01 Août

« Le Point sur Robert » de Luchini

Le rideau s’ouvre, le silence est complet. A l’écoute du premier texte, il devient pesant : le public se sent inculte. Luchini se moque vite de nous et nous rassure en annonçant qu’il est là pour ça : rendre accessible la littérature élitiste.

Son one-man-show est polyphonique, il fait monter sur scène les auteurs qu’il a choisi : Valéry, Barthes, Rimbaud. Il les lit, les relit, les lie et les relie. Car comme il nous le confie, la bonne intonation est toujours la deuxième. Il n’hésite donc pas à répéter une fois, deux fois voire même trois fois les phrases qui jaillissent d’elles-mêmes. Ces phrases qu’il s’approprie au point que l’on ne fait plus la distinction entre ce que les auteurs ont dit et ce que lui commente. Sa force  réside dans sa puissance convergente entre les textes, les époques et les auteurs.

Qu’il prenne l’intonation des siècles passés ou celle du 21ème, le texte lui est familier. Une floraison de subjonctifs imparfaits (Chrétien de Troyes) est suivie de la bande son rayée d’un disque essentiellement composé des mots d’aujourd’hui. Et pourtant Lucchini n’est pas vulgaire comme l’a confirmé Johnny (Halliday). Il a beau faire revivre des auteurs ancrés dans le passé, il ne résiste pas à la tentation de faire des liens avec le monde (politique) actuel. Le tout donne un savant mélange entre patrimoine, actualité, culture, humour et convivialité… à l’image du personnage !

Le public est plus d’une fois amené à participer mais il en vient parfois même à guider l’acteur dans son show. Car si les textes sont rois, l’improvisation est reine. Il enchaîne les anecdotes de sa propre vie, sans pour autant perdre de vue son sujet et dépasse largement le temps qui lui est accordé. Son défaut ? Il ne s’arrête pas !! Face à notre enthousiasme,  il se voit donc obligé de ne pas perdre de vue la grande aiguille de sa montre, regrettant de nous quitter mais ayant en tête les spectacles à venir !

F.

La plupart des hommes ont une idée si vague de la poésie que ce vague même leur tient lieu de définition de la poésie.

2 commentaires

  1. AD - 1 août 2008 at 19:35

    on y court à la rentrée… si le spectacle est encore d’actualité …. !

  2. muk - 1 août 2008 at 19:39

    J’y retournerai avec plaisir !

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