Festival d’Avignon 2015

22 Juil

« Richard III » de Shakespeare
mis en scène par Thomas Ostermeier
Un spectacle dans un fauteuil (un canapé)

Dès l’ouverture de la billetterie Richard III était pris d’assaut. Le retour de Thomas Ostermeier au Festival d’Avignon un an après le Mariage de Maria Braun et trois ans après Un ennemi du peuple ne laisse visiblement pas le public indifférent. Et sa réputation n’a fait que grandir avec ce dernier spectacle, car dès les premières dates passées il fallait sacrifier une bonne partie de sa journée pour faire la queue devant l’Opéra – chaque jour plus longue et plus motivée pour arriver deux, trois, quatre heures à l’avance – dans l’espoir d’être premier sur la liste d’attente et d’obtenir une place de dernière minute.

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19 Juil

« Fugue » de Samuel Achache au Cloître des Célestins : gammes et arpèges

Alors que l’on entre dans la deuxième partie du Festival, que certains spectacles ne sont plus joués depuis bien longtemps, commence au Cloître des Célestins Fugue. Un spectacle de Samuel Achache qui mêle théâtre et musique grâce à des « acteurs-musiciens » et qui a valeur de divertissement – au sens noble –, le temps d’une soirée au Pôle Sud.

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17 Juil

« A mon seul désir » de Gaëlle Bourges au Gymnase du Lycée Saint-Joseph
De l’art à la danse, d’un dialogue esthétique à l’autre

Au haut de la page de présentation d’A mon seul désir dans le programme du Festival, se trouve l’inscription « danse ». La catégorie est trompeuse pour ce spectacle qui mêle au corps et à sa mise en espace le texte – comme les formes hybrides présentées dans le cadre des Sujets à vif. D’une rêverie sur une tapisserie, La Dame à la licorne, naît un rêve qui embarque dans l’intimité du dialogue mis en place par Gaëlle Bourges avec cette œuvre.

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15 Juil

« Soudain la nuit » d’Olivier Saccomano
au Gymnase du Lycée Mistral –
Soudain, le rien…

L’année dernière déjà, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano étaient invités au Festival d’Avignon avec Othello, Variation pour trois acteurs (comme si les metteurs en scène à inviter et à faire connaître manquaient). Poursuivant leurs recherches sur la figure de l’étranger au sein du cycle Spectres de l’Europe qu’ils ont engagé en 2013, ils proposent cette fois Soudain la nuit. Un spectacle qui fait du spectateur un étranger – à la pièce, à la scène, au théâtre.

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14 Juil

« Hacia la alegría » d’Olivier Py
à l’Autre Scène du Grand Avignon
Transcendance par l’immanence

Alors que Lear finit de se jouer dans la Cour d’honneur, Olivier Py, qui « n’a jamais cessé de prouver sa fidélité au théâtre public et à la décentralisation » (cf. programme), propose en même temps Hacia la alegría à L’Autre scène du Grand Avignon. Cette autre scène est à 12 km du centre, mais cette fois – contrairement au Ubu d’Olivier Martin-Salvan –, une navette est bien mise en place pour emmener les spectateurs hacia Vedène, sortis de la ville pour entrer dans une autre ville, celle traversée à toute allure par le personnage.

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13 Juil

Sujets à vif, Programme B : « Rave » et « Est »
dans le jardin du Lycée Saint-Joseph
Deux en un, le duel dans l’un

En marge des grandes créations attendues dans le cadre du Festival d’Avignon – Lupa, Ostermeier, Serebrennikov, mais pas seulement – on trouve d’autres objets, mineurs par leur format, mais tout aussi courus par les spectateurs. Ce sont les Sujets à vifs, « rencontres imprévues au Jardin de la Vierge entre interprétations et écritures », placés sous le signe du double. Deux courts spectacles en un peu plus d’une heure, et dans le cas du Programme B, deux duos. Ils n’ont rien à voir, et pourtant tout à voir, et amènent chacun à leur façon à penser l’autre en soi.

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12 Juil

« Mise en scène d’un corps amoureux » d’après Barthes au Pandora Théâtre : Solitudes

19h, place de l’horloge : « Ça vous dit pas d’aller voir un spectacle sur l’amour, là ?… – Moi, j’ai entendu parler d’un truc d’après les Fragments d’un discours amoureux de Barthes… » Et nous voilà en route vers le Pandora Théâtre, désireuses de voir la conjonction de nos deux passions, le théâtre et l’amour. Mais vouloir concilier à tout prix ce qui nous touche le plus dans l’espoir d’une joie décuplée n’est pas toujours possible, ni même une bonne idée, et à part Clôture de l’amour et La Réunification des deux Corées, l’alliage atteint rarement la perfection. Peu importe, telle n’est pas notre exigence, et on peut aller jusqu’à accepter un déplacement, même double. Avec Mise en scène d’un corps amoureux, de Florine Clap et Nans Pierson, il s’agit de performance plus que de théâtre, et quant à l’amour, celui porté au texte de Barthes est en réalité impossible à reproduire autrement que par la lecture. Mais peu importe, la solitude peut s’accorder au pluriel.

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12 Juil

« Le Vivier des noms » de Novarina au Cloître des Carmes : La messe est dite

Dans le Cloître des Carmes, à la belle étoile, le grand prêtre Valère Novarina dit sa dernière messe, Le Vivier des Noms. Spectatrice de L’Acte inconnu, en 2007 – puis du Vrai Sang, quelques années plus tard – cette pièce avait alors constitué une première approche du théâtre contemporain, du moins non boulevardien et vaudevillesque, et a donc probablement joué un rôle majeur sur le choix des pièces ensuite effectué. Mais depuis 2007, sur sa scène, rien n’a changé – sauf son public, qui a vécu huit ans de théâtre pendant tout ce temps. Alors cette messe sera une messe d’enterrement et non de célébration ou d’eucharistie, une messe qu’il est nécessaire d’entendre, pour commencer le deuil.

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11 Juil

« Les Idiots » d’après Lars von Trier dans la Cour du Lycée Saint-Joseph – Mistral gagnant

Kirill Serebrennikov est invité cette année au Festival d’Avignon pour présenter une adaptation théâtrale du film de Lars von Trier, Les Idiots. Le spectacle a lieu dans la Cour du Lycée Saint-Joseph, et ce 9 juillet, les artistes doivent composer avec le mistral qui entraîne voire fait tout basculer côté cour, sans relâche. Cette intrusion forcée aurait difficilement pu trouver mieux sa place que dans ce spectacle, où il s’agit de déplacer, de déranger, de mettre en mouvement pour repenser son rapport à l’autre, au grand Autre.

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09 Juil

« Wycinka Holzfällen » (Des arbres à abattre) d’après Thomas Bernhard à la FabricA : mise en scène et en colère

En 2013, Lupa reprenait à la Colline Perturbation, d’après Thomas Bernhard. Pour quelques dates seulement, il présente en ce début de Festival d’Avignon une nouvelle adaptation de l’auteur autrichien dont il dit qu’il l’habite, d’après Des arbres à abattre cette fois. Ou peut-être faudrait-il dire d’avant. Suivant la méthode de travail qui est la sienne, il dialogue avec l’œuvre et l’amplifie considérablement, jusqu’à faire concevoir son amont. La colère qui anime le narrateur bernhardien n’est plus alors seulement exprimée, mais bien suscitée, donnée à vivre.

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