précise et brillante.

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22 Nov

« L’Idiot » de Fiodor Dostoïevski

L’Idiot paraît pour la première sous forme de feuilleton, en 1869, dans la revue Le Courrier russe. Lors de la rédaction de cette œuvre, Dostoïevski vit en Europe suivant les recommandations de ses médecins en conséquence de ses nombreuses crises d’épilepsie, et il joue toute sa fortune dans l’espoir vain de se libérer de ses dettes. Dans ce contexte d’écriture se trouvent deux thèmes essentiels de l’œuvre, qui sont l’épilepsie, qui touche le héros du roman, et l’argent, omniprésent, qui pervertit toutes les relations nouées entre les personnages. A partir de ces deux éléments, l’auteur bâtit un drame extrêmement concentré, qui s’étend sur quelques mois seulement, au cours duquel chaque décision prise est une mise en jeu de sa propre vie.

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05 Oct

« Perturbation » d’après Thomas Bernhard à la Colline

Après L’Homme sans qualités de Robert Musil, Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov ou plus récemment L’Autre côté d’Alfred Kubin, Krystian Lupa s’attaque une nouvelle fois à un roman dans son dernier spectacle. Perturbation a pour matériau premier l’œuvre du même nom de l’Autrichien Thomas Bernhard. Sur la scène de la Colline, on assiste à la rencontre de deux artistes extrêmement forts.

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26 Mai

« L’Ange du bizarre – le Romantisme noir de Goya à Max Ernst » au Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay propose une nouvelle exposition passionnante avec L’Ange du bizarre – le Romantisme noir de Goya à Max Ernst. Véritable plongée dans un monde animé par des puissances maléfiques, la visite dévoile tout un pan obscur de la création artistique allant du XVIIIe au XXe siècle et invite à redécouvrir sous cet angle des œuvres familières qui se teintent alors d’étrangeté. Une sorte de cauchemar terrifiant et réjouissant.

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13 Fév

« Les Criminels » de Ferdinand Bruckner à la Colline

Sur le grand plateau du Théâtre de la Colline, Richard Brunel met en scène la pièce perecquienne de Ferdinand Bruckner, Les Criminels. Entrecroisant plusieurs histoires dont le premier point commun est le lieu où elles se déroulent, un même immeuble, l’auteur allemand, pressentant la montée du nazisme au moment où il écrit, à la fin des années vingt, pose la question du crime : l’amour, la pauvreté, la passion ou la folie peuvent-elles excuser le vol, le meurtre, l’infanticide et le mensonge ?

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09 Nov

« Le Shaga » de Duras à l’Athénée

En ce moment à l’Athénée, se jouent simultanément Le Shaga et Savannah Bay, toutes deux écrites par Marguerite Duras. La première pièce, mise en scène par Claire Deluca et Jean-Maris Lehec, a investi la petite salle Christian-Bérard, que l’on découvre en gravissant les marches du théâtre au-delà même des galeries les plus hautes de la grande salle. Dans ce grenier de luxe est offert un délire verbal à la Ionesco.

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31 Oct

« Mrs Dalloway » de Virginia Woolf [extraits]

« Ah, si vous voyiez les jardins de Milan », dit-elle tout haut. Mais à qui ? Il n’y avait personne. Ses paroles s’évanouirent. Comme s’évanouit une fusée. Ses étincelles, s’étant frayé un chemin dans la nuit, viennent s’y fondre, le noir descend, vient noyer les contours des maisons et des tours ; les collines ternes s’estompent et s’effondrent.

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