16 Juin

« Si c’est un homme » de Primo Levi – l’éloquence de l’indicible

Si c’est un homme de Primo Levi est une des œuvres de la littérature concentrationnaire les plus connues aujourd’hui. Elle relate l’expérience de l’auteur, chimiste italien incarcéré au camp de Monowitz, à Auschwitz, en janvier 1944, qui a survécu là-bas jusqu’à la libération – ou plutôt l’abandon du camp par les SS – en janvier 1945. Ce récit, virtuellement commencé dès le camp, où il s’impose comme un témoignage nécessaire pour faire connaître cette réalité, est pour de bon mis en œuvre dès le retour de l’auteur chez lui plusieurs mois après sa libération, et lentement composé pendant un an. L’enjeu de cette écriture est de dire l’indicible, de rendre compte de l’irracontable, d’une horreur telle que face à elle les mots sont impuissants. Mais l’auteur ne renonce pas pour autant et s’évertue à faire état de ce qui a eu lieu, et cette impossibilité qui parcourt tout le texte devient puissamment éloquente.

Lire la suite »
09 Nov

« Fin de l’histoire » d’après Witold Gombrowicz à la Colline : monceaux d’histoires et d’Histoire

Trois ans après Nouveau Roman, Christophe Honoré revient à la Colline pour présenter Fin de l’histoire. Des écritures de Duras, Simon, Sarraute, Mauriac, Butor ou Robbe-Grillet, il passe à la pensée de Gombrowicz, sans autre transition que celle du temps et de tout ce qui le transforme en durée. De l’un à l’autre spectacle pourtant, des constantes : un décor imposant et stylisé, qui évoque une époque passée, un espace jonché de micros qui multiplient les strates sonores, et une composition dramaturgique qui mêle les sources et les irrigue d’un travail au plateau.

Lire la suite »
13 Déc

« Le Naufragé » de Thomas Bernhard

Un an avant Des arbres à abattre, Thomas Bernhard publie Le Naufragé, en 1983. Ce roman remarquable par son style extrêmement singulier, fondé sur le motif du ressassement, place en son cœur le pianiste Glenn Gould. Cet artiste canadien exactement contemporain de l’auteur autrichien, célèbre pour ses interprétations des Variations Goldberg de Bach, lui sert de point de départ à une réflexion sur la quête destructrice de l’absolu en art.

Lire la suite »