13 Déc

« Ludwig, un roi sur la lune » par l’Atelier Catalyse au TGP – théâtre fragile

Ludwig, un roi sur la lune, programmé l’été dernier au Festival d’Avignon, est repris cet hiver au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Ce spectacle est la dernière création de Madeleine Louarn avec les comédiens handicapés mentaux de l’Altelier Catalyse. Celle qui était au départ éducatrice spécialisée a mené un long travail avec ces acteurs, et a monté déjà plusieurs spectacles avec eux, désormais formée pour la mise en scène. Pour cette nouvelle pièce, elle a fait appel à Frédéric Vossier, qui avait déjà adapté pour eux Les Oiseaux d’Aristophane. Inspiré par un premier travail avec ces artistes hors du commun, l’auteur a cherché un personnage et un univers qui leur ressemblent. Malheureusement, le choix sur lequel il s’est finalement arrêté ne sert pas la singularité de leur talent.

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21 Juil

« Rumeur et petits jours » du Raoul Collectif – thinking outside the box

Plus de trois ans après leur premier spectacle, Le Signal du promeneur, présenté dans le Off d’Avignon et plusieurs fois récompensé, les membres du Raoul Collectif présentent au Cloître des Carmes leur nouvelle création, Rumeur et petits jours. Ce long temps de gestation leur a notamment permis de faire un voyage au Mexique, où ils ont rencontré des Huitchols, indigènes qui leur ont révélé d’autres possibles, d’autres modalités de vie et de pensée. Egalement inspirés par la pensée situationniste et l’idéologie de la Société du Mont-Pèlerin, ils entreprennent dans leur spectacle de déplacer nos cadres de réflexion.

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18 Juil

« Espæce » d’Aurélien Bory à l’Opéra Grand Avignon – sensibilité à fleur de peau

Le Festival d’Avignon ne propose pas que du théâtre, même si c’est bien à ça qu’il est associé. Outre la danse, la musique ou les arts plastiques, une catégorie a été créée pour accueillir toutes les formes hybrides et inclassables : « indiscipline ». C’est d’elle que relève Espæce, la dernière création d’Aurélien Bory, présentée à l’Opéra d’Avignon. Partant de l’œuvre de Georges Perec, Espèces d’espaces, il propose une réflexion en acte et sans paroles sur l’espace, laissant libre cours à une variation qui sollicite l’imaginaire, lui ouvre de nouvelles voies sans pleinement l’embarquer.

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17 Juil

« Karamazov » d’après Dostoïevski à la Carrière de Boulbon – de l’art de raconter une histoire sur scène

Après plusieurs mois d’attente depuis l’annonce d’une nouvelle adaptation de Dostoïevski, cette fois-ci par Jean Bellorini après Vincent Macaigne et avant Frank Castorf à la rentrée prochaine, voici venu le moment de découvrir Karamazov. L’espoir investi dans ce spectacle était au moins aussi grand que le défi que se sont posé le metteur en scène et sa troupe, et il aurait probablement fallu un miracle pour qu’il soit comblé. Mais si l’œuvre et la pratique sont trop pensés pour ne pas y trouver à redire, un dialogue s’est ouvert le temps d’une courte nuit, et la réflexion sur l’adaptation théâtrale s’est trouvée ranimée par de nouvelles questions.

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18 Avr

« Au pied du mur sans porte » de Lazare aux Abbesses : le chaos de la vie en jeu

Près de trois ans après avoir été révélé au grand public par ce spectacle au Festival d’Avignon, Lazare reprend Au pied du mur sans porte au Théâtre des Abbesses ce printemps-ci. L’œuvre a été conçue au sein d’un triptyque, mais elle est assez autonome pour être représentée pour elle-même. Avec elle, on touche à la complexité de l’art de Lazare, qui ne fait que refléter les vies dont il le nourrit.

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15 Juil

« Soudain la nuit » d’Olivier Saccomano
au Gymnase du Lycée Mistral –
Soudain, le rien…

L’année dernière déjà, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano étaient invités au Festival d’Avignon avec Othello, Variation pour trois acteurs (comme si les metteurs en scène à inviter et à faire connaître manquaient). Poursuivant leurs recherches sur la figure de l’étranger au sein du cycle Spectres de l’Europe qu’ils ont engagé en 2013, ils proposent cette fois Soudain la nuit. Un spectacle qui fait du spectateur un étranger – à la pièce, à la scène, au théâtre.

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14 Juil

« Hacia la alegría » d’Olivier Py
à l’Autre Scène du Grand Avignon
Transcendance par l’immanence

Alors que Lear finit de se jouer dans la Cour d’honneur, Olivier Py, qui « n’a jamais cessé de prouver sa fidélité au théâtre public et à la décentralisation » (cf. programme), propose en même temps Hacia la alegría à L’Autre scène du Grand Avignon. Cette autre scène est à 12 km du centre, mais cette fois – contrairement au Ubu d’Olivier Martin-Salvan –, une navette est bien mise en place pour emmener les spectateurs hacia Vedène, sortis de la ville pour entrer dans une autre ville, celle traversée à toute allure par le personnage.

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13 Juil

Sujets à vif, Programme B : « Rave » et « Est »
dans le jardin du Lycée Saint-Joseph
Deux en un, le duel dans l’un

En marge des grandes créations attendues dans le cadre du Festival d’Avignon – Lupa, Ostermeier, Serebrennikov, mais pas seulement – on trouve d’autres objets, mineurs par leur format, mais tout aussi courus par les spectateurs. Ce sont les Sujets à vifs, « rencontres imprévues au Jardin de la Vierge entre interprétations et écritures », placés sous le signe du double. Deux courts spectacles en un peu plus d’une heure, et dans le cas du Programme B, deux duos. Ils n’ont rien à voir, et pourtant tout à voir, et amènent chacun à leur façon à penser l’autre en soi.

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12 Juil

« Mise en scène d’un corps amoureux » d’après Barthes au Pandora Théâtre : Solitudes

19h, place de l’horloge : « Ça vous dit pas d’aller voir un spectacle sur l’amour, là ?… – Moi, j’ai entendu parler d’un truc d’après les Fragments d’un discours amoureux de Barthes… » Et nous voilà en route vers le Pandora Théâtre, désireuses de voir la conjonction de nos deux passions, le théâtre et l’amour. Mais vouloir concilier à tout prix ce qui nous touche le plus dans l’espoir d’une joie décuplée n’est pas toujours possible, ni même une bonne idée, et à part Clôture de l’amour et La Réunification des deux Corées, l’alliage atteint rarement la perfection. Peu importe, telle n’est pas notre exigence, et on peut aller jusqu’à accepter un déplacement, même double. Avec Mise en scène d’un corps amoureux, de Florine Clap et Nans Pierson, il s’agit de performance plus que de théâtre, et quant à l’amour, celui porté au texte de Barthes est en réalité impossible à reproduire autrement que par la lecture. Mais peu importe, la solitude peut s’accorder au pluriel.

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11 Juil

« Les Idiots » d’après Lars von Trier dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – Mistral gagnant

Kirill Serebrennikov est invité cette année au Festival d’Avignon pour présenter une adaptation théâtrale du film de Lars von Trier, Les Idiots. Le spectacle a lieu dans la Cour du Lycée Saint-Joseph, et ce 9 juillet, les artistes doivent composer avec le mistral qui entraîne voire fait tout basculer côté cour, sans relâche. Cette intrusion forcée aurait difficilement pu trouver mieux sa place que dans ce spectacle, où il s’agit de déplacer, de déranger, de mettre en mouvement pour repenser son rapport à l’autre, au grand Autre.

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