08 Sep

Le Pavillon Flaubert à Croisset

En plein cœur de la zone portuaire de Rouen, le pavillon de Croisset est aujourd’hui un lieu emblématique au moment d’aborder Flaubert. C’est en effet là qu’il a écrit toute son œuvre, ou du moins dans la maison de villégiature dont dépendait le pavillon.

Les traces de l’auteur en France sont peu nombreuses. Outre ce lieu et son appartement parisien, l’Hôtel Dieu de Rouen, ancien hôpital et foyer familial pour les Flaubert, offre un bel éclairage sur l’enfance de Gustave et l’environnement médical influent.

Sur les quais de Trouville, on trouve la pharmacie où il séjourna un été entier. Les répercussions de son séjour dans son œuvre sont suffisamment fortes pour que le pharmacien actuel entretienne ce patrimoine, et nous conte ses aventures avec Elisa Shlésinger, qu’il guette sans relâche, les yeux rivés vers l’Hôtel Bellevue.

L’acquisition de Croisset se situe plus tard dans la chronologie, mais son importance est plus grande. Si le pavillon apparaît comme un faible vestige au vu de ce qui fut, ce qu’il reste et ce qui a été rassemblé, par la mairie de Rouen et les collectifs amicaux, réussit à donner de nouveaux éléments de découverte et de connaissance sur l’écrivain.

Dès le jardin, une ruine de Carthage importée nous conduit tout droit à Salammbô. Le riche dépliant vient par la suite commenter les principaux objets et documents rassemblés dans l’unique pièce. Là, portraits de famille et d’amis côtoient des objets d’écriture, des images de ce que fut la maison et l’« autre Loulou », perroquet empaillé incontournable dans Un Cœur simple.

On apprend ainsi que Flaubert a reçu ici Maxime Du Camp, les frères Goncourt, Théophile Gautier ou Guy de Maupassant, et qu’il a écrit là Madame Bovary, Salammbô, L’Education sentimentale, La Tentation de Saint-Antoine, Trois Contes et Bouvard et Pécuchet.

C’est aussi là que l’auteur meurt en 1880, au milieu de l’écriture de cette dernière œuvre.

Par la suite, la maison a été détruite et remplacée par une usine à pétrole, une distillerie d’alcool et une fabrique à papier. Heureusement, le pavillon survit et devient rapidement un musée. Le cadre contemporain peut amplement être déploré, mais on ne saura que s’y féliciter de la résistance de la littérature.

F.

1 commentaire

  1. AD - 9 septembre 2010 at 8:56

    Une jolie parenthèse de quiétude dans un environnement portuaire inhumain, je confirme !!

Laisser un commentaire