27 Nov

« Ödipus der Tyrann » de Castellucci au Théâtre de la Ville : hébétude esthétique

Pour la deuxième année consécutive, Romeo Castellucci est invité d’honneur du Festival d’Automne. Présent régulièrement depuis 2000, il présente pour cette saison trois spectacles dans trois lieux différents : Ödipus der Tyrann d’Hölderlin, au Théâtre de la Ville, Le Metope del Partenone, à la Villette, d’après les frises du Parthénon d’Athènes, et Orestie (une comédie organique ?) à l’Odéon, reprise d’une création vieille de vingt ans, « capsule temporelle » dont l’esthétique semble différer un peu de celle que l’on connaît, mais où l’on devine la continuité des questionnements en jeu. Le premier de ces spectacles s’inscrit dans la lignée du Four Seasons Restaurant, déjà d’après Hölderlin et présenté au même endroit il y a un peu plus de trois ans : même fascination face aux images, même malaise quand la langue prend place sur scène.

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28 Mar

« Mary Stuart » de Schiller à la MAC de Créteil : battle sur la scène d’Ivo van Hove

Ivo van Hove est un metteur en scène belge, directeur du Toneelgroep d’Amsterdam, proche du flamand Guy Cassiers. Il revient cette année à la Mac de Créteil, dans le cadre du Festival EXIT, avec dix comédiens avec lesquels il présente sa dernière création, Mary Stuart. A travers le jeu des acteurs et l’emploi des micros HF et de la vidéo, on retrouve dans ce spectacle un peu de la pâte flamande rendue familière par les spectacles de Guy Cassiers, en particulier Bloed en Rozen et Orlando, proches de cette pièce par leurs sujets. Dans Mary Stuart, ces éléments scéniques entrent tous au service d’une lecture sensible du drame de Schiller.

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05 Oct

« Perturbation » d’après Thomas Bernhard à la Colline

Après L’Homme sans qualités de Robert Musil, Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov ou plus récemment L’Autre côté d’Alfred Kubin, Krystian Lupa s’attaque une nouvelle fois à un roman dans son dernier spectacle. Perturbation a pour matériau premier l’œuvre du même nom de l’Autrichien Thomas Bernhard. Sur la scène de la Colline, on assiste à la rencontre de deux artistes extrêmement forts.

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19 Août

« Les Lettres persanes » de Montesquieu [extraits]

LETTRE XXIII – Usbek à son ami Ibben, à Smyrne Nous sommes arrivés à Livourne dans quarante jours de navigation. C’est une ville nouvelle ; elle est un témoignage du génie des ducs de Toscane, qui ont fait d’un village marécageux la ville d’Italie la plus florissante.

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19 Août

« Les Lettres persanes » de Montesquieu

De l’esprit des lois est l’œuvre majeure de Montesquieu, à laquelle il a consacré près de vingt ans de sa vie. Bien que le cadre soit plus romanesque, sa trace est sensible dans les Lettres persanes. Grâce au regard vierge de deux persans, l’auteur y dresse un portrait critique de l’Europe du XVIIIe siècle, confronté au monde oriental. L’œuvre aborde ainsi une grande variété de sujets qui rend sa lecture extrêmement riche.

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19 Avr

« The Four Seasons Restaurant » de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville

Au Théâtre de la Ville, Romeo Castellucci reprend son spectacle présenté l’année dernière au Festival d’Avignon, The Four Seasons Restaurant. En parler relève du défi : l’appeler original semble faux, hors normes un peu plus vrai, imprévisible c’est indubitable et se résoudre à le dire inqualifiable reviendrait à le qualifier. L’objet est d’autant plus déroutant qu’il paraît insaisissable comme un tout, que son appréhension finale ne semble pouvoir être que morcelée. Ne reste plus qu’à raconter, essayer de comprendre les défis qu’il pose au langage qui cherche à s’en saisir, et en fixer le souvenir.

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19 Jan

« Les Couteaux dans le dos » de Pierre Notte

Avec Les Couteaux dans le dos de Pierre Notte, il est question de l’adolescence, du sens de la vie, de l’angoisse et du désir de s’envoler. Cinq femmes, prêtes à se travestir, recréent l’itinéraire initiatique quoiqu’hésitant de Marie, qui se demande « est-ce que la vie vaut d’être vécue ? »

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28 Avr

« Les Diaboliques » de Barbey d’Aurevilly

Derrière ce titre qui annonce un récit misogyne, sont regroupées six nouvelles, mettant aussi bien en scène des hommes que des femmes, liés par d’obscurs liens. La clarté n’est pas de mise non plus dans la façon dont nous sont contées ses intrigues, et c’est là un des ressorts majeurs du livre, qui contient de délicieux artifices dans la forme.

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