21 Déc

« Place des Héros » mis en scène par Krystian Lupa – espaces entre

Le Polonais Krystian Lupa, déjà présent aux deux dernières éditions du Festival d’Avignon, est un des invités d’honneur de ce Festival d’Automne. Un portrait lui est consacré au travers de plusieurs rencontres et trois spectacles, Des arbres à abattre, Place des héros et Déjeuner chez Wittgenstein. La cohérence du portrait est autant assurée par le metteur en scène que par l’auteur qu’il a choisi pour ces trois œuvres, Thomas Bernhard. Depuis La Platrière, qu’il a adapté en 1992, l’auteur autrichien n’a cessé de nourrir son travail, et notamment ses recherches avec les comédiens. Alors que l’adaptation implique une démarche de réécriture, assortie dans sa pratique d’une série d’improvisations avec les acteurs, la mise en scène d’une pièce telle que Place des héros donne à comprendre ce qui a pu être aussi déterminant dans sa rencontre avec cet Bernhard. Ce que recherche Lupa dans d’autres textes est déjà ici présent, et la familiarité du metteur en scène avec l’auteur, l’intimité qu’il a construite avec lui, s’impose comme une évidence par sa direction d’acteurs.

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05 Déc

« Angelus novus » de Sylvain Creuzevault à la Colline – la science et les rêves

Pour la quatrième fois après Le Père Tralalère, Notre Terreur et Le Capital et son Singe, Sylvain Creuzevault est reçu à la Colline, qui programme en cette fin d’année son nouveau spectacle, Angelus novus. Le metteur en scène passe cette fois dans la grande salle du théâtre, et délaisse le dispositif bifrontal pour une scénographie largement inspirée par sa résidence à la Fonderie, dans les murs où œuvre François Tanguy. L’influence du Radeau sur ce spectacle est sensible, tant sur le plan visuel que sur la façon d’agencer par montage les multiples ressources invoquées sur un mode citationnel. Quant au propos, il évolue encore par rapport aux précédentes créations de Creuzevault et s’éloigne un peu de la sphère politique pour questionner le savoir et ses limites.

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08 Déc

« La Cerisaie » de Tchekhov à la Colline : les tg STAN se mettent en scène

De la salle de la Bastille, les tg STAN passent au vaste plateau de la Colline pour cette nouvelle édition du Festival d’Automne. Des Estivants de Gorki il y a trois ans, ils passent à la Cerisaie de Tchekhov – où il est question d’estivants, là aussi. Des duos ou trios de leurs derniers spectacles présentés en France, Mademoiselle Else, Scènes de la vie conjugale ou Trahisons, on passe cette fois à 12 comédiens, parmi lesquels on reconnaît Frank Vercruyssen, Jolente de Keersmaeker ou Robby Cleiren, mais qui pour le reste sont majoritairement de jeunes diplômés. Mais leur travail a beau évoluer, prendre encore plus d’ampleur, les fondements en restent les mêmes. On retrouve ainsi leur facétie intacte au moment de rendre à La Cerisaie le caractère comique que lui souhaitait Tchekhov, malgré la dimension tragique qui sourd, et ce par une approche du texte qui se met elle-même en scène.

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09 Nov

« Fin de l’histoire » d’après Witold Gombrowicz à la Colline : monceaux d’histoires et d’Histoire

Trois ans après Nouveau Roman, Christophe Honoré revient à la Colline pour présenter Fin de l’histoire. Des écritures de Duras, Simon, Sarraute, Mauriac, Butor ou Robbe-Grillet, il passe à la pensée de Gombrowicz, sans autre transition que celle du temps et de tout ce qui le transforme en durée. De l’un à l’autre spectacle pourtant, des constantes : un décor imposant et stylisé, qui évoque une époque passée, un espace jonché de micros qui multiplient les strates sonores, et une composition dramaturgique qui mêle les sources et les irrigue d’un travail au plateau.

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05 Oct

« Perturbation » d’après Thomas Bernhard à la Colline

Après L’Homme sans qualités de Robert Musil, Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov ou plus récemment L’Autre côté d’Alfred Kubin, Krystian Lupa s’attaque une nouvelle fois à un roman dans son dernier spectacle. Perturbation a pour matériau premier l’œuvre du même nom de l’Autrichien Thomas Bernhard. Sur la scène de la Colline, on assiste à la rencontre de deux artistes extrêmement forts.

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26 Mar

« Solness le constructeur » d’Henrik Ibsen à la Colline

Les mises en scène d’Alain Françon donnent toujours la garantie d’un spectacle léché qui met particulièrement bien en lumière les enjeux des plus grandes pièces du répertoire classique. Après avoir monté Samuel Beckett ou encore Anton Tchekhov ces dernières années, il s’est récemment attaqué à la pièce d’Henrik Ibsen, Solness le constructeur, présentée en ce moment à la Colline.

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20 Mai

« Dans la jungle des villes » de Brecht à la Colline

Le grand plateau de la Colline n’est pas là pour impressionner Roger Vontobel. Le jeune metteur en scène suisse-allemand en exploite les ressources avec aisance pour monter la pièce de Brecht, Dans la jungle des villes. Prenant ses libertés par rapport au texte pour n’en garder que la dimension universelle et atemporelle, Vontobel propose un spectacle dense mais esthétiquement somptueux.

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02 Déc

« Je disparais » d’Arne Lygre à la Colline

Le Grand Théâtre de la Colline est investi par le scénographe Stéphane Braunschweig, qui donne vie à l’univers si particulier de l’écrivain norvégien Arne Lygre. Cette fable, dont les personnages sont « Moi », « Mon amie », « La fille de mon amie », « Mon mari » et « Une étrangère », aborde tout en allusions les thèmes de l’attente, de l’émigration et de la solitude.

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