15 Juil

« Les Damnés » d’Ivo van Hove dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes – jeux d’échelle, le gros plan l’emporte

Le spectacle de cette édition du Festival d’Avignon, celui pour lequel on s’arrache les places, on fait des heures de queue dans l’espoir d’entrer, l’Ostermeier de l’an dernier… il s’agit bien des Damnés. Il faut dire que dès sa présentation, il est prometteur : signé par Ivo van Hove, présenté dans la Cour d’Honneur, réunissant la troupe de la Comédie Française, et en outre pour un projet pas si conventionnel, celui de reprendre au théâtre le scénario du film de Visconti. Les premières critiques et le bouche-à-oreille aidant, le public est nombreux, parsemé de personnalités. L’engouement n’est pas volé, car le spectacle est d’une intensité hyperbolique – surtout en cette nuit du 14 juillet –, même si après coup, on ne sait trop qu’en extraire.

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13 Juil

« LENZ » de Cornelia Rainer dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – sans transcendance

Avignon 2016, beaucoup de pièces dites « d’après » entre Les Damnés d’après Visconti, Karamazov d’après Dostoïevski, 6 a.m.… d’après Hölderlin, 2066 d’après Bolaño, Les Âmes mortes d’après Gogol… Pour ce qui est de LENZ, mis en scène par Cornelia Rainer et présenté dans la Cour du Lycée Saint-Joseph, la mention est plurielle : d’après Lenz, Büchner et Oberlin. Trois sources – et en réalité plus – pour dresser le portrait de Jakob Lenz au moment de sa crise mystique. Un portrait en acte qui questionne la foi, mais sans transcendance.

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16 Juin

« Si c’est un homme » de Primo Levi – l’éloquence de l’indicible

Si c’est un homme de Primo Levi est une des œuvres de la littérature concentrationnaire les plus connues aujourd’hui. Elle relate l’expérience de l’auteur, chimiste italien incarcéré au camp de Monowitz, à Auschwitz, en janvier 1944, qui a survécu là-bas jusqu’à la libération – ou plutôt l’abandon du camp par les SS – en janvier 1945. Ce récit, virtuellement commencé dès le camp, où il s’impose comme un témoignage nécessaire pour faire connaître cette réalité, est pour de bon mis en œuvre dès le retour de l’auteur chez lui plusieurs mois après sa libération, et lentement composé pendant un an. L’enjeu de cette écriture est de dire l’indicible, de rendre compte de l’irracontable, d’une horreur telle que face à elle les mots sont impuissants. Mais l’auteur ne renonce pas pour autant et s’évertue à faire état de ce qui a eu lieu, et cette impossibilité qui parcourt tout le texte devient puissamment éloquente.

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29 Juin

« Le Mariage de Maria Braun » d’après Fassbinder au Théâtre de la Ville

En 2007, Thomas Ostermeier adapte le film de Rainer Werner Fassbinder Le Mariage  de Maria Braun à la scène. L’an dernier, il reprend cette création et la présente notamment dans le cadre du Festival d’Avignon, et ce même spectacle continue sa tournée jusqu’au Théâtre de la Ville où il est présenté en cette fin de saison. Après des créations telles que Mesure pour mesure, Les Revenants, Un ennemi du peuple ou Mort à Venise, remarquables par leur puissance dramatique et visuelle, cette adaptation donne davantage l’impression d’un jeu, aussi sérieux soit-il.

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31 Mar

« Big and Small » de Botho Strauss au Théâtre de la Ville : Amazing !

Le Théâtre de la Ville bouillonnait d’effervescence hier soir, pour la première de Big and Small de Botho Strauss. Ce ralliement massif était en grande partie dû à la présence sur scène de la célèbre Cate Blanchett, à qui le metteur en scène australien Benedict Andrews a confié le premier rôle. Un choix qui nous comble pour un spectacle délectable à tous les niveaux.

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