28 Fév

« Ostia » de Sergio Blanco au Centre culturel Raquel Revuelta : écritures du moi et présences

Invité dans le cadre de la Feria Internacional del Libro à Cuba, l’auteur franco-uruguayen Sergio Blanco a pu présenter son œuvre sous plusieurs formes : au cours d’une conférence sur la publication des œuvres théâtrales à la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña, au travers des représentations de Kassandra au Café-Théâtre Bertolt Brecht, ou avec Ostia. Dans cette dernière pièce, proposée au public au centre culturel Raquel Revuelta, dont il signe le texte et la mise en scène, il se met lui-même en scène avec sa sœur Roxana Blanco, et l’invite à interpréter leur propre rôle. Jouant ainsi avec les pouvoirs de l’écriture, il interroge la mémoire.

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03 Juin

« Ferdydurke » de Witold Gombrowicz

Ferdydurke est l’une des œuvres les plus connues du Polonais Witold Gombrowizc. Dans ce roman, l’auteur explore les thèmes qui lui sont chers – l’enfance, l’immaturité, ou l’aliénation sociale – au travers d’un personnage qui traverse malgré lui différents milieux. De l’école à la bourgeoisie de campagne, en passant par une famille citadine dite moderne, Gombrowicz dénonce les injonctions déformantes de la société qui infantilisent et dépersonnalisent les êtres, qui entrave leur liberté et l’épanouissement des possibles.

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27 Mai

Extraits en miettes du « Journal » de Ionesco

Récits de rêves, opinions, souvenirs, réflexions morales, notes sur la littérature : ce Journal en miettes n’est pas un journal habituel, où seraient consignés, au jour le jour, les événements d’une vie. C’est, en quelque sorte, à une entreprise contraire que se livre ici Eugène Ionesco : raconter, non pas chaque jour ce qui arrive, mais chaque jour ce qui n’arrive pas. Un homme cherche à surmonter la crise permanente qu’est la pensée de la vie et de la mort, à résoudre les interrogations, à triompher de l’angoisse, à y voir clair, et note ses obsessions, ses doutes, ses refus. L’enfance resurgit dans le présent, les images oniriques recouvrent soudain le réel, le passé se confond avec l’avenir : peu à peu, miette par miette, se reconstitue une chronologie intérieure au-delà de la chronologie, au-delà du portrait les silences, les mystères, comme le négatif d’un homme et d’une œuvre.

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22 Avr

Jiminy Cricket

Nouveau rendez-vous avec Laura après lui avoir donné mes notes sur Jacques ou la Soumission et L’Avenir est dans les œufs. Alors qu’elle travaille en ce moment Journal en miettes, elle me fait remarquer que j’ai tendance à proposer une lecture manichéenne de la pièce, avec Jacques et Roberte d’un côté et leurs familles de l’autre. Elle me dit qu’elle voudrait sortir de cette logique qui distingue et sépare trop clairement personnages positifs et personnages négatifs, et qu’elle préfèrerait reléguer le jugement en spectateur, en entretenant une ambigüité. Pour appuyer sa pensée, elle me lit un extrait du Journal :

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08 Avr

Notes et contre-notes sur « Jacques ou la Soumission » (2/3)

Jacques, une fois seul sur scène, se met en effet à parler, avec gravité, après un long silence qui marque une pause après le flux ininterrompu de parole auquel on a assisté. Il se demande « que me veut-on ? », exprimant le sentiment d’être tenu à quelque chose, débiteur par rapport à sa famille. Le pronom « on », anonyme, met à distance les siens, les rend étrangers. La phrase est unique, isolée, ne rendant pas compte de la réflexion intérieure de Jacques, elle n’initie pas un monologue qui nous livrerait le personnage, qui reste encore inconnu, mystérieux, et qui redevient silencieux.

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08 Avr

Notes et contre-notes sur « Jacques ou la Soumission » (1/3)

« L’explication linéaire est une lecture en haute tension et en profondeur, qui développe l’aptitude à la jouissance ». C’est la phrase que nous avait dite un professeur génial, qui avait trouvé le moyen de donner tout son sens à un exercice que l’on nous avait empêché de faire toute notre scolarité malgré l’intuition et le désir qui nous y portaient.

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16 Sep

« Vie de Henry Brulard » de Stendhal

Un soir à Rome, sur le mont Janicule, Stendhal, alors âgé de cinquante-deux ans, décide d’écrire son autobiographie afin de savoir ce qu’il a été. Ainsi naît la Vie de Henry Brulard, ou plutôt celle d’Henry Beyle, l’enfant Stendhal. Le souvenir de son enfance malheureuse, constamment interrompu par des remarques inscrites dans le présent d’écriture, fait de cette œuvre une véritable plongée dans les profondeurs du moi et dans  le tourbillon de la mémoire de l’écrivain.

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08 Juin

« Enfance » de Nathalie Sarraute

Alors que Sarraute tient à bonne distance le plaisir romanesque dans toute son œuvre, Enfance, son autobiographie, peut procurer ce plaisir, comme Les Mots ont pu le faire. Elle se penche sur ses souvenirs sur la pointe des pieds, et cette conscience permanente du danger que sont la fiction et l’imagination pour l’autobiographe sont peut-être cela-même qui est à l’origine de notre délectation.

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08 Sep

Le Pavillon Flaubert à Croisset

En plein cœur de la zone portuaire de Rouen, le pavillon de Croisset est aujourd’hui un lieu emblématique au moment d’aborder Flaubert. C’est en effet là qu’il a écrit toute son œuvre, ou du moins dans la maison de villégiature dont dépendait le pavillon.

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10 Août

« Le Côté de Guermantes » de Marcel Proust

Le troisième tome d’A la recherche du temps perdu, Le Côté de Guermantes, est de loin le plus volumineux. Il est celui qui marque la sortie de l’enfance, et l’entrée progressive dans la sphère mondaine.

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