07 Oct

« Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni » et « Reality » de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini à la Colline : diptyque

Dans le cadre du Festival d’Automne, les Italiens Daria Deflorian et Antonio Tagliarini présentent à la Colline deux spectacles, Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni et Reality. En plus d’être le fruit de la collaboration des deux artistes, metteurs en scène et comédiens pour ces créations, de se partager le même cahier-programme, leur esthétique est commune, mise au service d’une réflexion sur le rapport du théâtre au réel, sa capacité à le représenter et à l’interroger. De l’un à l’autre, pourtant, les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes, et par conséquent leurs effets, la perception que l’on peut en avoir.

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04 Oct

« Andreas » d’après Strindberg à la Commune d’Aubervilliers : à mi-chemin

Artiste associé à la Commune d’Aubervilliers, Jonathan Châtel ouvre la nouvelle saison là-bas avec Andreas, spectacle qui était programmé au Festival d’Avignon cet été. En plus d’en signer la mise en scène, le Franco-Norvégien est également traducteur et adaptateur de la pièce-fleuve d’August Strindberg, Le Chemin de Damas, qu’il condense autour de sa figure centrale, l’Inconnu. Mais bien que sa démarche veuille rapprocher ce texte mystique de la scène, celui-ci semble encore garder de sa résistance et de son caractère injouable.

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12 Juil

« Mise en scène d’un corps amoureux » d’après Barthes au Pandora Théâtre : Solitudes

19h, place de l’horloge : « Ça vous dit pas d’aller voir un spectacle sur l’amour, là ?… – Moi, j’ai entendu parler d’un truc d’après les Fragments d’un discours amoureux de Barthes… » Et nous voilà en route vers le Pandora Théâtre, désireuses de voir la conjonction de nos deux passions, le théâtre et l’amour. Mais vouloir concilier à tout prix ce qui nous touche le plus dans l’espoir d’une joie décuplée n’est pas toujours possible, ni même une bonne idée, et à part Clôture de l’amour et La Réunification des deux Corées, l’alliage atteint rarement la perfection. Peu importe, telle n’est pas notre exigence, et on peut aller jusqu’à accepter un déplacement, même double. Avec Mise en scène d’un corps amoureux, de Florine Clap et Nans Pierson, il s’agit de performance plus que de théâtre, et quant à l’amour, celui porté au texte de Barthes est en réalité impossible à reproduire autrement que par la lecture. Mais peu importe, la solitude peut s’accorder au pluriel.

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03 Mar

« La Marche de Radetzky » de Joseph Roth

La Marche de Radetzky est le roman le plus célèbre de Joseph Roth, auteur autrichien du début du début du XXe siècle. Dans cette œuvre d’abord publiée en feuilletons, il rend compte du déclin de l’Empire austro-hongrois, de la bataille de Solferino à la mort de l’Empereur François-Joseph, deux ans après le début de la Première Guerre mondiale. Néanmoins ce n’est pas par l’Histoire avec un grand « H » que Roth illustre la fin de ce monde, de cette ère, mais au travers d’un prisme intime, en retraçant le parcours des hommes de trois générations d’une même famille, les Trotta. C’est par cette perspective qui s’attache aux détails les plus infimes qu’est donnée à percevoir avec humour et tendresse l’effondrement de l’Empire.

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14 Fév

« Le Crime au père Boniface » de Maupassant

Ce jour-là le facteur Boniface, en sortant de la maison de poste, constata que sa tournée serait moins longue que de coutume, et il en ressentit une joie vive. Il était chargé de la campagne autour du bourg de Vireville, et, quand il revenait, le soir, de son long pas fatigué, il avait parfois plus de quarante kilomètres dans les jambes.

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12 Fév

« Berliner Mauer : Vestiges » par le Birgit Ensemble au TGP – Côté Est

Ils sont quinze et se sont rencontrés au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique. Ils sont tous nés entre 1986 et 1990 et ils ont créé au cours de leur dernière année d’étude Berliner Mauer : vestiges, mis en scène par Julie Bertin et Jade Herbulot, depuis retravaillé et présenté ce mois-ci au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Après avoir rassemblé toute une série de documents, des textes, des films, des archives audio et vidéo et des témoignages, le Birgit Ensemble a conçu un spectacle dont le but est de faire revivre l’histoire du mur en Berlin. S’ils ont choisi cet événement, c’est qu’il marque la fin de la Seconde Guerre mondiale, la fin de la Guerre froide, et le début d’un monde désormais uniforme du point de vue idéologique et politique, né en même temps qu’eux et dont on est encore les héritiers aujourd’hui. La mise en œuvre est à la hauteur du projet, ambitieux : ce soir-là, j’ai vécu à Berlin Est, j’ai vibré et j’ai ri, j’ai entrevu l’Histoire sur un mode sensible et subjectif, par la scène.

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22 Juin

« La Chute » de Camus au théâtre Darius Milhaud

Dans le petit théâtre Darius Milhaud du Nord-Est de Paris, la distance entre le spectateur et la scène est fortement réduite. Cela convient bien à l’ambiance particulière du livre de Camus, La Chute, dans lequel Jean-Baptiste Clamence dialogue avec un homme dont on devine les répliques plus qu’on ne les entend.

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